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Leçons du dernier sondage
La publication, dans notre précédente édition, des résultats du baromètre politique Synthèses-l?express dimanche » a cette fois encore provoqué des réactions tordues et excessives de la part de l?opposition. Quelles leçons faut-il en tirer ?
D?abord il faut convenir que les remarques des hommes politiques sont tributaires des résultats du sondage d?opinion. Si ceux-ci leur sont favorables, alors nos politiques encensent, se congratulent et remercient ad infinitum la population pour la confiance placée en eux. Un peu comme Pravind Jugnauth a accueilli le dernier baromètre.
Si les résultats se révèlent défavorables, alors le discours évolue, le ton monte, et la contestation devient démagogique et insultante. À la manière des travaillistes qui traitent une nouvelle fois le sondage de « bidon », arguant que « Maurice, contrairement à la France, n?est pas prête pour des sondages. »
En mars dernier, leurs attaques étaient encore plus viles : ils avaient même accusé le sondeur Synthèses et son client l?express de vouloir « manipuler l?opinion ». Dans son délire d?alors, l?opposition, forte de sa victoire à la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart, s?était même permis de s?attaquer à la méthodologie utilisée par les spécialistes de Synthèses, selon eux, « dans une stratégie de propagande pro-gouvernementale ».
Les travaillistes ont tout faux. Si le baromètre indique effectivement que l?alliance gouvernementale devance ponctuellement celle de l?opposition, une lecture plus attentive permet de constater que celle-ci gagne du terrain depuis avril 2003 et réduit progressivement son écart.
De même, le sondage indique que le MMM perd sept points (ce qui est considérable) et le PTr seulement un point. Le seul parti qui progresse est le MSM (+2 points), or son taux demeure relativement faible (12 %), comparé aux mauves (23 %), qui sont talonnés de près par les rouges (21 %). Comme Premier ministre, Paul Bérenger accuse une baisse de trois points, alors que le leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, gagne huit points. Autant d?exemples qui illustrent l?importance de relativiser.
Au lieu de contester puérilement l?utilisation du téléphone pour sonder (méthode employée de par le monde puisqu?elle est très fiable), les rouges doivent savoir que, plus que dans les résultats actuels, la pertinence réside dans la durée, ce que les sondeurs appellent la tendance longue. Et celle-ci indique que la dynamique se trouve dans leur camp. Peuvent-ils comprendre cela ?
À 15 mois des prochaines législatives, les résultats sont riches en enseignements. Bien évidemment, il faut les analyser dans leur contexte donné et ne pas en tirer des conclusions hâtives et passionnées. Une élection partielle de gagnée et une grosse foule à un meeting ne sont pas comparables à un sondage d?opinion effectué de manière scientifique, sur le plan national. En revanche, le sondage, qui n?est pas une fin en soi puisqu?il est appelé à évoluer, fournit des renseignements utiles au public. Des renseignements dont se gavent politiciens, hommes d?affaires, publicitaires, entre autres, pour orienter leur stratégie future.
Les baromètres politiques, vulgarisés par l?express, sont incontournables. La mesure des rapports de forces en présence, un exercice normal auquel se livrent tous les importants journaux du monde entier, est primordiale pour aider la société à mieux se cerner, n?en déplaise à nos politiciens.
Mais ces informations vitales évoluent au fil du temps qui passe. D?où l?importance de faire des sondages sur une base régulière. Il reste à souhaiter qu?au fil des baromètres, les réactions soient de moins en moins épidermiques?
Si l?on commence à s?habituer aux sondages d?opinion, c?est la démocratie qui gagnera des points. Et c?est la démagogie qui régressera.
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