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Le Travail met à la porte la MSPA
La crise budgétaire peut être derrière nous mais le feu couve toujours sous la cendre et le moindre vent mauvais peut le communiquer aux brindilles qui traînent ici et là. C’est ce qui se passe en ce 27 juillet 1979. Les dirigeants de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) ont rendez-vous au bureau de Yousuf Mohamed, ministre du Travail. L’agenda déplaît à tous les participants, y compris ceux de la partie gouvernementale. Une fois de plus, le gouvernement ramgoolamien se montre hypergénéreux avec l’argent des autres, celui des gros producteurs sucriers en l’occurrence. Pour désamorcer la grève si opportune déclenchée par la Plantation Workers Union et consorts, il a accordé généreusement des fringe benefits aux employés des établissements sucriers. Cette générosité se fait à l’insu de Yousuf Mohamed alors en voyage à l’étranger. Ses officiers ne sont pas non plus à la fête. A leur avis, la grève de la PWU était illégale et ne devait pas, de ce fait, donner lieu à des négociations et encore moins à des concessions. Mais comment faire comprendre cela à des politiciens démagogues.
L’irritation de la MSPA est à son comble. L’industrie sucrière roule à perte. Ses pertes financières s’accumulent. Ne voilà-t-il pas qu’on lui colle une autre ardoise annuelle d’avantages marginaux à payer à ses employés. On chipote quelque peu sur le montant. Mais l’accord se fait autour de Rs 22 – 23 millions. Puis soudain, les propos deviennent aigres-doux. Des plaisanteries sont mal accueillies. Le ton s’envenime. Yousuf Mohamed en vient à reprocher aux dirigeants de la MSPA quelques-uns de leurs propos. Ces derniers ne gardent pas non plus leur langue dans leur poche. On passe alors à l’échange de propos vifs. Yousuf Mohamed ordonne à Serge Staub, directeur de la MSPA, de quitter son bureau. La querelle reprend de plus belle. Cette fois-ci c’est toute la délégation qui est sommée de quitter les lieux sur le champ. On manque même d’en venir aux mains. Bref, tout ce qu’il faut pour que le secteur privé souhaite la fin du régime travailliste.
C’est que le PTr, ou plus exactement ce qu’il en reste de décisif (Jagatsingh, Walter, David, Ringadoo), n’a plus l’intention de faire des cadeaux au secteur privé, qu’il accuse d’être de mèche avec la contestation. Le cri de guerre est : “Supprimons la classe des privilégiés”. James Burty David et Kher Jagatsingh annoncent l’avènement d’une nouvelle société où le travail sera humanisé. Le travailleur ne sera plus un outil entre des mains capitalistes. Le lieu de travail sera humanisé. Le PTr n’a pas de leçon de socialisme à recevoir des capitalistes n’hésitant pas à recourir au chantage le plus odieux. La lutte se poursuivra jusqu’à la libération totale.
La contestation a été enfoncée dans le pied du PTr pour l’empêcher, depuis décembre 1976, de mettre en pratique son programme socialiste. Le PTr demeure le seul parti pouvant améliorer les relations capital – travail. Le seul parti à pouvoir transformer le pays. Que ses adversaires se le tiennent pour dit. Le PTr s’est débarrassé du cancer de la contestation. Il a désormais les mains libres pour engager les réformes les plus radicales et ne s’en privera pas. Le socialisme est ancré au cœur même du PTr. Il n’est pas de ceux qui abusent d’un vocabulaire socialiste pour donner le change aux gogos.
Kher Jagatsingh critique le choix de certains candidats aux élections du 20 décembre 1976. L’aurait-on écouté, quand il défendait Oomashankar Hawaldar et le Dr Woodun, que le PTr aurait de nouveau obtenu une majorité absolue avec au moins 37 sièges. Il prévoit pour bientôt un Syndicat des sucres sous contrôle de l’Etat.
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