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Les passeports biométriques obligatoires
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Les passeports biométriques obligatoires
Le ministre de l?Intérieur français, en visite aux États-Unis, s?est entretenu à Washington avec Robert Mueller, le directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI). « La coopération entre la France et les États-Unis est bonne mais elle a besoin d?être stimulée », a indiqué Dominique de Villepin, qui devait ensuite donner une conférence à la New York Public Library sur les moyens de relever les défis du terrorisme.
Chargée par le ministre de réfléchir sur les aménagements du dispositif français, l?Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) a synthétisé dans un rapport les premières initiatives et formulé des propositions. La première piste concerne la sécurisation des titres d?identité. Si tous les partenaires s?accordent sur la valeur de la biométrie dans la lutte contre les faux papiers, quelques divergences subsistent sur les modalités de son application. Une expérience pilote doit être lancée d?ici à la fin de l?année dans sept à neuf pays européens pour la délivrance de visas. Les données seront stockées dans une puce et pourront faire l?objet d?un traitement informatique. À partir de 2005 commencera un programme de passeports biométriques reposant sur une double reconnaissance, faciale et digitale. À terme, l?enregistrement de l?iris pourrait être ajouté. L?objectif est que les passeports soient disponibles vers la fin 2006, début 2007. C?est également vers la fin 2006 que devraient entrer en vigueur les cartes nationales d?identité comportant des données biométriques.
La sécurité aérienne constitue également un enjeu fondamental. Aux États-Unis, malgré des efforts financiers considérables, des lacunes viennent d?être mises au jour. Comme l?a montré un rapport du Département à la sécurité intérieure (DHS), des agents ont pu embarquer dans des avions avec des armes et des explosifs, lors d?une série de tests réalisés de juillet à novembre 2003.
<B>Accès aux listes de passagers avec deux mois d?avance</B>
Dominique de Villepin a décidé de renforcer la sécurité des appareils. D?ici à juin 2005, le contrôle des bagages de soute sera généralisé. La surveillance par les gendarmes et les policiers des alentours des sites sera accrue. Des moyens technologiques devraient être mis en place pour répondre à la pire des hypothèses, une attaque au lance-roquettes contre un avion au décollage ou à l?atterrissage. Concernant le personnel, le contrôle du recrutement dans les zones aéroportuaires sera amélioré, grâce à l?utilisation systématique du fichier de police des infractions constatées (STIC). En outre, la délivrance d?un badge d?accès n?aura plus de portée nationale ; celui-ci n?aura de valeur que sur un site donné. L?accès aux listes de passagers sera également modifié, pour permettre aux policiers de travailler en amont. Le criblage des listes se faisait jusqu?à présent lorsqu?elles étaient définitives, quelques heures avant le vol. Le ministère souhaiterait que l?accès aux listes soit possible un ou deux mois à l?avance. Il reste à déterminer quels services en bénéficieront, et sous quelles conditions. Enfin, à bord des avions, la présence discrète d?hommes du RAID ou du GIGN devrait être systématisée.
<B>2004 Le Monde ? Piotr SMOLAR Distribué par The New York Times Syndicate</B>
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