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Et Zeus balaya l?histoire d?un revers de la main?

4 juillet 2004, 20:00

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Rideau sur l?Euro portugais. La Grèce n?est plus un mythe : ils sont sur le toit de l?Europe ! La fête est finie pour le Portugal et s?est achevée dans la tristesse pour le pays organisateur. Mais que cette compétition a été envoûtante et déroutante jusqu?au bout !

La première qualité du sportif, c?est l?humilité et c?est la grande leçon que les Grecs auront administrée à la face du monde entier à cet Euro 2004. Personne n?avait prédit un tel dénouement et les joueurs grecs eux-mêmes rêvaient simplement de passer le premier tour en début de compétition?

Les Grecs ont probablement réussi, hier, à Lisbonne le plus grand exploit de l?histoire du football en éliminant, coup sur coup, l?Espagne au premier tour (1-1), la France tenante du titre en quart (1-0) et les deux équipes qui auront fourni le plus beau football en demi-finale et en finale : la République tchèque (1-0 après pro.) et le Portugal (1-0).

Il convient de donner un grand coup de chapeau aux incroyables soldats d?Otto Rehhagel, qui sont venus à bout du génial sélectionneur brésilien Luis Felipe Scolari et des stars du FC Porto.

La fête n?est certainement pas prête de prendre fin du côté d?Athènes, si l?on en croit ce que nous disait hier notre compatriote Stéphan Buckland, joint au téléphone après le meeting de Tsiklitirias, qui a suivi le match dans une ambiance de folie dans un hôtel sur l?île de Crète. L?euphorie grecque devrait se poursuivre jusqu?aux Jeux olympiques du mois d?août au cours d?une année 2004 placée sous le sceau de la Grèce qui gagne !

Les chants des supporters grecs et portugais résonnent encore dans nos têtes, des dizaines de souvenirs nous bercent que les stades sont déjà fermés ce matin? Une chose est sûre : l?Euro portugais peut se targuer de nous avoir tenus en haleine jusqu?au bout. Car le Mauricien a répondu présent en masse pour cet évènement qui a eu un impact quasi comparable à une Coupe du monde chez nous.

Le succès de cet Euro 2004 est grandement dû à la qualité du spectacle proposé, alors que, dans le passé, on ne retenait que quelques matches de très haut niveau par phase finale.

Et puis, la nouveauté du cru portugais 2004, c?est que les têtes de série habituelles ne font plus peur aux nations émergentes qui luttent désormais à armes égales. Après la Coupe du monde 2002, les spécialistes mondiaux du ballon rond se demandaient si le nivellement des valeurs constatées était seulement ponctuel ou indiquait une nouvelle tendance générale et durable.

On vient d?avoir un nouvel élément de réponse au Portugal où les grandes nations du football sont une fois encore rentrées à la maison prématurément (dans l?ordre : Espagne, Italie, Allemagne, Angleterre, France) comme ce fut le cas en 2002 (1er tour : France, Argentine, 2e tour : Italie, Espagne).

La Corée du Sud et la Turquie ont fait des petits : des Grecs olympiens fringants et impressionnants qui ont balayé sans vergogne l?histoire du football d?un revers de la main. C?est certain, le football ne sera plus jamais comme avant.

Toutes les petites nations du globe terrestre savent maintenant que les miracles existent à condition de posséder un sorcier du type Otto Rehhaggel (ce qui ne court quand même pas les rues?), des footballeurs bien préparés, très forts mentalement et que dame Chance vous donne un grand coup de pouce.

Quant aux grandes nations du football, elles vont devoir réviser leurs fondamentaux physiques, techniques et, surtout, tactiques, afin de réfuter l?horrible idée que, peut-être, leur âge d?or était bel et bien révolu?

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