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Le poids limité du communalisme

3 juillet 2004, 20:00

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Ceux qui pensent que l?appartenance ethnique est le principal déterminant de l?adhésion des Mauriciens à un leader ou à un parti politique ont tort. Le baromètre Synthèses-l?express le prouve amplement. Les préférences exprimées apportent un démenti aux prétentions des groupuscules sectaires qui font croire qu?ils ont un soutien conséquent au sein des communautés ethniques.

Les chiffres sont éloquents. Ils démontrent que l?appartenance ethnique d?un leader politique ne pèse pas lourd dans le choix des électeurs. En dépit de la campagne teintée de communalisme lancée contre lui dans des milieux précis, Paul Bérenger recueille 70 % d?opinions favorables et obtient un soutien dans toutes les communautés.

Aucun leader politique ne réalise une performance dépassant 50 % dans une communauté spécifique. Paul Bérenger ne recueille que 42 % de préférence dans la population générale et Navin Ramgolam fait un score de 36 % chez les électeurs hindous. Il n?y a donc pas d?adéquation entre un leader politique et sa communauté d?origine. D?ailleurs, 67 % de ceux qui préfèrent Bérenger désignent Pravind Jugnauth comme une alternative au poste de Premier ministre. Cela confirme que les choix des électeurs ne relèvent pas prioritairement de l?identification communaliste.

Ainsi, la construction des préférences ne se fait pas sur des bases ethniques, mais politiques. Les réponses aux questions sur l?adhésion aux alliances le confirment. Le MSM-MMM, dirigé par un membre de la population générale, attire moins de 40 % de préférence au sein de ce groupe.

On note le même réflexe non-identitaire chez les électeurs hindous. L?alliance PTr-PMXD, menée par Navin Ramgoolam n?attire que 31, 5 % de préférence dans cet électorat, alors que le MSM-MMM dirigé par Paul Bérenger y réalise 39 %.

L?hypothèse d?une adhésion non-ethnique se vérifie au niveau des partis. Aucune formation ne recueille plus de 30 % de soutien au sein d?une communauté. Il y a même 26, 7 % de la population générale qui n?expriment aucune préférence, même si Paul Bérenger est Premier ministre. C?est le groupe le plus distant de la politique.

Ce n?est donc pas l?ethnicité qui détermine les préférences. Souhaitons que les politiques tiennent compte de cette réalité.

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