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Un déténu porte des accusations contre un membre du judiciaire

1 octobre 2004, 20:00

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Yousouf Dabidin, un habitual criminal actuellement en prison, allègue avoir remis, en 2001, un pot-de-vin de Rs 5 000 à Rehana Mungly-Gulbul, alors magistrate, présidente de la cour intermédiaire. L?époux de celle-ci nie catégoriquement cette allégation.

Historique des faits : en avril 2001, Dabidin est condamné à 18 années de servitude pénale par la magistrate. Il avait été trouvé coupable d?émission de chèques sans provision sous quatre chefs d?accusation. Conformément à la durée maximale de 5 ans d?emprisonnement prévue, il écope d?autant pour trois des délits, et de 3 ans pour un autre. Il est incarcéré à Petit-Verger.

Il écrit alors à la magistrate Gulbul pour annoncer son intention de faire appel du jugement. Mais, pour ce faire, il aura besoin de legal aid, dont il ne pourra toutefois bénéficier qu?en déclarant sous serment qu?il ne perçoit pas plus de Rs 3 500 mensuellement. Conformément à la procédure, la police a vérifié cet élément et a objecté à sa demande d?aide de l?Etat.

Il doit donc se résigner à purger sa peine. Jusqu?à lundi dernier, quand il reçoit la visite de Dev Hurnam. Le lendemain, Dabidin écrit à la police, à quelques politiciens et à certains membres du judiciaire et consigne une déposition à la police.

Ces lettres font état d?un pot-de-vin de Rs 5 000 qui aurait été remis par voie postale à la magistrate Gulbul pour réduire sa sentence. (Il y a confusion quant à la somme ? les lettres évoquent Rs 25 000 alors que le postal order serait de Rs 5 000).

Rehana Mungly-Gulbul est aujourd?hui Deputy Master and Registrar et est donc soumise à un devoir de réserve.

C?est son époux, Me Raouf Gulbul, avocat, qui nous livre ses commentaires. «Je vous confirme que ma femme est allée de son plein gré au CID central pour faire une déclaration en bonne et due forme. Moi, je vous dis que tout cela est faux et que l?enquête ira très vite parce qu?il faudra que Dabidin vienne prouver tout ce qu?il dit. Comment fera-t-il, quand cette affaire est montée de toutes pièces ?»

Raouf Gulbul estime que la présente situation trouve son origine dans la condamnation de Dev Hurnam par sa femme en août 2003. Il s?agissait d?un procès d?entente délictueuse. Depuis, il s?estime être victime de «character assassination». « Je demande au commissaire des prisons de publier le nom du compagnon de cellule de Hurnam quand il était à la New Wing», dit Gulbul. Pourquoi ? «Je n?en dirai pas plus», répond ce dernier.

Des renseignements obtenus par l?express, le compagnon de cellule de Hurnam à la prison était un dénommé Iqbal Rose. Quel est donc ce lien dont parle Me Gulbul ? « L?enquête établira tout », répond-il.

L?enquête se concentrera sur les procédures pour un postal order envoyé depuis une prison : les étapes obligatoires, les entrées dans le livre de la prison, tout sera passé en revue.

Yousouf Dabidin est un habitué de la prison. Il en est à sa 25e condamnation, la première datant de 1964 alors qu?il n?avait que 13 ans. Des officiers de la prison disent de lui qu?il est «enn gran malin» et «enn recidivis notoir ek enn swindler».

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