Publicité
Evelyn Piat : ?Au rythme du temps?? et de la vie
Par
Partager cet article
Evelyn Piat : ?Au rythme du temps?? et de la vie
Evelyn Piat participe en ce mois de juin à la 22e Marche de la Poésie, qui se tient Place St-Sulpice, à Paris. Editeurs et poètes du monde entier y exposent et proposent leurs livres. Ouvert pendant 4 jours, jusqu?à minuit, cet espace accueille dans ses stands, outre la récitation de poèmes dans diverses langues, des pièces de théâtre et des spectacles.
Ula, une amie de l?artiste, Polonaise de nationalité mais vivant à Paris, apprécie son recueil de poèmes, ?Au Rythme du Temps??, publié en décembre 2002. Dès lors, elle lui conseille fortement de faire partie du Marché de la Poésie 2004. Etant en séjour au Quartier Latin en mai dernier, elle se soumet au formulaire fourni par l?éditeur Jean-Michel Place, l?un des organisateurs de la manifestation. Le livre est accepté. Et un stand trouvé : Poésie en Librairie. ?Au Rythme du Temps?? suscite un certain intérêt dans le public mais touche particulièrement les jeunes.
D?une image à l?autre, foisonnante, aux réminiscences tago-riennes, source et friande de la nature, une écriture aux visages de ?sables mouvants, d?étoiles éparpillées, de Pierres de Lune?? L?allusion récurrente à la terminologie des mouvements musicaux donne le tempo de cette communion. Poétique allégorique, à l??il émerveillé en quête d?absolu orchestré par une foi bâtie sur le roc. Ce sont là des instants de contemplation de la dernière décennie, transcrits sur le vif et retravaillés par la mémoire.
?Au Rythme du Temps?? est un bel objet cartonné, d?un gris lumineux discret, conçu par l?auteur. Il porte en couverture un soleil tournant, signé Corinne Piat, fille de la poétesse. Ce livre rassemble 18 poèmes, d?une police généreuse, aérant ainsi la lecture. Un recueil rehaussé d??uvres originales des amies d?Evelyne Piat, nommément Pauline Le Juge de Segrais, Alix Le Juge, Isabelle de Spéville, Corinne piat, Marie-Christine Pitot, Monique de La Vallée Poussin, Françoise Hardy et Geneviève Leclézio. Ernest Wiehe, son frère, aussi peintre, prête son concours à cet objet, qui serait, autrement, un livre de femmes. Le musicien y apporte toutefois le meilleur de sa part féminine.
Les poèmes d?Evelyn Piat sont publiés dans trois anthologies internationales : Esquisse de l?Ame, Journées Merveilleuses et A l?Ombre du Crépuscule. En 1998, la Bibliothèque internationale de Poésie a décerné à la Mauricienne le titre de ?Poète Emérite pour un talent artistique exceptionnel?. L?éditeur de l?instance, Howard Ely, qui a une succursale aux Etats-Unis, lui a fait parvenir une lettre de concours pour un texte en anglais. Son poème My Country est publié dans l?anthologie The Best Poems and Poets of 2003 de l?association.
Ne pouvant honorer l?invitation et se rendre au symposium de Washington pour recevoir sa coupe, elle recevra celle-ci par courrier ainsi que sa médaille, Poet of Merit Award ? International Society of Poets.
Extrait : ?Naissance? d?Evelyn Piat
(?) Comme la mer Emporte les voiles Comme le vent Dénoue les nuages, Comme les pas Tracent le sable (?) La musique Crée chez l?homme Un infini Chant de louange Qui fait naître Le poème.
PORTRAIT
Evelyn Piat de Ferret-la-Liberté
S?ur aînée d?Ernest Wiehe, notre jazzman notoire, Evelyn Piat a grandi dans le Nord de l?île, à Ferret, nichée entre de vastes champs de canne. Elle gambade au c?ur d?une campagne lumineuse, aux nappes de fleurs que butinent les abeilles. Avec un père apiculteur, l?un de ces insectes posé sur un nénuphar du bassin prend une valeur symbolique.
Une période difficile l?attend. On est en 1955. La scolarité lui impose le pensionnat car le couvent de Lorette de Curepipe est à mille lieues de Ferret. C?est lundi. Les gosses sont serrés corps et c?ur dans la voiture. A hauteur d?un ruisseau longé d?arbres, à Réduit, elle se sent ?délivrée?, comme aime le dire Evelyn, remontant pieds nus, en imagination, le ruisseau. ?Cette image me nourrissait pour ma semaine entière?, ajoute-t-elle. Mais les enfants retrouvaient les week-ends et lors des grandes vacances Ferret-la-Liberté.
?J?étais plus ou moins un cancre à l?école?, avoue-t-elle. L??il au loin, elle imagine des courses folles dans les arbres de la campagne familiale. Elle a alors 14 ans. Une petite opération la cloue en clinique. Elle reçoit un bouquet de roses parfumées d?un ami de son père. C?est le déclic. L?émotion est telle que le besoin irrépressible de la transcrire met en marche la rédaction de son journal.
A l?adolescence toutefois, ?gauche comme L?Albatros de Baudelaire?, elle se réfugie dans la musique qui, mieux que l?écriture alors, lui permet de rassembler sa substance. De parents mélomanes, elle tutoie Bach, Mozart et Beethoven. En Ecosse, dans les années 1960, elle découvrira, grâce à son mari étudiant, Dvorak, Mahler, Berlioz et Brahms. Aux concerts, ses week-ends se nourrissent des grands interprètes : Menuhin, Oïstrak?
Sa mère Simone Koënig-Wiehe, avide de beaux livres, est auparavant abonnée à la revue ?Conférencia?. L?adolescente, comblée, s?ouvre à l?espace littéraire. Elle dîne avec Baudelaire, rêve avec Verlaine? Plus tard, elle fréquentera Eluard, Aragon, Paul Fort? et après le mariage, Tagore, Gibran?
L?Ecosse renoue avec l?enfance fleurie. Le printemps tapisse sous-bois, vallées et collines de ?Bluebells of Scotland?. Les Marguerites dévalent l?été aux pentes ouvertes jusqu?aux collines automnales, couvertes de bruyère rose-mauve. De sa dentelle cristalline, l?hiver orne les forêts somptueuses. Lacs, ruisseaux et cascades affinent leurs partitions. L?écriture y trouve sa manne.
Assise sur une pierre, Evelyn, émue, se découvre au lieu même où le grand Rupert Birns écrivit son plus beau poème : ?The Birks of Aberfeldy (Les petites cascades)?. Revenue à Maurice, son ? jardin vacoassien?, aux arbres majestueux, l?enveloppe du miracle de l?éternel recommencement.
Mère de cinq enfants, elle attise, malgré certaines contraintes, sa passion. Elle crée ?Le Langage des Fleurs?, un spectacle pour enfants, véritable entremêlement de poèmes, de musiques et de danses. La comédienne Nadia Desmarais lui confiera le rôle de Masha ? pièce en un acte de Tcheckof ? monologue d?une durée de 25 minutes.
La présence de Dieu dans la vie d?Evelyn Piat est capitale dès l?âge de quatre ans.
Publicité
Publicité
Les plus récents