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Textile : reprise du dialogue gouvernement?syndicats

29 août 2004, 20:00

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Les responsables politiques ont décidé de mettre les employés ?dans le coup? en raison de la précarité de la situation dans le textile-habillement. La réunion, jugée très importante par les deux parties, sera présidée par le Premier ministre, Paul Bérenger.

Le gouvernement entend ainsi réengager le franc-parler avec les syndicats dans ses efforts pour préserver la paix industrielle en ces moments troubles. Le Premier ministre, jusqu?ici peu enthousiaste à engager le dialogue avec les syndicalistes, manifeste un grand intérêt à la tenue de ces bipartites.

Les récents licenciements, à Floréal Knitwear, à Arvind Overseas et ailleurs, ont provoqué la colère des syndicats qui ont exprimé leur mécontentement quant à la manière de les gérer. De plus, les perspectives à court et à moyen termes ne s?annoncent guère brillantes. D?autres licenciements sont à prévoir et les opportunités de recyclage dans d?autres activités ne sont pas évidentes. Ainsi, les représentants des salariés attendent également beaucoup de cette réunion.

?Cette rencontre intervient à un moment crucial. Beaucoup d?entreprises sont en difficulté. Nous aurons l?occasion de nous pencher sur les perspectives du secteur à moyen et à long termes?, affirme Yusuf Sooklall, président de la Textile, Clothing and Other Manufacturing Workers Union (TCOMWU), une des principales centrales syndicales de la zone franche.

La question des indemnités des salariés remerciés, avec leur accompagnement social, est au centre des préoccupations des syndicats. Les travailleurs veulent savoir ce qui les attend en termes de compensation et / ou de possibilités de formation et d?embauche si jamais leurs emplois actuels étaient menacés.

Certaines sociétés, dont Floréal Knitwear, ont mis en place des plans d?accompagnement qui comprennent des initiatives de formation et de guide

Les syndicats concèdent que le textile-habillement fait face à des difficultés et que des mesures de redressement s?imposent.

Plus de perspicacité

Toutefois, ils se demandent pourquoi ce sont principalement ceux au bas de l?échelle qui doivent faire les frais des restructurations. Les cadres du middle management et la direction sont, eux, rarement touchés, disent-ils.

Pourtant, avec leurs salaires et autres bénéfices élevés, ils coûtent cher à l?entreprise, ne cessent de dire les syndicalistes de la zone franche. ?Les frais généraux liés au management ne sont presque jamais évoqués lors des fermetures d?usines ou de compression du personnel. Quand on parle du coût élevé de la main-d??uvre, c?est surtout aux travailleurs qu?on fait référence?, s?insurge Yusuf Sooklall.

Les syndicalistes demanderont donc au gouvernement de faire preuve de plus de perspicacité par rapport aux demandes des patrons. Ils estiment que certaines des difficultés dont font état les entreprises ne seraient pas aussi insurmontables qu?elles voudraient le faire croire. La restructuration de l?industrie est en cours depuis quelque temps déjà. Pourtant, la voix des employés n?a pas été suffisamment entendue lors du processus. Les autorités réalisent l?importance d?une meilleure communication avec ce partenaire social. Plus de 70 000 personnes sont employées dans la fabrication de vêtements. Les risques de troubles syndicaux sont bien réels. Le gouvernement entend ainsi désamorcer une crise potentielle à travers le dialogue.

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