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Le pays avant tout !
Nous sommes à un an des prochaines législatives. Valeur du jour, tout est encore possible, s?agissant des combinaisons et permutations entre le PTr, le MMM et le MSM. Il est certes vrai que chacune n?a pas la même probabilité de se concrétiser. Cependant, la solution aux problèmes du pays ne se réduit pas à la prochaine échéance électorale et à son jeu d?alliances. La gouvernabilité, avec efficacité, de notre pays exige davantage.
Le Dr N. Ramgoolam sent la victoire à sa portée et ne fera aucune concession sur le poste de Premier ministre. Malgré cela, si les conditions sont réunies ? à savoir un rôle et une place pour Paul Bérenger (acceptés par ce dernier) ? il choisira, afin de doublement s?assurer d?une victoire, une alliance PTr-MMM. La formule trouvée, il restera la question du prétexte et du timing de l?annonce. Autrement, le PTr irait seul aux élections, mais il pourrait accommoder une dissidence MSM, voire même un MSM affaibli et sans prétention.
Le show collectif MMM-MSM du 25 septembre est une nette indication que Paul Bérenger, fort d?une « winning formula » dont il est le seul à avoir le secret, privilégie l?option MSM. À moins que ce ne soit une posture de négociation. Cette option est plus avantageuse, tant pour lui que pour son parti. Il pense disposer encore de temps et de suffisamment de cartes pour développer une stratégie pour faire le plein de son électorat traditionnel, et préserver un noyau dur du MSM afin de dégager une majorité.
Il mesure aussi le edge que lui confèrent les leviers de l?appareil d?État. Il est confiant qu?une fois que l?électorat aura pris conscience de « la gravité des dangers extérieurs menaçant le pays », il portera son choix sur le leader et l?équipe perçus comme travailleurs, sérieux et disciplinés, soit l?alliance qu?il dirige. Il jouera à fond sur ce qui le distingue de Navin Ramgoolam sur ce registre. Paul Bérenger ne gardera l?option rouge qu?en dernier recours : au cas où il se sentirait totalement impuissant devant
une déferlante rouge qui risque de laminer son parti, et par là même sa place sur l?échiquier politique.
Les blocs politiques qui vont s?affronter seront aussi constitués en fonction du meilleur deal que chaque parti aura réussi à obtenir ? nombre de tickets, portefeuilles, postes, etc. Ainsi donc, le pays aura droit à une longue campagne électorale avec son lot de chantages, d?amplification des contradictions, d?inflation verbale, de démagogies populistes, de prises de positions idéologiques racistes, communalistes et castéistes en vue de récolter des dividendes électoraux. Bref, loin d?être un moment privilégié et sacré de la démocratie, la campagne électorale va raviver la défiance dans la société mauricienne.
Ainsi, quand l?électorat mauricien ira aux urnes, avec en prime une détérioration de la situation socio-économique en l?absence de décisions courageuses et difficiles durant l?année écoulée, le pays ne sera pas plus avancé quant aux conditions à réunir pour sa gouvernabilité. Autant dire que la planche de salut pour le pays n?est pas dans une guerre des places et des « bouttes », et encore moins de races, à laquelle risquent d?être réduites les législatives 2005.
À des moments vitaux de l?histoire ? pendant la Deuxième Guerre mondiale, après l?indépendance en 1968 ? nos dirigeants, politiques et autres, ont su mettre de côté leur ego, ont accepté de sacrifier leurs intérêts partisans en pensant au pays avant tout. Ils étaient de la race des « grands hommes ». L?Histoire dira si en 2004-2005 il y avait de grands hommes qui ont ?uvré concrètement pour une mobilisation réellement nationale, évitant ainsi à la population mauricienne une descente aux enfers.
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