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Produits pétroliers :hausse des prix imminente
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Produits pétroliers :hausse des prix imminente
Espace Marin Ltd vient d?introduire sur le marché local, un type de moteur hors-bord qui fonctionne au kérosène au lieu de l?essence. La différence entre le prix d?un gallon d?essence (Rs 122.75) et un gallon de kérosène (Rs 43.75) est de Rs 79.
Aujourd?hui, c?est Espace Marin Ltd mais demain ce sera sans doute autour du gouvernement de Maurice d?envisager sérieusement la mise en place d?un vaste programme de développement d?énergies de substitution qui devrait déboucher sur la formulation d?une politique énergétique adaptée à la situation mondiale.
Le chef du gouvernement a déjà donné une indication de l?orientation imposée par la valse des prix du pétrole brut. « Il nous faut faire preuve d?imagination et d?audace », avance Paul Bérenger qui a nommément évoqué la révision de notre stratégie énergétique en produisant l?éthanol, un carburant alternatif, et de revoir la politique d?importation de produits pétroliers par rapport à l?utilisation du charbon et de la bagasse. Il évoque la possibilité d?exploiter l?énergie nucléaire même si cela n?est pas à l?ordre du jour du gouvernement.
<B>Une troisième augmentation inévitable</B>
À l?hôtel du gouvernement, on est avare de commentaire avant la réunion de demain. Certains préfèrent laisser le soin au Premier ministre de gérer cet épineux dossier. Et pour cause. La situation est difficile car le prix du pétrole échappe au contrôle du gouvernement mauricien. « Nos projections sont que le prix du pétrole brut devrait se stabiliser autour de 45 $ », déclare une source proche gouvernementale. On peut facilement comprendre l?inquiétude que l?augmentation du prix du pétrole sur le marché international provoque chez les autorités mauriciennes. « Pour chaque dollar additionnel sur le prix du baril du pétrole brut, le Central Electricity Board doit débourser Rs 200 millions », a récemment indiqué Alan Ganoo, ministre des Utilités publiques. Le Central Electricity Board (CEB) est un des plus gros consommateurs d?huile lourde avec une importation annuelle de 330 000 tonnes.
Le problème est que nul ne sait où s?arrêtera la flambée du prix du pétrole sur le marché international. Plusieurs facteurs y contribuent. Ce sont entre autres la situation confuse en Irak où les attentats des miliciens du chef chiite irakien Moqtada Sadr contre les oléoducs ont réduit considérablement l?exportation de pétrole produit par ce pays. Il faut ajouter à cette liste la demande croissante pour des économies montantes, particulièrement celle de la Chine et de l?Inde dont les importations ont connu une hausse de 40 % et de 11 % respectivement. Le pétrole a ceci de particulier. La dépendance des pays importateurs est telle qu?une augmentation du prix n?amène pas obligatoirement une réduction de la demande.
À Maurice, la State Trading Corporation (STC), agence gouvernementale engagée dans l?importation de produits pétroliers, n?a d?autre parade que de trouver les produits au meilleur prix possible. Elle peut intervenir également au terme de l?application d?un mécanisme d?ajustement des prix communémment appelé l?Automatic Pricing Mechanism dans un sens ou dans un autre. Les données mondiales étant ce qu?elles sont, il est peu probable que ce mécanisme d?ajustement évite une troisième majoration des prix sur le marché local après celle d?avril et de juillet.
Du côté du CEB l?heure est à l?intensification de la politique de diversification de la production énergétique. Il s?apprête à négocier la construction d?une nouvelle centrale charbon- bagasse avec la Société usinière du Sud et la propriété sucrière Fuel, qui ont répondu à son appel d?offres.
Tout cela est venu rappeler à Maurice la dure réalité des pays qui ont une grande dépendance sur les produits pétroliers et qui pour s?en sortir doivent avoir recours à des énergies de substitution. Peut-être faut-il aussi une politique de la chasse au gaspillage. Mais c?est une autre histoire.
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