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« L?avantage donné à l?alliance gouvernementale est relatif »
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« L?avantage donné à l?alliance gouvernementale est relatif »
Le sondage donne un avantage à l?alliance gouvernementale alors que lors du meeting du 1er mai, c?est l?opposition qui avait réuni la plus grosse foule. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?
La plus grosse foule dans un meeting, ne peut pas être comparée au résultat d?un sondage d?opinion sur le plan national. Peut-être pourrait-on dire que l?opposition a une meilleure capacité de mobilisation de ses militants et sympathisants. Plus sérieusement, lorsqu?on examine les chiffres issus de notre sondage l?avantage donné à l?alliance gouvernementale est tout relatif. En effet, près de 20 % des personnes interrogées ne se prononcent pas, et on ne peut préjuger de leur comportement aujourd?hui en cas d?élection. Mais si vous analysez attentivement les chiffres de notre sondage, vous verrez que la dynamique se trouve du côté de l?opposition et non de l?alliance gouvernementale. L?opposi-tion gagne du terrain depuis avril 2003. Ainsi, en additionnant le score obtenu par l?opposition parlementaire avec celui des gens qui ne voteraient pour aucune des deux alliances, on note qu?en avril 2003 le poids de ceux qui ne voteraient pas pour l?alliance gouvernementale représentait 33,1 %, alors qu?en juin 2004, ils représentaient 39,5 %, une progression de plus de six points alors que l?alliance gouvernementale ne progresse pas.
Le sondage indique que le gouvernement recueille beaucoup d?opinions positives dans les régions rurales, alors qu?elle a été battue à une élection partielle à Rivière-du-Rempart?
Les régions rurales de Maurice ne peuvent être toutes assimilées à la seule circonscription de Piton-Rivière-du- Rempart. La région Nord, dans notre sondage, est plus vaste que cette seule circonscription électorale. En outre, il faut éviter des analyses un peu trop hâtives. Ce n?est pas parce que vous estimez que le bilan du gouvernement est positif que vous allez voter pour lui. D?autres considérations peuvent intervenir dans le choix définitif. Il n?est pas rare de voir des gouvernements être battus aux élections alors que leur bilan est plutôt positif (Jospin en France pour les élections présidentielles, et la victoire de l?opposition pendant les dernières élections indiennes).
Comment expliquez-vous que Paul Bérenger recueille un taux de satisfaction de 70 %, mais qu?il ne recueille que 32 % comme Premier ministre préféré ?
Le taux de 70 % indique le niveau de satisfaction vis-à-vis du Premier ministre, et il n?y a pas de choix possible puisqu?il n?y a un seul Premier ministre. Ce résultat indique qu?il n?y a pas de rejet de sa politique corroboré par le résultat du bilan du gouvernement. Le taux de préférence donne une autre information. Il met en concurrence trois personnalités et la personne interrogée est obligée de choisir. Ainsi, on peut ne pas être mécontent de l?action du Premier ministre actuel et préférer, dans le cadre d?un choix, une autre personnalité que l?on considère comme étant plus à même de remplir ce rôle. Il est tout à fait normal que les taux soient différents, puisqu?ils n?ont pas la même signification. Plus intéressant toutefois, il faut noter que comme leader de l?opposition Navin Ramgoolam renforce considérablement son niveau de satisfaction depuis avril 2003, gagnant 18 points sur une année et sept points dans la dernière période.
Propos recueillis par Jérôme BOULLE
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