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La saison des bras de fer

28 août 2004, 20:00

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Un partenaire de la majorité dans la rue pour crier son impatience, des fonctionnaires qui forcent l?accès à l?hôtel du gouvernement, des seconds couteaux qui s?agitent au sein des partis politiques : des signes qui ne trompent pas et qui ne laissent aucun doute sur ce que nous réservent les mois qui nous séparent des prochaines élections générales.

Le ton employé vendredi à l?Assemblée nationale par Jean-Claude Armance démontre clairement que le feu continue à couver sous les cendres. En résumant les débats sur sa motion vieille de près de trois ans, maintes fois amendée, et qui demande une forme de compensation aux descendants d?esclaves et de travailleurs engagés, le député OF-Les Verts égratigne de temps en temps le gouvernement tout en prenant soin de cajoler le Premier ministre, Paul Bérenger et son prédécesseur, Sir Anerood Jugnauth.

Le député parle ainsi de « manque de volonté politique » ou encore de gouvernement qui « sera complice » des atrocités et des séquelles de l?esclavage s?il ne trouve pas les moyens de faire justice aux descendants d?esclaves.

Il s?en prend ouvertement à Sunil Dowarkassing qui avait exprimé des réserves sur les modalités de compenser les personnes concernées. Jean-Claude Armance attribue la prise de position du député de Curepipe-Midlands à l?attrait d?un maroquin ministériel.

À observer la physionomie affichée par Paul Bérenger durant le discours de Jean-Claude Armance, on sentait bien qu?il avait hâte qu?on en finisse au plus vite avec cette épine plantée au pied de la majorité depuis bientôt quatre ans.

Cette fronde verte qui s?était manifestée dimanche dans les rues de la capitale, a en quelque sorte fait boule de neige jeudi. En effet environ un millier de fonctionnaires affectés aux différents départements qui perçoivent les revenus de l?Etat ont bravé l?interdiction policière à l?entrée de l?hôtel du gouvernement pour investir le Vaghjee Hall.

Ils avaient préalablement assisté à une réunion syndicale tenue à une centaine de mètres plus loin. Après avoir vociféré leur mécontentement contre le vice-Premier ministre et ministre des Finances, ils ont brûlé des copies du Mauritius Revenue Authority Bill.

Au-delà de ces feuillets réduits en cendres, il importe de prendre la mesure de ce coup de force dans l?enceinte même du siège gouvernemental. Puisque c?est bien la toute première fois depuis l?accession du pays à l?indépendance que des fonctionnaires en colère pénètrent ainsi à la porte de l?exécutif.

À ajouter à cette folle semaine, les péripéties de certains conseillers à la mairie de Curepipe et la démission de l?élu mauve Coomara Pyaneandee (voir interview en page 13).

Il n?y a pas à dire, les douze mois qui arrivent seront particulièrement chauds pour le pouvoir. La saison des bras de fer est à nos portes.

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