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Halte au pessimisme!

11 septembre 2004, 20:00

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Nous nous abreuvons tous les jours de scandales et de catastrophes : dix personnes retrouvées mortes dans une maison, des licenciements à tour de bras dans les usines, la drogue qui ravage certains quartiers, un accident fatal qui tourne à l’émeute, la corruption par-ci, les victimes de la vente à la barre par-là.

Quand nous écoutons les témoignages des gens sur les radios privées, quand nous parlons à nos voisins ou à nos collègues, on ressent un véritable malaise. Le moral fout le camp. Les gens sont las et rien ne les fait plus vibrer. À peine a-t-on vu la flamme de l’espoir se rallumer avec la performance de nos athlètes aux J.O. que le noir nuage du pessimisme se profile de nouveau.

Mais c’en est assez ! Stop ! Halte au pessimisme ambiant ! Plutôt que de nous laisser entraîner par cette atmosphère morose, la laisser s’infiltrer dans notre travail, notre famille, apprenons à être optimistes. Si on s’efforçait d’être positif vis-à-vis de nous-mêmes, si on remplaçait les pensées négatives par les pensées positives, cela pourrait peut-être améliorer nos performances, nos comportements, notre santé et nos relations avec les autres.

John Fitzgerald Kennedy disait : « La plupart des gens regardent les choses comme elles sont et se disent : pourquoi ? Moi, je regarde les choses comme elles pourraient être et je me demande : pourquoi pas ? ». Nous vivons certes dans une société riche en contradictions, avec son lot de difficultés, de souffrances et d’injustices. Mais le courage ne réside-t-il pas dans la capacité à vivre, à réussir, à aller de l’avant, en dépit de l’adversité ? Tel un chat, il faut savoir retomber sur ses pattes, rebondir et affronter les difficultés.

Nous vivons une époque riche en découvertes scientifiques et nouveautés, notre niveau de vie s’améliore et tout cela transforme notre existence, pour le meilleur et parfois pour le pire. Il convient de garder à l’esprit que l’optimisme est un moteur.

Si on n’y croit pas, on arrête de progresser. À ceux qui se disent que l’espoir fait vivre les imbéciles, on pourra répondre que l’attitude optimiste est plus constructive. L’optimiste est courageux et résistant. Il ne s’avoue jamais vaincu. Il regarde la vie telle qu’elle est avec sa complexité, ses enchevêtrements et surtout il entend continuer et ne pas jeter les armes.

<B>Ces petits rien qui vous simplifient la vie</B>

Une mauvaise nouvelle, une déception? Que faites-vous? Vous avez tendance à grossir l’incident, à accorder trop d’importance à l’aspect négatif des choses, vous perdez de vue l’essentiel, vous voyez tout en noir, au point d’indisposer ceux qui sont autour de vous? Il est temps de réagir avec plus de sérénité et d’arrêter de donner au moindre incident des allures de catastrophe planétaire. Simplifiez-vous la vie, elle aura davantage à vous offrir.

Une voiture se rabat brusquement devant vous. Il y a une queue interminable à la poste. Il faut assurer le travail d’un collègue. Votre patron vous a sonné les cloches. Ne vous noyez pas dans un verre d’eau, ne vous faites pas des cheveux blancs pour ces « bricoles », ne gaspillez pas votre énergie que vous auriez pu mettre au service d’autres choses qui valent plus la peine. La vie n’est pas un psychodrame. Ne jouez pas dans le registre de la grande tragédie.

Vous êtes souvent tendu lorsque vous réfléchissez. Plus vous examinez ce qui vous tracasse, plus vous vous mettez en rogne. Avant de vous transformer en pelote de nerfs, étouffez ces pensées dans l’œuf. Ne vous axez pas sur ce qui est négatif, pensez aux chances que vous avez, il doit bien y en avoir.

Humilité et tranquillité d’esprit font bon ménage. Moins vous vous sentirez obligé de poser pour la galerie, et plus il vous sera facile de vous sentir en paix avec vous-même.

ça veut dire quoi détente pour vous? Une activité appartenant à un avenir incertain, on se détendra un jour après la retraite? Vous avez le droit de vous relaxer dès maintenant. Ménagez-vous chaque jour une plage de tranquillité. Dix minutes de méditation ou de yoga, une promenade au grand air, un bon bain.

En d’autres mots: Apprenez à vivre l’instant présent, acceptez d’avoir tort, obligez-vous à dédramatiser, ne jugez pas sur les apparences, apprenez à vivre dans l’œil du cyclone, rendez service sans attendre de retour, apprenez à écouter.

Sources: Ne vous noyez pas dans un verre d’eau - Cent conseils pour vous simplifier la vie de Richard Carlson, docteur en psychologie. En vente à Rs 190 au Bookcourt de Trianon.

