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?Privatiser la CNT ne figure pas dans nos plans?

18 octobre 2004, 20:00

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<B>● Le Conseil des ministres a décidé vendredi de restructurer la CNT. Va-t-on vers sa privatisation ?</B>

Il n?y a pas lieu de privatiser la Corporation nationale de transport (CNT). On ne va pas démanteler cette compagnie et la vendre au secteur privé, contrairement à ce que certains syndicalistes laissent entendre. On veut tout simplement la ?corporatiser?. Cela implique un changement de statut.

D?après le plan conçu, la CNT sera enregistrée sous le Companies Act. Le gouvernement détiendra toutes les actions, sauf 5 % qui seront allouées aux employés. Je pense c?est une bonne chose. On ne peut opérer en tant qu?organisation commerciale dans un environnement dynamique, avec des structures bureaucratiques et inflexibles de la fonction publique. D?ailleurs, partout où on a ?corporatisé ? les employés sont mieux lotis. Les exemples sont multiples : Sicom, Mauritius Housing Company, services postaux? Mais nous n?en sommes pas encore là. D?autres problèmes doivent d?abord être réglés.

<B>● A l?instar des dettes et pertes importantes pour l?entreprise ? </B>

C?est l?héritage du passé. Nous avons pu redresser la barre. Il n?y a plus de pertes de Rs 20 millions ou Rs 25 millions chaque année et des dettes impayées.

Ces dernières années, nous sommes arrivés au seuil de rentabilité. Et puis maintenant, nous payons nos dettes. Nous avons déjà payé plus de Rs 150 millions de dettes, en sus d?avoir investi plus de Rs 140 millions dans des autobus neufs. C?est le travail de toute une équipe. Nous avons aussi un président qui bouge et un conseil d?administration très dynamique. Nous opérons dans la transparence et nos cinq syndicats nous comprennent et nous donnent un énorme coup de pouce. Je sens que nos employés sont motivés et fiers de l?entreprise.

<B>● Etait-il nécessaire d?augmenter le tarif du ticket d?autobus ? </B>

Deux éléments pèsent lourds dans notre structure de coût d?opération : l?enveloppe salariale et le fuel. Ils représentent environ 75 % de nos dépenses. Le coût du fuel avoisine Rs 13 millions mensuellement et les deux augmentations sur ce produit d?avril et de juillet dernier nous coûtent une somme additionnelle de Rs 2,8 millions mensuellement. Il faut aussi prendre en considération l?application du dernier rapport salarial du Pay Research Bureau et de l?award du Tribunal d?arbitrage permanent. Ce qui nous coûte Rs 30 millions de plus par an. Au fil des mois, il ne reste plus rien pour l?investissement et nous n?avons pas de grandes marges de man?uvres.

<B>● Après cette augmentation des tarifs, les passagers réclament une amélioration de la qualité des services?</B>

La CNT n?a pas attendu l?augmentation du ticket d?autobus pour améliorer ses services. Ces quatre dernières années, nous avons investi dans 104 autobus, au coût d?environ Rs 150 millions. Nous avons dans notre flotte 70 autobus à vitesse automatique alors que la fréquence sur certaines lignes a aussi augmenté.

En termes d?innovation, nous avons introduit l?automatic lubrication system dans nos autobus qui sont équipés de turbo charge afin de rendre les moteurs plus puissants. Des systèmes d?alarme, de communication, et vidéo caméra de surveillance ont été installés dans nos autobus de nuit pour plus de sécurité. Nous sommes également les pionniers en ce qui concerne l?emploi de receveuses de même que pour l?utilisation de l?Electronic Ticketing Machine.

Il faut donc se rendre à l?évidence : nous avons amélioré la qualité de nos autobus à travers le look, l?intérieur, les sièges, le confort, les autobus aux suspensions à air, et l?aération, entre autres.

<B>● Certains se plaignent que vos autobus sont sales... </B>

Nous faisons un effort considérable pour y remédier. Laver et nettoyer toute la flotte de la CNT (environ 500 autobus) chaque soir est un travail monstre. Nous avons confié cette tâche à des agents contractuels. Nous avons aussi investi dans des Automatic Bus Washing Machines.

<B>● La CNT vient d?acheter 100 autobus avec Ashok Leyland. Pourquoi un nouveau contrat avec cette firme? </B>

Nous achetons des autobus à travers le processus d?appel d?offres du Central Tender Board. Les autobus indiens sont vendus à meilleur marché et arrivent à chaque fois à coiffer au poteau les autobus japonais. Les autobus Ashok Leyland se sont également améliorés considérablement ces dernières années.

Ces 100 autobus seront pourvus de vitesse automatique alors que 20 d?entre eux seront climatisés. C?est un investissement d?environ Rs 150 millions.

En parallèle, l?année prochaine, nous allons nous débarrasser d?environ une centaine d?autobus qui ont fait leur temps. Pour ces trois prochaines années, le même nombre d?autobus devra être remplacé. Nous prévoyons déjà de lancer un appel d?offres pour 100 autobus additionnels dans les semaines à venir pour l?année 2005-2006. Petite précision : dans les mois à venir environ 300 Electronic Ticketing Machines seront en circulation alors que nous complétons la construction d?un nouveau dépôt à Rivière-du-Rempart.

<B>● Comment se porte le service ?Blue-Line? ? </B>

C?était un concept que j?avais en tête depuis longtemps. Avec le service Blue-Line, nous avons pris un risque énorme. Et nous avons gagné le pari. Nous n?arrivons d?ailleurs pas à satisfaire la demande avec nos dix autobus, même si le ticket coûte Rs 3 plus cher. Avec ce service, nous avons aussi introduit le système de Park and Ride avec le concours de Shoprite et de Jumbo.

<B>● Pourquoi la CNT n?opère-t-elle pas dans d?autres régions de l?île ? </B>

Cela ne dépend pas de nous mais des autorités et de la National Transport Authority. La CNT a déjà une proportion de lignes non rentables assez conséquente, soit 40 % des opérations. Quotidiennement, 79 services scolaires ne sont pas rentables de même que le service de nuit et plusieurs services dans les régions rurales. Nous arrivons à faire du social grâce au cross subsidizing, avec les bénéfices des services qui sont plus rentables.

<I>Propos recueillis par</I> <B>Jean-Denis PERMAL</B>

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