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Vision intégrée

19 octobre 2004, 20:00

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Les projets Integrated Resort Schemes (IRS) sont une initiative de ce gouvernement. Il s’agit d’un type de développement immobilier intégré qui s’articule autour de l’hôtellerie et qui comprend des facilités de loisirs, tels les parcours de golf et des villas grand luxe, comme aspects distinctifs. L’emphase est mise sur la planification du territoire et une utilisation judicieuse des ressources foncières par différents complexes hôteliers installés dans une même zone.

Plusieurs grands groupes locaux, en particulier des sucriers (Médine, St Félix, Bel Ombre…), ont vu dans ce concept un nouvel axe de croissance. La déchéance programmée de l’activité sucrière encourage l’intérêt pour cette nouvelle version d’exploitation foncière et immobilière.

Les IRS suscitent des espoirs pour galvaniser la croissance économique et créer des emplois pour une main d’œuvre peu formée. En même temps, ils génèrent beaucoup de controverses sur le plan politique, social et environnemental. Pour leurs détracteurs, les IRS sont un moyen d’accentuer la spéculation foncière au détriment de la grande majorité des Mauriciens. Les projets mobilisent d’énormes quantités de terres et accentuent des déséquilibres déjà existants dans les régions concernées.

Les critiques les plus acerbes postulent que les promoteurs sont en train de bâtir des ghettos en utilisant des faveurs (déraisonnables, à leurs dires) accordées par l’Etat. Les villas réservées exclusivement aux riches venus d’ailleurs finiront par devenir des quartiers refermés sur eux-même, peu au goût des Mauriciens ordinaires. La valeur ajoutée de cette nouvelle activité à l’économie sera très mitigée car ce sont essentiellement des jardiniers et des bonnes qui y trouveront de l’emploi, disent encore les opposants.

Il existe des arguments fort valables dans les deux camps. Mais il importe de revenir sur les principes de base entourant l’idée des IRS. Qui veut-on attirer vers les villas grand luxe ? Si l’objectif est d’offrir aux personnes high net worth un endroit pour se reposer, uniquement, on aura alors opté pour une perspective très minimaliste. Il faut voir les IRS dans l’optique de faire de Maurice un business hub régional. Seul le décloisonnement permettra d’assurer une injection durable des plus values supérieures dans le mainstream de l’économie.

Singapour et Dubayy proposent des modèles fort instructifs à cet effet. Les hommes d’affaires étrangers peuvent y trouver des appartements pour se détendre et en même temps s’occuper de leur business dans le pays. Maurice dispose déjà de plusieurs ingrédients pour réussir dans cette voie. Le Permanent Resident Scheme est un maillon important pour concrétiser cette vision. Mais le plus important est d’offrir des opportunités d’affaires aux entrepreneurs étrangers. La multiplication des immeubles résidentiels à Dubayy, par exemple, est avant tout la conséquence de l’intense activité économique qui y a lieu et dont les expatriés sont à l’origine.

Le port franc, les services financiers, les technologies de l’information et le Business Process Outsourcing devraient permettre au business hub régional, auquel ambitionne le pays, de vraiment prendre son envol. Il faut une exploitation de ces activités sur une échelle plus large, pour passer à un autre seuil de développement. Une fois cet objectif atteint, les villas et les appartements se rempliront d’eux-mêmes.

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