<B>Témoignages

Sandra O’Reilly,</B>

« Jamais ! » Sandra O’Reilly est catégorique. Se lever le matin et se dire qu’elle ne veut plus continuer, ce n’est pas son genre. « Au contraire je dis merci à Dieu d’être là, et je suis heureuse de vivre cette vie avec ses problèmes et ses défauts. » Les épreuves qu’a traversées Sandra l’ont rendue encore plus déterminée à combattre.

« Nous ne devons pas baisser les bras. Si je ne croyais pas en l’avenir, je ne mènerais pas ce combat contre le viol. Je suis persuadée que les femmes doivent espérer et ne plus accepter toutes sortes de conditions. C’est comme ça qu’on progresse. » Si elle comprend qu’il y a beaucoup de pessimistes ici-bas, elle constate surtout qu’à Maurice, les gens se sentent mal dans leur peau. Mais pas question pour elle de s’apitoyer sur son sort. « Être optimiste ne veut pas dire refuser de voir les problèmes qui existent. Je crois que si on marche la tête haute en regardant devant soi, on a plus de chances de s’en sortir. » Sandra O’Reilly est toutefois d’avis que les médias devraient veiller à ne pas publier que des mauvaises nouvelles qui influent sur l’état d’esprit des gens. « La vie a quand même malgré tout beaucoup de couleurs ».

<B> Praveend, policier</B>

« Je me suis levé un matin et j’ai décidé d’arrêter la cigarette. Je n’ai pas eu besoin de suivre de plan anti- tabac. J’ai certes eu des jours difficiles parce que j’étais en manque de nicotine, mais j’ai vraiment arrêté. N’est-ce pas là une preuve que dans la vie, il faut toujours être optimiste ? » Praveend (nom fictif) est requinqué mais à dire vrai, c’est dans sa nature d’être positif. Sa devise c’est de relativiser. Il refuse toujours de formuler des remarques pessimistes sur lui, sur le monde et l’avenir. ça peut sembler paradoxal puisqu’en tant que policier, il fait parfois face à des situations difficiles. Mais Praveend ne s’arrête pas aux choses négatives. « Dis dimounn ine suiside dan enn lakaz ? Li bien triste mais ena ene million dimoun ki encor pe vive. Vo mie konsentre lor zot. » Déceler l’extraordinaire dans l’ordinaire, c’est son autre philosophie. Il a appris avec un ami qui n’a jamais été à l’école qu’il faut prendre le temps de s’arrêter devant une fleur pour l’admirer. « On passe trop de temps à ressasser ce qui est négatif. Les gens devraient utiliser les petites choses qui leur plaisent comme prier, parler, chanter pour compenser les difficultés. »

<B>Aissah Jandoo, infirmière</B>

« Bien sûr que j’ai peur pour l’avenir mais finalement pour s’en sortir, il vous faut ne compter que sur vous. » Aissah Jandoo a travaillé comme infirmière en Arabie Saoudite et en Angleterre pendant trente ans. De retour à Maurice depuis deux ans, elle constate que tout est gris, morose, tristounet.« C’est une tendance mondiale. Je le ressens depuis ce fameux 11 septembre. Il y a tant d’injustice sociale ici , qu’on peine à voir la lumière. » La solution ? Pour elle, tout est une question d’attitude. « Je suis au contact de la souffrance des autres, mais pour ne pas prendre toute la misère du monde sur mon dos, j’ai adopté une philosophie : je me donne à fond dans tout ce que je fais. C’est déjà une grande satisfaction. » Aissah prône aussi à un retour aux valeurs familiales : « Il faut pouvoir compter sur la famille quand tout va mal. Les gens d’une même famille devraient être plus solidaires. Quand il y a de l’amour dans sa maison on arrive mieux à supporter le pessimisme ambiant ».

<B>Jean-Renat Anama, danseur</B>

« Si je vis à Maurice, si je peux pratiquer la danse et en faire mon métier c’est bien parce que je suis parvenu à faire abstraction de toutes les difficultés et que j’essaye de positiver. » Apporter la danse à Maurice, relevait presque du suicide selon Jean-Renat Anama, mais

c’est grâce à sa force de caractère qu’il s’en est sorti. « Les gens gagneraient à vivre plus simplement. Aujourd’hui on voit que beaucoup optent pour le superficiel, le matérialisme, ils contractent des dettes, se construisent des châteaux en Espagne, c’est donc normal qu’ils se prennent la tête, surtout avec le salaire ridicule que nous avons ici. » Jean-Renat Anamah ne se fait pas d’illusions concernant la société. Il considère qu’il y a beaucoup de misère sociale à Maurice, qu’il n’y a pas de méritocratie, et que c’est dans les couches sociales les plus démunies qu’il y a le plus de drames. Toutefois, tout commele président Kennedy, il affirme qu’« il ne faut pas attendre ce que le pays peut faire pour vous, voyez ce que vous vous pouvez faire pour votre vie ». Le danseur préconise donc que les gens se regardent dans un miroir, qu’ils fassent beaucoup d’efforts sur eux-mêmes pour se construire et s’améliorer.

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