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Les clients de prostituées risquent des poursuites

3 septembre 2004, 20:00

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Les clients des travailleuses du sexe pourraient être passibles de poursuites au même titre que ces dernières qui le sont actuellement sous le Code pénal. C?est du moins la demande formulée par Arianne Navarre-Marie, ministre de la Femme au parquet. C?est ce qu?a déclaré cette dernière à l?occasion du lancement d?un annuaire de sources féminines, initiative de la Media Watch Organisation, présidée par Loga Virahsawmy, hier.

La publication de cet ouvrage fait suite au Gender in the Media Baseline Study (GMBS) menée en septembre 2002 dans les 13 pays de la Southern Africa Development Community (SADC) par Gender Links, le Media Institute of Southern Africa et la Media Watch Organisation. Etude qui a été une première mondiale et qui a révélé que seules 17 % des voix féminines sont répercutées dans les médias de ces pays.

Et ce n?est pas tout. Cette étude, a rappelé Loga Virahsawmy, a aussi démontré que les femmes interrogées par les journalistes sont généralement identifiées en relation avec leur époux, fils, père ou petit ami et non pas en tant que professionnelles comme c?est généralement le cas pour les hommes. Et celles à qui les médias accordent la parole sont généralement des travailleuses du sexe, des aspirantes reines de beauté et des femmes au foyer.

Même les activistes militant au sein d?organisations non gouvernementales sont sous-représentées. Et quand la voix des femmes est tenue en ligne de compte, c?est généralement à propos du genre, de la parité ou de la violence à l?égard des femmes et des enfants.

Un exercice similaire au GMBS conduit à l?occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse en 2003 et cette année, a livré des résultats quasi similaires. «Après ces résultats, nous avons pensé que les journalistes avaient besoin d?un guide pratique », a expliqué Loga Virahsawmy.

« S?ATTAQUER À LA LOI »

L?annuaire comprend les noms et coordonnées de 224 professionnelles connues qui défendent les droits des femmes mais aussi des inconnues militant pour l?égalité entre les sexes et la parité et qui sont prêtes à être interrogées à n?importe quel moment par les médias. Cet ouvrage non exhaustif qui constitue également une première dans les pays de la SADC, sera officiellement présenté aux organisations de ces pays le 13 septembre prochain à l?occasion du sommet sur le Genre et les Médias à Johanesburg, Afrique du Sud. Cet annuaire sera réactualisé d?ici quatre à cinq ans.

La présidente de la Media Watch Organisation a remercié la ministre de la Femme qui s?est montrée enthousiaste par rapport à ce projet dès qu?elle en a été informée. Arianne Navarre Marie a même institué un comité de parrainage dont en fait partie La Sentinelle Ltd.

Jean-Claude de l?Estrac, directeur général du groupe et rédacteur en chef de l?express, explique pour sa part que La Sentinelle a tenu à soutenir l?effort de la Media Watch Organisation afin que les Mauriciennes sortent de l?anonymat.

Pour vivre ensemble, dit-il, il faut savoir communiquer. Selon lui, les hommes savent mieux promouvoir leur image que les femmes. Il a exhorté celles-ci à mieux maîtriser la communication et à parler plus fort au lieu de se plaindre de l?indifférence des médias à leur égard. Cela dit, il a reconnu que ces supports peuvent faire montre de parti pris à propos des femmes. Selon lui, cet annuaire de sources féminines devrait réconcilier les deux parties.

La ministre Arianne Navarre-Marie a également fait référence à un article paru dans l?édition de l?express de samedi dernier. Ce dernier concernant le démantèlement d?un réseau de prostitution par la police. L?article a donné lieu à un débat sur le bien-fondé des journalistes à identifier les travailleuses du sexe et non leurs clients.

Jean-Claude de l?Estrac estime que le journaliste de l?express n?a fait que rapporter les faits d?un cas en cour. « Il est injuste de s?attaquer aux médias alors qu?il faudrait s?attaquer à la loi », a-t-il dit. Le directeur général du groupe La Sentinelle a ainsi expliqué qu?identifier les clients, qui sous l?actuelle législation ne sont que des témoins dans l?affaire, aurait pu valoir des poursuites au journaliste et au journal.

Mais la ministre Navarre-Marie de même qu?une femme présente dans l?assistance, considèrent que publier uniquement le nom des travailleuses du sexe est discriminatoire. D?où la demande de la ministre au parquet pour un amendement du Code pénal dans le but de punir également les clients des travailleuses du sexe.

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