Publicité
“Une entente comptable - régulateur évitera l’excès de contrôle”
Par
Partager cet article
“Une entente comptable - régulateur évitera l’excès de contrôle”
<B> Parlez-nous brièvement des initiatives de votre organisation dans la formation des experts-comptables ?</B>
La qualification “Association of Chartered Accountants” (ACA) octroyée par l’Institute of Chartered Accountants in England and Wales (ICAEW) est reconnue comme une des principales références mondiales parmi les professionnels de la finance et du management tant dans le monde de l’entreprise que dans le secteur public. Un détenteur de l’ACA sur huit vit et travaille en dehors du Royaume-Uni. La preuve incontestable de la solidité et la réputation internationale de cette qualification et de la compétence de ceux que nous formons.
Un diplôme de l’ACA apporte aux étudiants les compétences techniques et stratégiques nécessaires pour devenir des experts-comptables et des conseillers performants. Auparavant, les Mauriciens devraient se rendre en Angleterre pour obtenir ce diplôme. Beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui des leaders de la profession et des industry captains à Maurice. Les principales firmes de comptabilité à Maurice ont un membre de l’ICAEW en tant que Managing Partner.
<B> Comment est venue l’idée d’élaborer un programme de formation menant à l’ACA à Maurice ? </B>
C’est à la demande de PriceWaterhouse-Coopers Mauritius que nous avons mis en place un système de formation menant à la qualification de l’ACA à Maurice. Les quatre autres plus gros cabinets notamment KPMG, Kemp Chatteris Deloitte, De Chazal Du Mée et Ernst & Young ont par la suite été autorisés à dispenser les cours de l’ACA. Une de nos forces principales réside dans la qualité et la diversité de nos recrues. Neuf de nos étudiants sur dix sont détenteurs d’un diplôme de premier cycle. 20 % de nos recrues ont obtenu un first class degree. La grande majorité détient au moins un second class. Cela prouve que les meilleurs étudiants reconnaissent la réputation de nos qualifications.
<B>Quels sont les principaux enjeux de la profession à Maurice ? </B>
La profession comptable bouge vers la globalisation. Le gouvernement a décrété que les normes internationales de comptabilité vont s’appliquer au pays. Toutes les sociétés, à l’exception des petites entreprises, devront se conformer à ces standards.
Cette globalisation de la profession intervient en grande partie grâce à l’application de ces normes à l’échelle mondiale. A l’ICAEW, nous pensons qu’il faut que les experts-comptables opèrent conformément aux standards d’éthique. Notre stratégie est de promouvoir la réputation des praticiens à travers des alliances stratégiques et la coopération avec d’autres organisations de la profession comptable à travers le monde.
L’internationalisation des standards représente à la fois des difficultés et des opportunités pour les experts-comptables à Maurice. Le gouvernement propose de mettre sur pied une institution qui exercera un contrôle sur la profession. Il s’est inspiré du modèle qui existe en Angleterre.
Les comptables mauriciens ont là un grand défi à relever. Ils auront à travailler ensemble avec cette organisation pour éviter qu’elle ne produise un volume excessif de régulation.
<B>Est-ce un facteur préoccupant ? </B>
Un régulateur peut amener trop de régulations. Un des meilleurs moyens d’éviter cette situation est que les professionnels travaillent ensemble avec l’institution afin de produire un régime acceptable de règles.
Plusieurs gouvernements de par le monde sont en train de mettre en place des systèmes de régulations avec en toile de fond les scandales financiers d’Enron et de Parmalat, entre autres. Il appartient aux corps professionnels de veiller que les règles soient d’un niveau raisonnable.
<B> L’avènement des régulateurs publics n’est-il pas la conséquence de l’échec des organisations, comme la vôtre, à exercer un contrôle sur les activités de leurs membres ? </B>
Je dirais que non. Des fraudes dans les compagnies peuvent être camouflées si vous avez des directeurs qui sont déterminés à en commettre. Si les pratiques frauduleuses sont bien dissimulées, un auditeur peut difficilement les détecter. Du moins pendant un certain temps.
Très souvent, les régimes de régulation imposent une rotation des firmes d’audit sans vraiment saisir les implications. La grande majorité des fraudes interviennent dans les deux années suivant la nomination du nouveau cabinet d’auditeurs.
Nous sommes d’avis que les entreprises ne doivent pas changer de firme d’auditeurs. C’est plutôt le partenaire du cabinet qui doit faire l’objet de rotation.
Il y a la somme de connaissances et d’informations de l’entreprise qui est largement effritée lors du changement de la firme d’audit alors que le changement de partenaire à l’intérieur du cabinet permet à la fois une certaine continuité, tout en évitant des rapports étroits entre l’entreprise et son auditeur.
<B>Quelle est la motivation principale des changements intervenus dans la présentation des résultats financiers des sociétés ?</B>
Les entreprises doivent être en mesure de présenter des résultats qui soient clairs et compréhensibles. Les normes de publication d’information financière s’internationalisent grâce à l’application des standards de comptabilité et d’audit dans plusieurs pays. Auparavant, il y avait deux régimes différents qui étaient en vigueur en Europe et aux Etats-Unis. Ce qui n’aidait pas vraiment.
<B>L’application de ces standards pose souvent problème dans des pays en développement, dont Maurice…</B>
Je peux comprendre ces difficultés. A Maurice, il y a certains aspects à régler au niveau de la loi sur les compagnies. Mais il y a eu énormément de progrès réalisés jusqu’ici. Cela nous ramène à la question de la formation. A l’ICAEW, nous estimons que nous pouvons aider à améliorer le financial reporting des entreprises et à rehausser le niveau de la bonne gouvernance dans le pays.
L’adoption des principes de gouvernement d’entreprise et de transparence encourage la confiance des investisseurs dans le marché des capitaux. Cela permet aux sociétés de lever plus d’investissements. En même temps, vous obtenez un bon track record sur le plan de la gouvernance.
<B> Que prévoit l’ICAEW pour garder un œil sur ses membres ?
Il est primordial pour nous que les étudiants que nous formons puissent opérer selon les normes d’éthique rigoureuses. C’est le fondement même de tous nos principes d’audit qui peuvent soit s’ériger ou s’échouer.
Au cours des six dernières années, l’ICAEW a beaucoup œuvré pour s’assurer que les compétences de nos membres soient constamment remises à jour. Nous avons introduit un programme de formation continue. Nous exerçons aussi un certain contrôle sur nos membres. Tous les experts-comptables formés par l’ICAEW font l’objet d’un contrôle annuel.
Nous sommes constamment à la recherche de moyens afin de mieux équiper la profession comptable dans le sillage des changements à l’échelle mondiale.
<I>“L’adoption des principes de gouvernement d’entreprise et de transparence encourage la confiance des investisseurs dans le marché des capitaux.”</I>
<B>Propos recueillis par Akilesh Roopun</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents