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Mirella : la vie plus forte que le cancer

28 août 2004, 20:00

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La vie continue. Pas une seule once d?apitoiement sur son sort. Pas d?interrogations existentielles. C?est la philosophie adoptée par Mirella, qui vit avec un cancer depuis quatre ans. « Vivre avec un cancer », ça peut paraître contradictoire. Peut-on vraiment prendre sa vie en main quand on a une maladie souvent associée à la mort, quand on a une épée de Damoclès sur la tête ? Eh bien, oui ! Mirella en est la preuve vivante.

Certes sa vie n?est plus la même depuis que son médecin lui appris qu?elle avait un cancer des ganglions, mais elle n?est pas pour autant réduite à néant. Elle assume ce qu?elle appelle volontiers « mon cancer », et les mots ne lui font pas peur. Notre interlocutrice est une femme de courage exemplaire. On a presque envie de qualifier son parcours de « success story ».

Nous avons rencontré Mirella dans le café de la clinique Darné. Premiers regards croisés, et on se dit non, ce n?est pas elle notre témoin, pas cette femme coquette, le sac à main assorti à ses vêtements, la mine pimpante, le sourire accrocheur. Mais c?est bien elle. Pas la peine de la présenter sous un pseudonyme, ou de masquer la photo.

« Je n?ai pas honte de mon cancer. Je n?ai pas peur d?en parler. J?espère que ceux qui souffrent arrivent comme moi à dépasser la maladie, à continuer à vivre pleinement malgré tout. » Biopsie, chimiothérapie, radiothérapie, Mirella est passée par toutes ces étapes, et son calvaire n?est pas terminé. Perte de cheveux, manque d?appétit, fatigue, elle sait ce que c?est, et elle sait aussi qu?elle n?est pas encore sortie d?affaire. Pourtant, cette mère de deux enfants dont un fils de 22 ans et une fille de 19 ans,a confiance dans la vie.

Le couperet est tombé il y a quatre ans. D?abord un ganglion au cou, puis un deuxième, ensuite un autre sur le bras, sur les cuisses? elle se sentait fatiguée pour un rien, et les vitamines n?y faisaient rien. Son entourage l?encourage alors d?aller consulter. Ce vendredi soir-là, le médecin lui prescrit des examens. Mirella n?envisage pas un moment qu?elle puisse avoir un cancer.

Comme le dit si bien Monique Rey, la fondatrice de Link to life, association qui vient en aide aux cancéreux : « On sait que le cancer existe mais on ne pense jamais que ça peut nous arriver à nous. » Quelques semaines plus tard, le médecin traitant explique à Mirella qu?elle doit avoir recours à une biopsie. Là encore, elle ne voit rien venir. Peut-être, ne veut-elle pas accepter la réalité, mais Mirella a pour devise de ne pas s?alarmer par procuration.

Puis arrive le jour « J » et les Thupsy se rendent à l?hôpital pour connaître le verdict. Et là, c?est le ciel qui tombe sur la tête de Mirella. Son époux préfère retourner à son travail. Ses enfants s?en prennent à Dieu.

Le choc passé, Mirella se reprend et décide, avec le soutien de ses proches, de lutter. « Je me suis dit, il ne faut pas que je lâche, je vais me battre pour ma famille. » Les traitements sont pénibles. Deux fois par semaine, Mirella se rend à Candos pour faire une chimio. Pendant une heure et demie, elle reçoit par voie intraveineuse un protocole. « J?ai vu des gens autour de moi souffrir des effets secondaires, avoir des vomissements par exemple. J?ai fait la connaissance de plusieurs personnes souffrant du cancer. J?ai vu des enfants subir ce traitement douloureux. Certains sont morts en cours de route? »

<B>« Mes petits neveux m?appelaient kojak »

Les choses se calment pendant un an et demi, mais les ganglions refont surface un beau jour. Rebelote : chimio et depuis quelque temps, radiothérapie. Mirella ne veut pas rater une séance. « Mon cancer a dégénéré. Depuis un mois je vais tous les jours à Candos pour recevoir des rayons laser, mais je ne baisse pas les bras. »

Même lorsque ses cheveux ont commencé à tomber, Mirella a continué à être positive. Elle s?est acheté une perruque, s?est rendue chez la coiffeuse et lui a demandé de lui raser le crâne.

« Le premier jour, c?était pénible de me regarder dans le miroir. Quand mes petits neveux me voyaient, ils m?appelaient Kojak mais j?avais choisi d?être bien dans ma peau. »

Le fait de se joindre à Link to life n?a fait que renforcer ses convictions qu?il y a une vie, même avec le cancer. Elle remercie Dieu chaque jour de lui permettre de voir le soleil se lever et se coucher. Elle continue à faire son marché, quand elle peut, à aller à son association, l?Équipe de Notre Dame.

Elle lit beaucoup d?ouvrages sur sa maladie, cherche à comprendre sans dramatiser. Elle souffre, mais n?en veut pas à cette amie qui ne lui fait plus la bise, de peur que le cancer ne soit contagieux. Elle met à l?aise les gens de son entourage qui ne savent pas trop comment l?aborder, et surtout, elle continue à se faire belle.

« Mes enfants sont jeunes et ont toute la vie devant eux. Je ne veux pas qu?ils aient à assumer ma maladie. Je refuse d?hypothéquer leur joie de vivre. Je veux qu?ils continuen à s?amuser. Après tout s?il faut mourir, eh bien tout le monde meurt un jour de toute façon. » Mirella est affirmative. Elle n?a pas peur de la mort.

Ce mot n?est pas un sujet tabou chez elle. « J?ai 45 ans. J?ai eu la chance d?avoir un mari et des enfants qui m?encouragent, me complimentent quand j?ai bonne mine. J?ai travaillé dans une garderie avec des bébés que j?adorais, ma patronne m?a toujours soutenue. Il y a Monique Rey et tous les membres de Link to life qui sont toujours présents quand j?ai besoin de parler. Que demander de plus ? » En tout cas, chapeau Mirella, pour cette leçon de vie, ce courage et cette volonté hors du commun !

<B>Link to life?

l?espoir à tout prix</B>

Link to life est une association qui vient en aide aux personnes atteintes de cancer. Elle aide les malades à composer avec les effets physiques, le bouleversement émotionnel et les répercussions sociales liées à la maladie et à son traitement. Les membres, dont certains n?ont pas le cancer, se rencontrent les samedis (de 9 h 30 à 12 h) au Floreal Women Centre, les vendredis (de 10 heures à 12 h) à la clinique Darné, et maintenant à l?hôpital Candos (de 10 h à 12 h) les lundis et mercredis où ils parlent de leur situation. Ils bénéficient aussi de séances d?information assurées par des médecins, des gynécologues, psychologues, physiothérapeutes, nutritionnistes etc. Monique Rey, la fondatrice de l?association est d?autant plus reconnaissante envers le Premier ministre pour son aide. « Nous avons reçu l?autorisation du docteur Sungkur pour aller à l?hôpital Candos les lundis et mercredis de 10 h à 12 h. » Cette autorisation va permettre à l?association d?apporter encore plus son soutient moral à ceux qui sont atteints d?un cancer. Leur autre cheval de bataille est de trouver un local.

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