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Jean-Claude Brialy, l?homme aux multiples talents
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Jean-Claude Brialy, l?homme aux multiples talents
Jean-Claude Brialy est né à Aumale (Algérie) le 30 mars 1933. Fils de colonel, il suit son père lors de ses affectations successives, et change constamment de lycée jusqu?au baccalauréat. Parallèlement, il suit des cours d?Art Dramatique et obtient un premier prix de comédie au Conservatoire de Strasbourg et entre ainsi au Centre Dramatique de l?Est.
Sa filmographie se lit comme un catalogue de ces cinéastes considérés comme des ?auteurs?, selon le terme consacré à l?époque. On y retrouve, entre autres, Eric Rohmer, Jacques Rivette, Jean-Luc Godard, Louis Malle, François Truffaut, sans oublier, bien sûr, Claude Chabrol dont il a été l?un des fidèles collaborateurs et qui fit de lui, en 1958, l?un des acteurs les plus connus de La Nouvelle Vague avec Le Beau Serge et Les Cousins.
?Je ne suis pas près d?oublier que c?est grâce à lui,(NDR : Claude Chabrol) au Beau Serge, aux Cousinet même à cette pochade des Godelureaux que je suis devenu une ?vedette?, enfin acteur. Le métier d?acteur est une sorte de sport. On vous choisit d?abord pour un aspect physique, votre présence, votre silhouette, votre ?gueule?. A l?intérieur, il y a le désir de s?exprimer et le talent bien sûr. Encore, faut-il trouver le réalisateur qui vous permette de sortir ce qui est à l?intérieur! Après, il faut affronter le public. Puis, il faut tenir, vieillir. Tout le monde n?est pas Gabin?, (J.-C. Brialy, Cinéma 72, n° 163).
(?) Sa carrière cinématographique n?empêche pas Jean-Claude Brialy de s?affirmer sur scène dans plusieurs pièces : ?Un dimanche à New York ?, Madame Princesse , Les portes claquent et La puce à l?oreille. A la télévision, on le voit dans Les parents terribles , Chéri et Anna. A cette activité de comédien s?ajoute en 1971 celle de réalisateur. Il entreprend une nouvelle carrière. Son premier film Eglantine est une oeuvre à réminiscences autobiographiques. Il n?en restera pas là. Il tourne quelques mois plus tard : Les Volets Clos, L?oiseau rare et Un amour de pluie. (?) Il se retrouve derrière la caméra au début de la décade 80 pour signer deux adaptations de la comtesse de Ségur, Les malheurs de Sophie (1981) et Un bon petit diable (l983).
(?) Mais Brialy se veut avant tout un homme de théâtre où, selon lui, l?art du comédien trouve le cadre privilégié de son épanouissement : la scène. Et c?est pourquoi il achète une salle, les Bouffes Parisiens, dont la gestion et la programmation vont requérir, à partir de 1988, l?essentiel de son temps, de son énergie et de son talent, en le tenant provisoirement éloigné du cinéma.
(?) C?est au moment où se raréfient ses apparitions à l?écran que Brialy reçoit le César du meilleur acteur dans un second rôle, celui de Klotz, le chef d?orchestre alcoolique et homosexuel dans Les innocents, le plus complexe et le plus douloureux de tous ceux qu?il a interprétés dans les années 80. On avait pu croire que son registre privilégié était celui de la fantaisie et de la dérision : le coiffeur efféminé de La nuit de Varennes, le flic travesti de Levy et Goliath ou le banquier véreux de Ripoux contre Ripoux.
Mais il sait aussi susciter le trouble et la pitié - dans Sarah, Grand-Guignol et Inspecteur Lavardin, où la fragilité et la solitude de ses personnages sont perceptibles derrière la façade de la mégalomanie - voire le mépris ou le dégoût - en collaborateur inquiétant (Stella), en avocat retors (Cap Canaille), en policier corrompu (La crime) ou en trafiquant raciste (E?en fout la mort) - à la manière d?un Jules Berry dont il a le bagout, le toupet la cautèle et l?absence de scrupules. En réalité, le jeune premier désinvolte des débuts à l?écran a peu à peu cédé la place au dandy vieillissant dont le charme n?opère plus toujours, qui se réfugie dans le désespoir ou le cynisme et souffre.
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