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Le regard de l’innocence
Vanessa Yong, debout tout près d’un tableau, pinceau en main, regarde défiler les gens venus visiter l’exposition de Port-Mathurin. Contrairement à d’autres exposants qui ont pris le pari d’exposer leurs œuvres, Vanessa n’est pas à sa première tentative. En août dernier, elle a eu l’occasion de faire valoir ses talents d’artiste là où une quinzaine d’autres avaient répondu présents aux expositions organisées à Rogers House, à Port-Louis et à Mourouk.
“Je ne suis pas ce qu’on peut appeler une traditionaliste mais je sens le besoin de traduire la culture, le vécu et l’âme de Rodrigues sur ma toile. C’est inné”, explique l’artiste.
Mais avant de séduire son public, Vanessa n’a pas lésiné sur les moyens. Elle a su tirer avantage à partir des échanges et des contacts qu’elle a eus lorsqu’elle était en Form III au Rodrigues College grâce à son affiliation avec l’Association des artistes rodriguais (AAR).
Si aujourd’hui elle peut se permettre de donner de la couleur à une toile en plongeant son pinceau dans l’acrylique, elle le doit beaucoup à sa nature de fonceuse. “Je ne baisse jamais les bras, même si je dois prendre un ou deux mois pour compléter un tableau”, avoue-t-elle.
Et pour ses dessins sur le verre, qu’elle pratique depuis plusieurs années, et qu’elle met en vente comme ses tableaux, Vanessa estime qu’il existe un créneau pour les jeunes artistes. “Cela dépend de la disponibilité et du temps consacré par l’artiste à son œuvre”, dit-elle, qui reconnaît que certains jeunes éprouvent encore des difficultés pour avoir leur matériel de peinture à Rodrigues.
Des projets, Vanessa en a plein la tête. Elle envisage sérieusement de se rendre à l’île de la Réunion pour une exposition.
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