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Oser pour le meilleur ou pour le pire ?

30 juillet 2004, 20:00

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Nouvelle génération, nouvelle mentalité, nouvelles m?urs. La tendance actuelle de Bollywood progresse vers le meilleur pour peu mais vers le pire pour beaucoup. Ce changement tend vers la provocation pour certains, à l?évolution pour d?autres.

Les récents films osés ont mis la population indienne en émoi quand ils ne l?ont pas poussée aux émeutes. Tout a commencé avec Hawas en début d?année. Shawar Ali, Meghna Naidu et Tarun Arora forment un trio d?adultères. Les acteurs se dévêtissent à outrance et souvent, trop souvent sans raison valable cinématographiquement. Karan Razdan réalise une pâle copie d?Unfaithful avec Richard Gere. Le film n?a pas fait recette et ne restera pas dans les annales, preuve que les films osés ne font pas forcément vendre.

Bollywood rafole des histoires extraconjugales ces jours-ci. Murder de Mahesh Bhatt en est la preuve. Mallika Sherawat et Ashmit Patel vivent une histoire immorale. L?actrice qui a embrassé dix-sept fois son partenaire dans Khwahish, pense «que le public indien acceptera ce genre de scène petit à petit.» Cependant, contrairement aux apparences, Murder n?a pas fait exploser le box-office. Le succès est relatif. Murder a attiré les foules pendant quelques jours et le film de Mahesh Bhatt est loin derrière de véritables succès tels que Main Hoon Na, Kal Ho Naa Ho ou Khakee. Les producteurs font beaucoup de publicité, parfois mensongère, autour des films osés pour faire fructifier leur denier, généralement il y a beaucoup de bruit pour rien.

C?est sans doute Karan Razdan qui a le plus pris de risques avec le sulfureux Girlfriend. Isha Koppikar et Amrita Arora vivent une histoire d?amour interdite : une femme aimant une femme. Comme on pouvait s?y attendre, dès sa sortie, Girlfriend s?est attiré les foudres de l?opinion publique. Les affiches du film ont été déchirées, les cinémas saccagés et des groupes extrémistes proférant des menaces contre les propriétaires des cinémas.

Les m?urs sont aussi implantées chez le public indien que les racines profondes d?un vieil arbre. Les gens veulent du divertissement, des chansons rythmées, des danses entraînantes et surtout une belle histoire d?amour, plus qu?autre chose.

Nul doute que Bollywood évolue. Mais n?est-elle pas en train de tuer la poule aux ?ufs d?or en voulant faire du cinéma occidental et délaisser délibérément les valeurs auxquelles sont attachées le peuple indien ? Amitabh Bachchan s?est interrogé sur cette évolution récemment. «Je suis persuadé que Bollywood à l?heure actuelle a trouvé la bonne formule. Il nous faut continuer à promouvoir notre culture à travers les films. Notre cinéma est unique et il plaît. Il est reconnu internationalement. Alors pourquoi vouloir imiter les autres ? Pourquoi s?obstiner à changer ce qui est bien.» La déclaration d?Amitabh Bachchan n?est pas dénuée de vérité. Bollywood s?exporte à cause de sa particularité, changer est à leur risque et péril. Jean-Michel Rey, directeur de Rezo Films et un des plus grands distributeurs français reconnaît : «Bollywood est ce qu?il y a de mieux dans le genre.» A vouloir trop imiter les Occidentaux, la plus grande industrie cinématographique au monde risque de se brûler les ailes.

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