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Des menaces de mort au Parlement contre Boodhoo

4 juillet 2004, 20:00

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Intervenant après le discours budgétaire de Me Yousouf Mohamed, ministre du Travail, Harish Boodhoo réclame la parole et révèle au Speaker, Me Ramesh Jeewoolall, qu?un incident, dont il se considère la victime, vient d?avoir lieu dans les couloirs de l?Assemblée législative. Un haut fonctionnaire a proféré des menaces de mort contre sa personne et l?a insulté en présence d?autres députés, de journalistes et de policiers.

Harish Boodhoo déclare avoir retenu les menaces suivantes : ?Mo pou bèse li ène coutte balle... Mou pou touille li... Même si mo bizin faire dix ans prison mo faire fout...?. Il réclame par conséquent un ruling que le Speaker lui promet sur le champ.

Le lendemain, le Speaker fait savoir que les menaces, qu?aurait proférées un haut fonctionnaire, pourraient constituer un outrage au Parlement si les témoignages le confirment. Il demande au Leader of the House de présenter une motion demandant au ministre de la Justice d?ouvrir une enquête à ce sujet. Sir Seewoosagur Ramgoolam s?exécute sur le champ et sa motion rallie l?unanimité.

Le Speaker fait toutefois remarquer que Harish Boodhoo n?était pas présent au moment de l?incident et que les menaces, proférées à son encontre, lui ont été rapportées. Le prima facie case est cependant plausible.

Le haut fonctionnaire, un proche de Sir Veerasamy Ringadoo, occupe d?importantes fonctions dans le secteur touristique.

Cet incident fait passer au second plan la campagne de conscientisation de Sir Satcam Boolell pour sortir l?île Maurice et l?industrie sucrière de l?ornière. Il rend compte de sa dernière mission à Bruxelles. Celle-ci a bénéficié d?un ?gentleman?s agreement? avec l?opposition parlementaire MMM. Pour permettre au ministre de l?Agriculture d?aller défendre les intérêts mauriciens dans la capitale belge, ce parti a accepté qu?un de ses députés s?abstienne à l?heure de tout vote afin de ne pas exercer une pression additionnelle et déloyale sur une majorité parlementaire fragilisée par l?absence motivée du ministre de l?Agriculture.

Ce dernier fait entendre le langage de la vérité pour mieux souligner l?urgence de la situation. Il présente la nouvelle convention ACP/CEE et le nouveau Protocole Sucre. Il fait appel à la nation et stigmatise l?attitude défaitiste de certains Mauriciens dont des décideurs et des producteurs sucriers. Invoquant les nombreux avantages de ces deux accords, il veut conforter la confiance des Mauriciens, au moment où tant de responsables perdent la tête et déclarent que le pays est au bout du rouleau. ?Nous devons combattre toute attitude défaitiste... La période est difficile... Elle l?est tout autant pour la plupart des pays, sauf peut-être les pays producteurs de pétrole... Maurice doit préserver son avance sur les autres pays sucriers des ACP... Nous faisons trop de politique... Nous nous empoisonnons l?existence... Nous ne faisons pas le travail que le pays attend de nous... Nous devons ramener notre niveau de vie à la hauteur de nos moyens.... A force de réclamer puérilement de la confiture, nous risquons de ne plus avoir, bientôt, ni pain ni beurre... Le pays doit se réveiller, travailler et non pas vivre dans un monde de fantasmes... Tout le monde veut des meilleurs salaires et des services essentiels gratuits... mais rien ne s?obtient gratuitement... Quand la situation sociale se dégrade, le climat social devient propice à des activités criminelles... La paix cède alors la place à l?anarchie.?

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