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J. B. David désamorce la machine infernale capitaliste
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J. B. David désamorce la machine infernale capitaliste
Les clameurs se taisent. La vérité remonte à la surface. James Burty David donne sa version du vendredi noir de la désobéissance civile. Sa bête noire est, bien entendu, le MMM. Il reprend certains faits et établit sa rétrospective des événements.
12 juin 1979 : Ringadoo présente son budget.
14 juin 1979 : Le Peuple, l?organe du MMM, titre : ?Le vote du budget lié à la commission d?enquête sur la fraude et la corruption?. Autrement dit : le gouvernement nomme celle-ci et l?opposition mauve vole au secours de Ringadoo.
16 juin 1979 : le MMM parle, non pas de grève générale, mais de grève dans le transport.
17 juin 1979 : Harish Boodhoo lance l?idée d?une grève générale et le MMM change son fusil d?épaule.
22 juin 1979 : paralysie générale. Le Cernéen titre : ?Répétition de juillet 1974 !?
J.B. David explique ce qui, à ses yeux, s?est passé le 16 juillet 1974. Les patrons provoquent un ?lock out? pour contrer des mesures fiscales. Les firmes ?forcent? les employés à se mettre en grève. Celle-ci est habilement préparée. Le Travail étale ses revendications. Le Capital les récupère pour obtenir d?énormes avantages. Le MMM, opposition extra-parlementaire de l?époque, proteste. Quatre ans après, il condamne toujours cette mainmise patronale de la grogne des travailleurs. En juin 1978, au cours du débat budgétaire, Paul Bérenger fait ressortir que le secteur privé fut assez intelligent, en juillet 1974, pour mobiliser l?exaspération des contribuables pour obliger Ringadoo à capituler. Sur ordre des patrons, les entreprises du secteur privé ferment leurs portes, avec l?appui total du PMSD. En juin 1979, le scénario est le même mais Bérenger n?est plus le même. Les contribuables et des travailleurs ont un cas à défendre. La grosse finance noyaute le mouvement. Le MMM n?y voit que du feu. Il se laisse entraîné par le ?lock out? patronal. La droite réussit un coup de maître contre les travailleurs en se servant de leur propre force. L?opposition se mord désormais les doigts de honte et rougit de confusion. Il se rend compte à présent qu?il a participé à un travail de sape : Ramgoolam doit s?en aller ! Ringadoo doit s?en aller ! On prétend que la corruption est généralisée. Le patronat infiltre les syndicats. Le Parti Travailliste est attaqué de toutes parts. On exploite la colère des contribuables. Les patrons tirent les marrons du feu. La droite ébranle le gouvernement. C?est un coup d?Etat goutte à goutte. Tout est camouflé sous un slogan fallacieux : la désobéissance civile. La classe ouvrière comparera les quelques sous qu?elle a obtenus et les millions cédés à la haute finance. Enhardie, celle-ci revendique à présent la suppression des subsides. La vigilance est de mise pour que le MMM ne ?fane? pas, de nouveau, sur ordre du patronat.
Le secteur privé est trop occupé avec une hausse de seulement 1,5% du prix sucrier, offert par la CEE aux ACP, pour répondre à James Burty David.
Le gouvernement aussi à d?autres chats à fouetter. Le Comité d?Action Musulman (CAM) remet en question son appartenance à la coalition PTr/PMSD. Il envisage un congrès en septembre 1977 pour décider de son avenir politique. Ses porte-parole sont Suleiman Bhayat et ? Raouf Bundhun. Ils estiment que le CAM perd des points à rester dans l?ombre du grand frère travailliste. ?Nous ne sommes pas toujours à 100% d?accord avec nos partenaires. Nous le ferons de plus en plus savoir?.
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