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Quand deux avocats se tirent dans les pattes

2 octobre 2004, 20:00

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Me Raouf Gulbul et Me Dev Hurnam ne peuvent plus se sentir. Si l?on croyait leur animosité enterrée, une année après que l?avocat parlementaire eut mal réagi à un verdict de la magistrate Rehana Gulbul, on a eu la preuve du contraire mercredi.

D?habitude très gentlemanly, Raouf Gulbul venait de prendre connaissance des allégations portées la veille contre lui et son épouse qui est Deputy Master & Registrar à la Cour suprême. Les nerfs à vif, il a dérapé au tribunal de Port-Louis, refusant de saluer son confrère Gavin Glover, car ce dernier est l?homme de loi d?Hurnam.

Cette fois, c?en était trop. La veille, un multirécidiviste, Yousouf Hayatoolah Dabidin ? un client de Dev Hurnam ?

a déclaré à l?Icac qu?il a versé, en avril 2002, un pot-de-vin à l?ancienne Senior Magistrate de la cour intermédiaire pour que sa peine soit réduite. Curieusement, le prisonnier s?est souvenu de ce fait lundi? deux ans après le délit, lorsque Dev Hurnam lui a rendu visite.

En apprenant les accusations proférées contre elle, Rehana Gulbul a saisi le Central Criminal Investigation Department (CCID), en portant plainte pour fausse accusation. Une enquête a été ouverte pour établir les liens entre le prisonnier et Dev Hurnam. L?aide du service postal sera sans doute sollicitée car le « dénonciateur » déclare avoir envoyé un mandat poste au nom de l?ancienne magistrate.

<B>Les allegations d?un récidiviste</B>

Mais il y a des chances que l?Icac rejette les allégations de Dabidin. Au moment où il déclare avoir versé le pot-de-vin, la sentence contre lui avait été prononcée? un mois plus tôt. Sans le sou, Dabidin devra expliquer comment il a trouvé la somme qu?il dit avoir envoyée à l?ancienne magistrate. Il déclare également avoir remis de l?argent à Me Raouf Gulbul, alors qu?il était en prison. Devant une cour de justice, les allégations d?un multirécidiviste sont prises avec des pincettes. Dabidin a fait d?incessants va-et-vient en prison depuis 1964, pour des délits allant du vol à l?escroquerie, en passant par le viol.

Pour le viol, il a fait huit ans de prison. Sa dernière condamnation date du 25 mars 2002. Il avait été reconnu coupable par la magistrate Rehana Gulbul pour l?émission de chèques en bois.

Le 12 avril 2002, le prisonnier lui a écrit une lettre, lui faisant part de son intention de dénoncer un policier. Ce dernier aurait rédigé un rapport erroné sur ses conditions modestes, le privant de l?aide de l?État pour faire appel contre le verdict rendu contre lui. Son avocat, Me Hurnam, lui, garde le silence sur cette affaire. « Je n?ai pas de déclarations à faire à la presse », s?est-il contenté de dire à l?express-dimanche vendredi soir.

L?avocat parlementaire, après avoir été reconnu coupable par la magistrate Gulbul en 2003 dans l?affaire Bholah ? le hold-up de la State Bank de Grand-Bois ? d?avoir fabriqué de faux alibis pour son client , avait allégué que Raouf Gulbul avait reçu de l?argent du trafiquant de drogue Rajen Velvindron pour influencer le témoin à charge Joseph Jacharie Bottesoie. Une enquête avait été ouverte par le CCID, mais elle n?a rien donné.

L?affaire Bholah a rattrapé Hurnam en avril 2004 en pleine affaire Deelchand, après qu?Antoine Chetty eut déclaré que l?avocat aurait ordonné d?assassiner deux inspecteurs de police qui avaient enquêté sur ce dosssier et de couper le poignet du Senior Puisne Judge, Bernard Sik Yuen.

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