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Le bulldozer américain

31 juillet 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Je me suis rendu sur les lieux dès que j?ai appris la nouvelle. Je devais y aller. Ce qui se passe me touche vraiment. » À l?instar de Pripuran Singh Haer, le haut-commissaire indien à Maurice, les plus importantes ambassades du pays accordent un vif intérêt à l?explosion de Grand-Baie et à l?enquête sur son origine. Mais aucune ne s?est autant impliquée que l?ambassade américaine.

Contrairement aux autres, cette ambassade ne fait pas qu?observer. Elle participe activement, depuis dimanche matin, à l?enquête. Ses experts se sont intégrés aux équipes de la police scientifique locale, avec la bénédiction de l?hôtel du gouvernement. Pas moyen de parler aux experts, les autorités mauriciennes et américaines se renvoient la balle et font écran. L?ambassade américaine nourrit une volonté farouche de couper ses enquêteurs de la presse.

John Price, l?ambassadeur américian, a, lui, une autre parade. La responsable des relations publiques de l?ambassade fait savoir qu?il appartient au gouvernement mauricien de parler de sécurité, alors qu?on sait que les enquêteurs américains sont très actifs dans la recherche des causes de l?explosion. Quitte à susciter quelques grincements de dents parmi les enquêteurs locaux.

Pendant que Pripuran Singh Haer rechigne à commenter cette implication « C?est très difficile pour moi de commenter cet état de choses », Henri Vignal souligne la prudence maladive des Etats-Unis. « Chacun sait qu?après ce qui s?est passé le 11 septembre 2001, les Etats-Unis sont très sensibles à tout ce qui peut toucher de près ou de loin au terrorisme. »

Les ambassades françaises et indiennes étaient prêtes à offrir toute aide technique qui leur serait demandée. « Aucune demande ne nous a été faite », disent tour à tour Pripuran Singh Haer et Henri Vignal, l?ambassadeur de France. Ce dernier avait d?ailleurs officiellement proposé l?aide de son pays. « On m?a remercié de cette offre, pour l?instant on a jugé qu?on n?en avait pas besoin. »

Mais les ambassades françaises et indiennes n?en gardent pas moins une attitude positive. « La destination est toujours aussi sûre », affirment Haer et Vignal. Pour preuve, le très consulté site web Conseils aux Voyageurs du ministère des Affaires étrangères français n?a pas reçu de mise à jour spéciale après l?explosion de Grand-Baie. Un calme qui contraste avec l?hyperactivité des Américains !

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