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Les experts en construction se penchent sur la prévention

31 juillet 2004, 20:00

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Sur les lieux de l?explosion de Grand-Baie, ils sont nombreux à s?affairer. Dans les décombres se côtoient spécialistes de la force policière, experts scientifiques, tous à la recherche d?indices.

L?on rencontre également des ingénieurs, experts en bâtiments, qui viennent constater de visu l?étendue des dégâts. « L?explosion a été très violente, de gros débris de béton, faisant partie de la structure du bâtiment, ont été retrouvés de l?autre côté de la route. Et comme tout le monde, nous voulons savoir ce qui s?est passé », déclare Reychard Ramjan, ingénieur en chef au ministère des Infrastructures publiques (Mip).

S?il s?agit à première vue d?un accident isolé, ces spécialistes en construction s?interrogent toutefois quant à la prévention de tels accidents. « Faut-il revoir certaines normes de sécurité ? », se demande Hirendranath Rambhojun, architecte en chef au Mip.

<B>Plans soumis aux autorités</B>

Dans l?univers de la construction, les facteurs de prévention et de sécurité sont pris en compte à tous les niveaux, de la conception du bâtiment à l?achèvement des travaux, et au-delà. Par bâtiment, les ingénieurs entendent tout type de constructions, habitation simple, ensemble commercial ou immeuble. Les bâtiments de plus de deux étages sont les seuls dont les plans doivent être soumis aux autorités.

Mais quelque soit la catégorie, le design du bâtiment doit respecter nombre de codes pratiques et autres normes établies par différents services.

Les ingénieurs s?attardent sur les fondations, tout d?abord, qui varient considérablement selon la taille, la hauteur, le terrain de la construction et le poids, explique Reychard Ramjan. Ainsi, à tel poids prédéfini correspondra tel grade de béton pour le soutenir.

La structure dépendra également de l?utilisation du bâtiment, soit des renforts conséquents sur des sites à risques. Ce sera le cas, par exemple, d?un stade de football avec des gradins imposants pour soutenir une large concentration de personnes ; d?un hôpital avec des murs plus épais pour les salles de radiographie.

L?emplacement, sa proximité avec d?autres bâtiments sera aussi à surveiller. Si en ville, les hauts buildings sont généralement mitoyens, en zone rurale, il est obligatoire de conserver une certaine distance (de 900 millimètres à 2 mètres) avec le bâtiment voisin. La structure devra également prévoir les emplacements des escaliers de secours, de cages d?ascenseur, de voies d?accès et de sorties, de systèmes d?extraction de l?air, dont le nombre et l?importance dépendront de la taille du bâtiment.

Une fois ces critères remplis et le permis de construction obtenu, des tests pourront être effectués sur le site. « Les ingénieurs responsables conduiront plusieurs tests, par exemple sur le béton ou le fer employé sur le chantier, avec le soutien du Mauritius Standards Bureau », ajoute Reychard Ramjan.

<B>Éléments à considérer : l?eau, le vent, le feu</B>

Pour renforcer cette construction, il existe des revêtements spéciaux pour le béton. « Contrairement aux idées reçues, le béton n?est pas étanche et pour peu qu?il soit associé au fer, l?eau représente un risque. C?est pourquoi, nous utilisons, du moins pour les travaux du Mip, un revêtement fait de fibre et de bitume », indique Hirendranath Rambhojun.

Une construction doit tenir compte de tous ces éléments : l?eau, le vent, le feu. Et là encore, les normes existent pour définir les moyens de parer aux caprices de la nature ou aux accidents.

Pour le feu, il est obligatoire de posséder des extincteurs, dont le type varie selon l?utilisation du bâtiment, ainsi que des réserves d?eau, un système anti-incendie, des portes coupe-feu.

Pour les immeubles plus importants, un ascenseur devra être strictement réservé à l?usage des sapeurs pompiers.À l?issue de toutes ces mesures, devra être mis en place un système régulier de maintenance qui veillera sur le bâtiment et ses différentes installations.

Même si Maurice peut se vanter de la rareté d?accident de construction, effondrement, incendies ou autres, l?accident de Grand-Baie, qui a coûté la vie à un jeune couple et fait 13 blessés, se doit de nous rappeler qu?on est jamais à l?abri et que la prévention et la sécurité doivent prévaloir.

Et dans cette optique, l?arrivée de la future loi ainsi que les efforts engagés dans l?officialisation des normes ne peut que nous rassurer.

<B>Vers un nouveau « Building Act » </B>

Que dit la loi existante sur les normes de sécurité relatives à la construction de bâtiments ? Pas grand-chose, selon les officiels du ministère des infrastructures publiques (Mip). Et pour cause, l?actuel Building Act date de 1919.

Malgré les nombreux amendements qui y ont été apportés, une loi répondant aux critères actuels de la construction et regroupant les normes déjà établies ou à établir, s?avère nécessaire.

C?est ce à quoi travaille en ce moment un comité spécial du Mip, composé d?ingénieurs, d?architectes, de pompiers, de géomètres, de représentants de municipalités.

Selon le président de ce comité, Hirendranath Rambhojun l?architecte en chef du MPI, « les normes sont là, mais il n?y a rien dans la loi. Nous allons combler ce manque en retravaillant le texte selon les lois internationales. Nous nous inspirerons notamment de la loi espagnole, qui est la dernière en date ». Aujourd?hui, les normes sont éparpillées dans de nombreux services. Un constructeur doit avoir le feu vert de telle autorité pour tel permis, puis de tel service pour l?aménagement du terrain... La loi retravaillée mettra tout cela à jour et assurera un bel avenir à la construction.

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