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Les « p?tites méthodes » policières de P.-Magnien
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Les « p?tites méthodes » policières de P.-Magnien
Banuduth Ramgoolam reproche à des policiers de Plaine-Magnien de le harceler. Ils n?auraient pas apprécié qu?il veuille déposer contre un voleur de bouteilles.
En effet, Banuduth Ramgoolam, chauffeur de taxi de Plaine-Magnien, estime aujourd?hui qu?il aurait mieux fait de se taire. Il affirme que sa vie est un enfer depuis qu?il a dénoncé un vol au poste de police. « C?est le monde à l?envers. Je rapporte un délit et c?est moi qu?on tourmente en fin de compte ! »
Cette sombre affaire commence le 17 mai, en début de soirée, lorsqu?il surprend dans sa cour deux habitants du village en train de voler des bouteilles de bière vides. La lumière du néon lui permet de reconnaître les malfrats. Les deux hommes s?enfuient, mais Banuduth parvient à en attraper un au collet. Il s?agit d?un récidiviste bien connu dans le quartier. Comme il habite à deux pas du poste de police, il s?y rend, en tenant fermement le délinquant.
« Un vol est un vol, même s?il s?agit de bouteilles vides. C?est une question de principe », souligne-t-il, en ajoutant que sa famille a déjà été victime de larcins dans le passé. Arrivé sur les lieux, il informe les cinq policiers présents qu?il veut faire une déposition en bonne et due forme.
« Pena case sa », aurait alors répondu l?un des agents. Ce dernier lui aurait alors confié qu?il connaît le personnage. « Polisie-la dir moi so kamarad sa. Me mo finn insiste, lerla linn dir mwa pa implik so kamarad, ek mette zis nom sa lott dimounn kinn sauve la. »
« Séquestré » pendant plus d?une heure
Finalement, il cède devant l?insistance des forces de l?ordre, avec dans l?idée de les poursuivre plus tard. Mais les choses se corsent quand les policiers, dit-il, lui demandent de faire un statement le soir même.
Le refus de Banuduth Ramgool aurait alors irrité les agents. « Zot finn blok mwa endan, inn ferm comptwar ek la port derier. Zot inn zur moi. Mo pé refuze mem, lerla zot dir mwa signe enn papie blan et ki zot pou rempli li pou mwa. Mais mo pa finn dakor. » Il affirme qu?il aurait été « séquestré » pendant plus d?une heure.
Le chauffeur de taxi n?est pas encore tiré d?affaire. Un peu plus tard, le même soir, alors qu?il est en compagnie d?un ami près du terrain de football, il est interpellé. « Emergency Response Service finn met menot ar mwa ek finn amenn mwa stasion pou fer alcootest. » Une fois au poste, il dit avoir subi les commentaires narquois de ceux auxquels il avait tenu tête plus tôt. « Zot dir mwa to fer mari avec gard, aster to pou kone. » L?alcootest se révélera toutefois négatif.
Une semaine plus tard, l?un des policiers de la localité se rend à son domicile pour lui remettre une Form 3. Il s?agit d?un formulaire qui contraint un automobiliste à produire son permis de conduire dans les plus brefs délais. Il se plie aux ordres et montre ses papiers au poste de Plaisance.
Depuis cet incident, Banuduth Ramgoolam n?a plus confiance en la police. « Mo pa kompran kuma zot kapav azir kumsa. Se enn abu de puvwar flagran. Si mo ti kone mo pou gaign tu sa problem la, mo ti pou less voler la ale. »
Ce chauffeur de taxi ne compte pas en rester là, car il ne veut pas qu?une autre personne soit victime de ce genre d?abus. Après avoir fait une déclaration à la CID Sud, il a effectué une déposition à la Commission des droits de l?homme où il doit être entendu bientôt.
« Je constate un nombre de plus en plus important de cas dénoncés », déclare Jean-Claude Bibi, l?avocat de Banuduth Ramgoolam. Mais, poursuit l?homme de loi, cette politique d?impunité contre les policiers n?a jamais cessé. « Dans la plupart des cas, il n?y a aucune conséquence juridique. En trente ans de carrière, j?ai vu seulement cinq policiers être poursuivis. Il faudrait amender la loi pour que la Commission des droits de l?homme soit habilitée à poursuivre les policiers trouvés coupables à travers le Sate Law Office. »
Le bureau de presse de la police ne souhaite pas faire de commentaire à ce stade. « L?affaire sera sûrement référée au Complaints Investigation Bureau. En attendant, nous souhaitons que l?enquête se poursuive en toute tranquillité. »
Espérons que le chauffeur de taxi retrouvera, lui, la tranquillité?
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