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Ian Thorpe survole le combat des titans
Ian Thorpe a réglé ses comptes une bonne fois pour toutes hier dans le premier très grand moment de ces JO d’Athènes : le 200m nage libre messieurs.
En 1’44”71, le géant australien a pris sa revanche des Jeux de Sydney, réussi un doublé impressionnant après son succès sur 400m et s’est imposé d’ores et déjà comme le grand nageur de ces Jeux.
Ravalé au rang de freluquet présomptueux, le jeune Michael Phelps, dont le pari osé de remporter huit médailles d’or au centre olympique aquatique n’a pas tenu trois jours.
Relégué au second rang, le Néerlandais Pieter van den Hoogenband, champion de Sydney, qui a dû se contenter de jouer pendant trois longueurs les lance-torpilles avant que l’Australien n’enclenche la cinquième après un virage rageur.
Abonné depuis quatre ans aux seconds rôles, le Néerlandais est deuxième en 1’45”23.
Phelps, qui a brûlé ses ailes dans ce combat encore un peu trop relevé pour lui, a échoué à la troisème place pour neuf centièmes dans cette “course du siècle”, neuf centièmes qui vont contraindre le champion olympique du 400m 4 nages à patienter quatre ans de plus pour jouer les Mark Spitz.
Thorpe n’a même pas eu besoin d’aller titiller son record du monde de cette distance qui supplante peu à peu le 100m comme la distance reine (1’44”06) pour s’imposer comme l’homme le plus rapide de la planète dans l’eau.
<B>Phelps découvre</B>
Parti prudemment dans le sillage du tenant du titre, il a déployé inexorablement son mètre 95 dans les quarante derniers mètres pour emporter la mise.
Van den Hoogenband, décidément, ne retrouve pas son niveau de Sydney. Meilleur temps des demi-finales, le Néerlandais a fait depuis quatre ans de l’argent son métal fétiche puisqu’il est venu ajouter cette médaille aux cinq du même métal récoltées lors des récents championnats du monde.
“C’était dur et je suis un peu fatigué. Mais j’ai réussi une assez bonne performance et je suis aux anges avec ce résultat”, a confié Ian Thorpe. “Je savais que Pieter partirait fort et je me suis contenté de rester avec lui. Je crois que cette victoire signifie plus pour moi que le 400m. C’est une grande victoire”, ajoute l’Australien.
Phelps, pour sa part, a eu le mérite de tenter crânement sa chance et de ne pas se défiler dans un combat des chefs livré sur une distance qu’il n’affectionne pas.
Il sait désormais ce qu’est le très haut niveau : “Quand vous avez une affiche avec toutes ces vedettes et qu’elles nagent toutes si vite, c’est terriblement excitant mais aussi très usant émotionnellement”, a-t-il dit.
<B>Coughlin sous la minute</B>
Nouvelle égérie française, Laure Manaudou n’a pas su, cette fois, s’inviter au grand bal.
Thorpe au féminin, puisqu’elle est depuis dimanche championne olympique du 400m nage libre, elle a ajouté à son palmarès naissant la médaille de bronze d’un 100m dos archi-dominé par l’intouchable Américaine Natalie Coughlin en 1’00”37.
Pour Coughlin, non qualifiée pour Sydney et privée des derniers championnats du monde par des ennuis de santé, cette médaille d’or est une consécration méritée. Championne du monde de la spécialité en 2001, l’Américaine est entrée dans l'histoire en devenant la première et unique femme à passer sous la minute en 59”58.
Le dos reste une discipline dominée sans partage par les Américains. Chez les messieurs, le jeune Aaron Peirsol s’est imposé sans difficulté en 54”06. À 21 ans, il rêve d’imiter son aîné et compatriote Lenny Krayzelburg en signant un doublé sur les deux distances du dos.
Le dernier titre du soir est revenu à la Chinoise Luo Xuejuan, victorieuse devant deux Australiennes, Brooke Hanson et Leisel Jones, au 100m brasse.
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