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Dix huit ans de prison pour avoir brûlé sa femme
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Dix huit ans de prison pour avoir brûlé sa femme
Il se droguait, il était chômeur et il battait sa femme, Amina. Mais Mohammed Yousouf Rujub l?aimait. Malgré tout, leur histoire d?amour a fini en tragédie car il a immolé sa femme. Trois ans plus tard, il est condamné à 18 ans de servitude pénale. Leurs deux enfants se retrouvent sous la garde des grands-parents. Rétrospective d?un drame dans lequel toute une famille a été brisée. A cause de la pauvreté, de la drogue et de la colère.
La juge Premila Balgobin qui siégeait à la cour d?assises hier a statué : même si Mohammed Yousouf Rujub est plein de remords, il mérite de passer les prochaines 18 années en prison pour avoir assassiné sa femme.
Tout commence lorsque Yousouf Rujub perd son emploi. Impuissant, en colère, et ne pouvant faire face à son ?échec?, il se met à la bouteille. La drogue ensuite. Un cercle vicieux : la drogue et l?alcool coûtent cher et il lui faut de l?argent. La seule source de revenu dans le foyer est Amina qui travaille en tant que secrétaire dans une firme privée à Port-Louis.
Mais il n?y avait pas assez d?argent pour Yousouf. Ce dernier empruntait ainsi par-ci et par-là. Amina se bagarrait donc souvent avec son mari.
Un jour, la situation financière de la famille, gérée par Amina, atteint un point de non retour. Amina finit par exiger que son mari lui rembourse l?argent qu?elle lui a prêté. La jeune femme est alors âgée de 25 ans.
?Kan mo ti rant lakaz sa zour la (2 janvier 2001), monn zoine ar li (Amina) ek linn demann mwa so kas. Monn dir li pena. Linn maltret mwa (?) ek linn dir mwa mo na pa pou kapav met dife ar li. Li ti pe telman fatig mo latet ki ariv enn momen, mo pann kapav tini sa maltrete la??, raconte Yousouf en cour. C?est là qu?il saisit une bouteille d?alcool et des allumettes que lui tendaient Amina et l?immole alors que cette dernière le nargue en même temps.
?Mo regrete seki finn arive, mo sagrin monn perdi li?? Mais le mal est fait, Amina succombe à ses blessures deux jours plus tard à la Burns Unit de l?hôpital Victoria à Candos.
Auparavant, alors que la police l?interroge, Amina, affirme qu?elle s?est accidentellement brûlée lors de l?explosion d?une bonbonne de gaz. Mais sa fille Nouzma, agée de 3 ans à l?époque, témoin de la violente scène, a tout raconté à son grand-père maternel.
Yousouf sera ainsi écroué lorsque le grand-père maternel consigne une déposition contre son gendre. Yousouf passe immédiatement aux aveux. Il plaide coupable à une charge d?assassinat aux assises.
?Amina ti trop content so mari, get ki finn arive?, affirmait son père trois ans de cela. Aujourd?hui, il n?est plus triste. C?est la colère qui domine ses sentiments. Colère envers un gendre qui a failli à son devoir, celui de protéger Amina. Colère également car sa fille et ses petites-filles, Yusra, âgée de 5 ans à l?époque et Nouzma se faisaient battre également.
La sentence de 18 ans n?est pas suffisante, estime Bhoodavi Chooranah, mère de la victime. ?Li pou sorti apre li, mwa mo tifi pa pou revini?, dit-elle, amère. ?La justice ne lui rendra pas Amina?, nous dit un proche de la famille.
Du côté des Rujub, l?on est aussi en rogne. Contre un système de justice qu?ils estime est ?à deux vitesses?. ?Parie si li ti ena kas, li pas ti pou gayn 18 ans?, lance la s?ur de Yousouf Rujub.
L?avocat de la défense, Rashid Daureeawoo avait de son côté insisté sur le fait que Yousouf avait un casier vierge. Qu?il était dépendant de la drogue et qu?il s?est repenti. ?La cour en a tenu compte?, a répondu la juge Balgobin.
Yousouf Rujub a demandé à purger sa peine à la prison de Grande-Rivière au lieu de celle de Beau-Bassin. ? Mo finn fer boukou lenemi laba?, a-t-il dit. Tête baissée, le condamné s?en va purger sa peine. Sa vie, telle qu?elle était avant la drogue demeurera sans doute à jamais un souvenir.
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