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Eamon règle ses comptes
Dans l'arène des jeunes artistes cherchant à se faire un nom, Eamon est un des rares à sortir du lot grâce à son originalité. Au lieu d'être un clone d'Eminem ou de Justin Timberlake, ce jeune New-Yorkais a mûrement réfléchi et décidé de lancer un nouveau genre : le ho-wop. «C'est la rencontre du hip-hop brut et du do-woop plus langoureux,» explique Eamon, avec un large sourire. «Je ne veux pas copier ce qui a déjà été fait. C'est lassant. Je veux être un original. Je veux sortir du lot.» Et c'est ce qu'il fait. Le nom d'Eamon est désormais associé au tube F--k It (I Don't Want You Back), l'hymne de tous les amoureux ayant été trompés. L'agressivité du hip-hop plaquée sur le rythme d'une chanson d'amour. Les paroles ne trompent pas. Eamon en veut beaucoup à sa copine et rompt avec elle.
«C'est une situation que nous avons tous connue, au moins une fois dans sa vie. Vous rencontrez une personne qui se sert de vous. Elle vous est infidèle et vous traite comme un vaurien. Vous avez le choix : vous vous écrasez ou vous dites non.» Le succès de F--k It (I Don't Want You Back) donne raison à Eamon. Il se place depuis deux mois dans les premières places des charts aux Etats-Unis et en Europe. Il faut ajouter à cela, un passage en boucle sur toutes les plus importantes radios américaines. «C'est incroyable,» raconte-t-il fièrement. «Quand j'ai fait ce disque, je voulais qu'il plaise. Que les gens allaient l'écouter. Mais avoir un rêve est une chose mais le voir se réaliser en est une autre.»
F--k It (I Don't Want You Back) a certes révélé Eamon au grand public mais il est artiste depuis l'âge de neuf ans. Il a souvent été vu sur scène aux côtés de son père, leader d'un groupe de doo-wop. A 15 ans, Eamon rencontre le producteur Milk Dee. Ses protégés se nomment MC Lyte, Janet Jackson, Mary J. Blige et Sinead O'Connor. Le courant passe immédiatement entre eux.
<B>100% vrai</B>
Une alchimie qui produira I Don't Want You Back, ce premier album, prometteur, d'où est extrait F--k It (I Don't Want You Back). «On y trouve de la musique que je veux faire écouter à beaucoup de personnes. Nous avons travaillé dur pour sortir un album sur lequel chaque chanson est meilleure que la précédente.»
I Don't Want You Back est ancrée dans le quotidien. «C'est vrai, admet Eamon, il n'y a aucun intérêt à faire de la musique si ce n'est pas pour chanter ce qui est 100 % vrai. Je parle de relations, des coups durs, des bonheurs de la vie. Je raconte cela du point de l'homme et de la femme. Tout le monde peut s'identifier à ce que je chante.»
Le jeune chanteur ne s'est pas contenté de ce succès. Il a fait connaître son ho-wop aux quatre coins des Etats-Unis, avec un show dynamique. Au passage, il s'attire de nombreux fans. «Il faut se bouger et montrer ce dont on est capable. J'adore être sur scène. Je prépare d'autres belles choses. Vous n'avez pas fini de m'entendre chanter.»
Il n'a pas cru si bien dire. Quelques mois après la sortie de F--k It (I Don't Want You Back), Eamon s'est vu plagier par Frankee. Avec FU Right Back, la jeune fille rend la monnaie de sa pièce à Eamon ... sur la musique de F--k It (I Don't Want You Back). Une aubaine pour les journaux et les radios.
Cette parodie ou «dis track» fait naître une histoire de jalousie et de vengeance entre les deux artistes. L'un profite du succès et de la notoriété de l'autre. Une rivalité est née par chanson interposée. Frankee, en matière de langage cru, n'a rien à envier à Eamon. FU Right Back raille les performances sexuelles d'Eamon. La presse s'empare de l'affaire : une amoureuse éconduite qui s'offre une vengeance publique et en chanson.
Eamon prétend d'abord ne pas connaître Frankee. Cette dernière n'hésitera pas à le traiter de menteur. Au bout de quelques semaines de passages à la radio, Eamon a admis le pot aux roses. Il a avoué, à la télé, que Frankee a été engagée par sa maison de disques pour chanter une réponse au single d'Eamon. But du jeu : donner l'illusion d'une grande querelle d'amoureux. «C'était une première. Je connais, c'est vrai, des filles qui auraient été prêtes à chanter FU Right Back. Mais je n'ai jamais rencontré Frankee de toute ma vie. Je ne suis pas sorti avec elle. C'était une blague.»
Eamon raconte qu'il a donné son aval aux paroles de FU Right Back, avant sa sortie. Il aurait été pris à son propre jeu en apprenant que Frankee déclarait, à la ronde, qu'il avait été son petit ami. «C'était assez rigolo. Ma tante m'a même appelé pour me demander si elle était vraiment mon ex-petite amie. L'important, c'est qu'à chaque fois que FU Right Back est joué, je touche de l'argent.»
<B>La version de Frankee</B>
Méfiez-vous de la colère d'une femme bafouée.
Méfiez surtout de sa vengeance ! Ignorant les révélations d'Eamon, Frankee, jeune New-Yorkaise de 20 ans, maintient qu'elle est bel et bien son ancienne petite amie. Munie d'une plume et d'un vrai talent, elle s'est aussi fait une place dans les charts.
FU Right Back a attiré l'attention de grands producteurs, ayant travaillé auparavant avec Mariah Carey ou R. Kelly et d'auteurs ayant écrit des tubes pour Janet Jackson ou B2K. Tous se sont retrouvés sur The Good, The Bad, The Ugly, le premier album de Frankee, sorti il y a quelques semaines. Le titre révèle l'intention de la jeune femme : explorer tout un éventail de relations humaines. L'album révèle une autre facette de Frankee : celle d'une femme mûre.
«Toutes les chansons ne sont pas autobiographiques, explique-t-elle. Certaines racontent des situations que j'ai connues à travers mes amies. D'autres ont été écrites pour moi. Le plus important, c'est que chaque chanson est authentique. On y croit.» Avec The Good, The Bad, The Ugly, Frankee espère toucher une audience diverse, fan de pop et de r ?n? b.
La jeune femme a des points communs avec Eamon. Elle a commencé à chanter quand elle était très jeune, dans la chorale de son quartier. Sa voix impressionne.
De fil en aiguille, Frankee se retrouve à étudier la chanson et la danse à Broadway, à New York. Brillante élève, elle obtient une bourse d'études en Floride, à laquelle elle renonce pour se consacrer à la musique. «Je ne conseille à personne de faire comme moi. Mais, je sais que je devais retourner à New York.» Ses instincts ne l'ont pas trompée. Frankee trouve rapidement une maison de disques. Son album est plein de bonnes surprises. Outre FU Right Back, l'on apprécie des titres, plus soft comme How U Do, Who The Hell Are You et I'm Leaving. Des titres démontrant que Frankee connaît d'autres émotions que la vengeance. «Je travaille sur cet album depuis longtemps. J'ai fait de mon mieux pour trouver des chansons que j'aurais eu envie d'écouter. Un album dont je serai fière.»
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