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Chagos : pas d?action avant l?avis légal
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Chagos : pas d?action avant l?avis légal
Maurice ne veut pas brusquer les choses. Elle attend l?avis des juristes internationaux avant de décider ou non à se retirer du Commonwealth of Nations. Cette démarche s?inscrit dans le cadre de la décision de principe prise par le gouvernement de porter la question de souveraineté mauricienne sur l?archipel des Chagos devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye.
Le sujet a été débattu hier au Conseil des ministres. Il a été décidé de maintenir ce recours à la CIJ, à moins qu?entre-temps il y ait un développement positif du côté des Britanniques.
Avant d?agir, le gouvernement entendra les points de vue de M. Brownie, juriste international. Cet avis dira si Maurice peut recourir à la CIJ sans avoir à quitter le Commonwealth.
« Si en allant devant la Cour internationale de justice, nous mettons toutes les chances de notre côté, nous le ferons. La souveraineté du pays n?a pas de prix », a dit le Premier ministre, lors d?une conférence de presse, hier. « S?il faut quitter le Commonwealth, nous le ferons, même si ce n?est pas de gaîté de c?ur. Nous n?agirons pas dans la précipitation. Nous attendrons l?avis légal. »
Mais avant de solliciter l?avis consultatif de la CIJ, Maurice doit obtenir le soutien de l?Organisation des nations unies (Onu), seule habilitée à réclamer de tels avis. Les procédures ont donc été enclenchées pour qu?une résolution soit présentée à l?Assemblée générale de l?Onu. « Nous gardons espoir que nous n?aurons pas besoin d?aller à La Haye et qu?il y aura des développements positifs du côté de Londres. C?est pour des raisons purement légales que nous devrons quitter le Commonweath », explique Paul Bérenger. « Si notre résolution est mise au vote à l?Onu, elle sera adoptée. Et le Commonwealth est un club démocratique. Si on le quitte, nous ne perdrons pas grand-chose. »
Le 9 juillet, à Londres, le Premier ministre évoquera avec D. MC Kinnon, secrétaire du Commonwealth, les questions ayant trait à la revendication mauricienne sur les Chagos. A son retour, il tiendra Navin Ramgoolam informé des derniers développements. Le leader de l?opposition avait en effet souhaité être renseigné, en toute confidentialité, sur des questions d?intérêt national.
Deux récents décrets du Royaume-Uni interdisent aux Chagossiens l?accès à l?archipel, sans permission préalable des autorités britanniques. Les Chagossiens avaient pourtant obtenu, en novembre 2000, ce droit de retour devant la Haute Cour de Londres qui avait condamné l?expulsion des îlois par les autorités coloniales en novembre 1965.
Les juristes britanniques, consultés par Port-Louis, avaient conclu en mars dernier que le décret royal de 1965 excisant l?archipel était illégal.
Dès lors les Chagossiens ont poursuivi leur lutte et Maurice n?a cessé de revendiquer sa souveraineté. Son argument principal : le détachement des Chagos du territoire mauricien par les autorités coloniales de l?île est une violation de la Déclaration 1514 de l?Onu de décembre 1960 et la Résolution 2066 de décembre 1965. Celles-ci interdisent tout démembrement de territoires coloniaux avant leur indépendance. En raison de nombreuses « considérations amicales » avec le gouvernement britannique, Maurice s?est abstenue de porter l?affaire devant la Cour de La Haye.
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