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Liberté

14 août 2004, 20:00

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Auditeurs, auditrices, oyez, oyez ! L?heure est grave ! Vos dirigeants ne veulent plus vous entendre exprimer - haut et fort, surtout au micro des radios privées- votre insatisfaction devant l?état de leurs hôpitaux ou de leurs services administratifs. Ils ne veulent plus vous entendre manifester votre ras-le-bol, commenter la lenteur ou l?incompétence de certains fonctionnaires ou services publics. Ils font la sourde oreille à vos doléances ou à vos peurs. Pire, ils trouvent qu?il faut exercer un contrôle plus rigoureux sur ces radios qui vous donnent la parole. Une décision qui n?a pas sa raison d?être car les directeurs des radios privées se sont engagés à exercer un contrôle rigoureux sur les propos de certains intervenants trop excités. En cas de dérapage, l?IBA est là pour ramener auditeurs et radios dans le bon chemin. Eh bien, que cette institution fasse son travail !

Certes, chers auditeurs, certaines de vos paroles ont parfois dépassé votre pensée et ont blessé. C?est vrai. Certes, vous êtes parfois, un peu prompts, à vouloir utiliser la radio, la parole publique comme moyen de pression. Mais les nombreux problèmes résolus, les innombrables carences révélées dans des émissions comme Enquêtes en Direct sur Radio One ou Explik ou Cas sur Radio Plus, montrent que vous avez raison d?élever la voix et de vouloir vous faire entendre. Michel Meyer, écrivain et homme d?audiovisuel français, écrit que la parole des auditeurs est une ?image sonore? du pays. Plutôt que de vouloir sanctionner, nos hommes politiques devraient écouter ces paroles d?auditeurs.

Ce qui se passe aujourd?hui, nous ramène en mémoire, l?excellent film de Milos Forman, Larry Flynt, tiré d?une histoire vraie. L?Américain Flynt, directeur de publications très érotiques, s?est battu devant les plus hautes instances judiciaires américaines pour sa liberté d?expression. Au plus fort de la bataille, Flynt a déclaré : ?Je me bats aujourd?hui, pour que vous puissiez demain exprimer votre opinion.? La réaction des autorités, à l?approche des élections, prouve que les radios privées ont, plus que jamais, leur raison d?exister. Car si, aujourd?hui, la parole de ce ?peuple admirable? n?est plus bonne à entendre, les futurs bulletins de vote de ce même ?peuple admirable? seront bons à prendre, d?ici quelques mois !

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