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Betty Fisher et autres histoires avec Sandrine Kiberlain

30 juillet 2004, 20:00

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Deux femmes, deux mondes : Betty Fisher, une jeune écrivain de talent, qui découvre les joies de l?amour maternel avec son fils Joseph âgé de quatre ans ; Carole, une serveuse dans un bar de centre commercial, à qui la vie n?a pas fait beaucoup de cadeaux et qui ne sait montrer à José, son enfant, que rudesse et désintérêt. Le réalisateur Claude Miller réunit Edouard Baer , Nicole Garcia , Sandrine Kimberlain , Luck Mervil , Mathilde Seigner, dans ce film fort. Sandrine Kiberlain porte le film sur ses épaules.

Elle entre l??il coquin, s?assied au milieu du canapé, étend ses deux bras en crucifiée consentante, croise et décroise ses jambes comme savent le faire les femmes fatales imbibées de romans de Chandler. Cette apparition de Sandrine Kiberlain en call-girl dans Les Patriotes, d?Eric Rochant en 1994, fut le détonateur d?une carrière cinématographique encore jeune, mais déjà riche de scènes cultes. Deux ans plus tard, le César du meilleur espoir féminin récompensait sa prestation dans En avoir (ou pas).

Habitée, depuis toute petite, par l?envie d?être comédienne («Je faisais le pitre à l?école»), dotée d?une force intense héritée de sa famille d?origine polonaise, Sandrine Kiberlain a une préférence pour la comédie : «Je suis née dans l?humour. On m?a appris à ne jamais rien dramatiser, à toujours rester digne.» De son physique atypique, elle a fait un défi. A refusé de se faire refaire le nez : «C?est la différence qui fait l?acteur.»

On l?a souvent vue marcher au cinéma. Résolue. «Moi, j?suis capable d?aller très loin», disait-elle dans En avoir (ou pas), lors d?un entretien d?embauche. Sur un plateau, «je fonce», dit-elle. Ses metteurs en scène, ses partenaires sont épatés par la facilité avec laquelle elle «est» le personnage au moment où retentit le «Moteur !». «Je ne m?y prépare pas, avoue-t-elle. J?y suis d?emblée, comme quand je lis un livre. Ma seule approche est physique. Une façon de porter le costume... Un adjectif suffit à me mettre dans le bain. «Spontanée», «émotive», «libre» pour Rien sur Robert. Pour Betty Fisher, le film de Claude Miller, c?était «perdue», «battante». Ce que j?aimais dans La Fausse Suivante, d?après Marivaux, c?était cette idée de la féminité, le mystère d?une fille un peu androgyne qui se travestit en homme.»

Depuis qu?elle a été victime d?un accident cérébral, il y a trois ans et demi, depuis qu?elle a perdu son père, qu?elle est devenue mère, Sandrine Kiberlain confie aller «droit à l?essentiel. Elle se sent plus «sereine», plus «tranchante». «Ce que je jouais est devenu concret. Il y a eu des coïncidences infernales entre mes rôles et ma vie. Tout s?imbriquait. Le deuil de mon père quand je faisais Tout va bien, on s?en va, ma grossesse et mon accident après Betty Fisher, l?histoire d?une mère qui perd son enfant. Tout cela a changé ma perception des choses et mes perspectives.»

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