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Mauritius Telecom fait une opération nettoyage
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Mauritius Telecom fait une opération nettoyage
Attention, on liquide. Mauritius Telecom (MT) est en pleine opération pour se défaire de plusieurs de ses filiales. L’opérateur national de télécommunications est en train de se débarrasser des actions de quatre des 13 compagnies dont elle est partie prenante. Deux d’entre elles, Southern Telecom et Teleserve, sont basées à l’étranger. Les deux autres, Consultel Ltd et Net Mauritius.com, sont incorporées à Maurice.
Dans les hautes sphères de MT, on explique que cet exercice cadre avec la nouvelle politique de l’opérateur. La compagnie souhaite se consacrer davantage à son core business, c’est à dire la téléphonie fixe, mobile et l’internet. “Ces compagnies ne correspondaient plus à notre philosophie”, indique une source chez MT. De plus, ces compagnies n’étaient pas très rentables.
Certaines étaient même nées sous la houlette du gouvernement à l’instar de Net Mauritius.com. Celle-ci a vu le jour en 1998. Créée lorsque l’internet commença à décoller, elle visait à offrir une plate-forme pour faire des transactions business-to-business en ligne. Il fallait également mettre en ligne les différents services du gouvernement. Air Mauritius, MT et la State Investment Corporation étaient associées dans l’affaire. Néanmoins, malgré un démarrage assez médiatisé, le projet devait rapidement prendre eau. Aujourd’hui, MT liquide les 21,5 % de parts qu’elle avait dans la compagnie.
Consultel Ltd avait une toute autre vocation. Celle-ci devait devenir un consultant en Technologies de l’information et de la communication ainsi qu’en Internet au niveau local pour aider d’autres entreprises mauriciennes à se développer. “Consultel n’a pas eu une longue vie. Le projet n’a pas marché”, dit une source chez MT. Par conséquent, la compagnie, propriété intégrale de l’opérateur mauricien, a été liquidée. En ce qui concerne Southern Telecom, c’est une toute autre histoire. Elle devait offrir à MT une expérience dans un marché libéralisé et donc compétitif. Mais, contrairement aux projections, Southern Telecom a eu du mal à se faire une place dans le paysage des télécommunications sud-africaines.
Cette joint-venture, où MT possédait tout de même 85 % d’actions avec une compagnie d’Afrique du Sud, avait pour vocation d’offrir des services à valeur ajoutée dans le domaine. “ça marchait tant bien que mal. Mais, maintenant que MT évolue dans un marché local fraîchement libéralisé, nous préférons vendre nos parts dans cette compagnie”, assure-t-on au niveau de la Telecom Tower.
<B>Conflit d’intérêts</B>
Teleserve était une joint-venture entre Mozambique Telecom et MT. Là aussi, il fallait offrir des services à valeur ajoutée et louer des lignes dédiées. Mais la tentation du gouvernement de privatiser son opérateur national de télécommunications a mis fin à l’aventure.
Comme MT était très intéressée à acquérir des parts de Mozambique Telecom qui étaient en vente, il y a eu un conflit d’intérêts flagrant selon le gouvernement de ce pays. MT a par conséquent été obligée de prendre ses distances de Teleserve pour pouvoir postuler à la reprise des parts de Mozambique Telecom.
La cure d’amincissement de MT devrait se limiter à ses quatre entreprises, souligne-t-on chez l’opérateur local. “Pour le moment, il n’y a aucune raison de se séparer de nos autres compagnies subsidiaires.”
PROJET
<B>Les employés de MT bientôt actionnaires</B>
L’actionnariat des salariés se concrétise. La compagnie la plus profitable de Maurice, Mauritius Telecom (MT) peaufine son projet et envisage de céder 1 % de son capital à ses employés.
Un comité conjoint composé des cadres de la MT et du ministère des Finances se penche en ce moment sur les derniers détails du plan. Le cabinet PriceWaterhouseCoopers avait au préalable entrepris une étude technique sur le projet.
Valeur du jour, le “shareholding” de la compagnie est comme suit : gouvernement, incluant le Fonds national de pension, 41 % ; France Télécom (FT), 40 % et la State Bank of Mauritius (SBM), 19 %.
Selon les termes d’un arrangement portant sur la distribution d’actions, c’est l’Etat qui cédera une partie de ses titres au personnel. Le gouvernement conservera toutefois le contrôle gestion de la compagnie. Il maintiendra ce contrôle aussi longtemps qu’il détient au moins 30 % des actions. Telle est une des conditions clés qui gouvernent l’accord entre MT et FT.
Le gouvernement compte beaucoup sur la réussite de cette opération pour mieux promouvoir sa politique d’actionnariat des employés. Avec l’“Employee share participation scheme” de MT, l’Etat entend donner le bon exemple. Il espère toutefois que les grosses pointures du privé lui emboîteront le pas. Tout récemment, l’entreprise Mauritius Union avait annoncé un plan d’ouverture du capital aux employés.
Dans le dernier budget, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, avait annoncé des mesures en vue de favoriser cette mouvance. L’objectif ultime est de favoriser, avec l’apport d’autres initiatives, une “equity culture” au sein de la population.
Au 31 décembre 2003, les capital et réserves du groupe s’élevaient à Rs 6,7 milliards. Les chiffres d’affaires générés sont de l’ordre de Rs 4,9 milliards et les bénéfices d’exploitation, Rs 1,5 milliard. Les profits post-impôts sont de Rs 1 milliard. Le groupe avait payé un montant de Rs 470 millions sous formes de dividendes à ses actionnaires. L’“Earnings per share” est de Rs 5.63.
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