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On licencie, et après ?

31 juillet 2004, 20:00

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Il ne pouvait pas en être autrement. La nouvelle du licenciement de 900 employés de Floréal Knitwear ne doit pas vraiment surprendre. Car fabriquer de manière compétitive du tricot à Maurice relève désormais de l?exploit. Le groupe Ciel à travers sa filiale Floréal et une poignée d?autres usines locales y parviennent encore. Péniblement. Mais pour combien de temps ?

On sacrifie les marges tout en réduisant les coûts de production au strict minimum. Parallèlement on anime une course effrénée à la productivité de la main-d??uvre. Mais les Malgaches, par exemple, auront beau être moins productifs que les Mauriciens, les employer coûtera toujours bien moins cher. Le recours à cette main-d??uvre à travers la délocalisation devient donc inévitable. Mais quand on a ni les moyens, ni les opportunités, ni la volonté de délocaliser, on ferme boutique. Et on s?avoue vaincu devant la féroce compétition des usines d?Asie. Et dans tous les cas, on licencie. Et le sort des licenciés ? À ce sujet, les discours de politiques et de dirigeants d?entreprises sonnent souvent creux. Ils manient les concepts de redéploiement avec une dextérité impressionnante. À les écouter, tous les licenciés sont recyclables. Sauf que la réalité est toute autre, bien plus amère. Passé la quarantaine, un licencié du textile n?a qu?une faible chance de se faire réembaucher dans une autre usine. Suivre une formation pour apprendre un nouveau métier s?avère souvent plus compliqué que prévu. Le recyclage d?employés du textile devient donc problématique. Et c?est dans cette conjoncture que Floréal licencie.

La direction de l?entreprise parle d?un « d?un plan de mesures d?accompagnement professionnel avec des possibilités de formation et de recyclage ». On entend parler de job fair et de reskilling fair qui seront organisés pour les employés. Intéressants concepts ! Mais revenons aux réalités. Floréal prouvera sa responsabilité sociale seulement si elle arrive à proposer de réelles solutions de recyclages aux employés licenciés qui désirent reprendre un emploi. Sinon on s?embourbera dans le déluge de bonnes intentions qu?affichent le ministère du Travail et les employeurs aux lendemains des plans de licenciement. On licencie, et après ?

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