Publicité

Les repas de Noël et du nouvel an risquent d?être sans luxe

20 octobre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Canards laqués et vins de cave risquent d?être absents du menu du Mauricien moyen pour Noël et le nouvel an. Les distributeurs, qui préparent activement la grande saison de fin d?année, anticipent une grande prudence des consommateurs.

Il semblerait que pour bien des ménages, les largesses ne seront pas permises, même en période festive. Les budgets sont sous surveillance. Les bonis de fin d?année ne financeront pas les excès. Que consommeront les Mauriciens en cette fin d?année ? Vont-ils se rabattre sur les produits de consommation courante, au détriment du haut de gamme ?

Les importateurs de produits alimentaires penchent cette dernière hypothèse. Les consommateurs seront plus prudents dans leurs achats, et accorderont plus d?attention au rapport qualité-prix. ?Les gens ne s?aventureront pas trop vers les produits de luxe. Nous ne pouvons importer des produits que nous n?arriverons pas à écouler ?, explique Jacques Li, responsable du département Consumer Goods chez ABC Food Division, un des principaux importateurs-distributeurs dans le domaine du fast moving consumer goods (FMCG).

Cette prudence annoncée s?explique du fait que les prix de produits importés n?ont cessé de grimper au cours des derniers mois. Déjà, la consommation souffre de la hausse du fret maritime et de la faiblesse prolongée de la roupie vis-à-vis des monnaies utilisées par les opérateurs locaux pour régler leurs importations, notamment le dollar américain et l?euro.

A l?instar de ABC Food Division, d?autres grandes maisons de commerce repensent leurs stratégies de fin d?année. Ainsi, le volume globale des achats n?est pas en question. Certains importent même plus que les années précédentes, mais n?hésitent pas toutefois à écrêter la part du haut de gamme au profit des FMCG. ?Nous avons diminué notre approvisionnement en produits de luxe par 50 %. Nous avons évité des références trop chères au moment de passer les commandes ? affirme Nicolas Kan Wah, le directeur de la chaîne de supermarchés London Way.

Prix abordables pour qualité inchangée

Les sources d?approvisionnement changent aussi, selon les conditions d?achat. Les fournisseurs les moins chers sont privilégiés. La priorité est de pouvoir proposer des prix abordables sans trop toucher à la qualité. A titre d?exemple, ABC Food Division opte cette année pour des biscuits importés de Madagascar. Les grandes enseignes de la biscuiterie sud-africaine risquent cette fois de passer à la trappe.

Les supermarchés et hypermarchés vivent déjà un changement dans le comportement du consommateur. D?une manière générale, les chiffres d?affaires des opérateurs ont enregistré une baisse allant 10 à 15 % durant ces derniers mois. Cette morosité a d?abord eu raison des éléments luxueux qui rapportent des marges élevées. Le recentrage vers la consommation alimentaire courante a forcé les revendeurs à jouer la carte du volume afin de générer des retours satisfaisants. Les soldes fréquents sur les rayons sont la conséquence de cette démarche quelque peu forcée.

Les avis sont les mêmes chez Winners, chaîne de supermarchés de proximité. ?Les Mauriciens vont certes consommer pour les fêtes de fin d?année, mais il n?y aura pas d?abus. Ils rechercheront value for money ? estime son responsable de marketing, Jean Phillipe Venpin.

Toutefois, ce sentiment n?est pas partagé par l?ensemble du secteur. Chez Shoprite à Trianon, par exemple, la direction affiche l?optimisme. ?Les gens n?hésitent pas à dépenser pendant les périodes festives. Le consommateur est intelligent et sait ce qu?il veut. Si le produit est bon et se vend à un bon prix, il trouvera preneur ?, fait ressortir Fazal Dawood, marketing manager du magasin.

Selon les derniers chiffres d?importation publiés par le Bureau central des statistiques, les produits alimentaires (food and live animals) pour le premier semestre a connu une hausse de 11 % en terme de volume par rapport à la période correspondante en 2003. Les boissons et les cigarettes ont, elles, chuté par 4 % par rapport à la première moitié de l?année dernière.

Publicité