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La censure souffle sur l?audiovisuel russe

2 octobre 2004, 20:00

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Pour protester contre la mainmise du pouvoir sur le paysage audiovisuel russe, l?Académie de télévision, chargée de distinguer chaque année les meilleures émissions, a décerné ses prix à trois programmes d?informations supprimés récemment : « Namedni » (« L?autre jour »), « Krasnaïa Strelaè » (« La flèche rouge ») et « Svoboda Slova » (« Liberté de parole »), dont la diffusion sur la chaîne NTV, propriété du géant du gaz Gazprom, a été interrompue à la demande du Kremlin.

Le présentateur vedette de « Namedni », Leonid Parfionov, limogé en juin pour avoir voulu diffuser l?interview de la veuve d?un dirigeant séparatiste tchétchène assassiné par les services russes au Qatar, s?est vu attribuer une distinction spéciale du jury. Ému par l?attribution de « cette couronne pour la tombe de « Namedni » », le présentateur a rappelé qu?il était au chômage depuis son limogeage.

Autre journaliste vedette, Savik Chuster, l?ex-présentateur de l?émission « Svoboda Slova », a ironisé sur le fait que « disparaître des écrans » était la meilleure garantie de recevoir un prix. Le président de l?Académie de télévision, Vladimir Pozner, a qualifié le choix du jury de « vote de protestation ». Une lettre attirant l?attention des autorités sur la censure qui s?est abattue sur les médias audiovisuels depuis l?arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en mars 2000 a été rendue publique. « La censure a de fait été instaurée à la télévision et, pire encore, l?autocensure gagne du terrain, liée à des licenciements et à la suppression de certaines émissions », indique la lettre. « On essaie de nous imposer une ligne officielle à la place de l?actualité et des informations objectives ; de la propagande à la place des discussions libres. »

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