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Icac : Les raisons de la colère
L?Icac reste une épine dans le pied de l?exécutif. Pendant deux jours, Paul Bérenger a laissé sourdre son irritation à l?égard de cette institution. Contrairement à la position adoptée l?année dernière par Sir Anerood Jugnauth, le Premier ministre a, cette fois, donné plusieurs renseignements sur les postes de dépenses de l?Icac. Il a, entre autres, révélé les salaires des commissaires et des autres membres du personnel.
Le chef du gouvernement a également laissé poindre son mécontentement par rapport au fonctionnement du comité parlementaire de l?Icac.
Cependant, à cause des exigences parlementaires, il a fini par voter le montant exclusif de la dotation inscrite pour l?exercice 2004-2005 au budget de l?Icac.
Paul Bérenger a annoncé qu?il compte en parler à qui de droit. Il a aussi ajouté que le gouvernement se propose d?amender le Prevention of Corruption Act. Selon des sources dignes de foi, l?amendement portera plus particulièrement sur les modalités à suivre par l?Icac pour obtenir des renseignements bancaires.
L?entourage du Premier ministre affirme que ce dernier, imité par plusieurs ministres, reproche à l?Icac « la crédibilité qu?elle accorde aux dénonciations anonymes et sa précipitation à avoir accès aux comptes bancaires des gens ».
Cette commission aurait sollicité auprès de plusieurs banques des renseignements sur les comptes d?une cinquantaine de personnes. Face à cette démarche, la réaction du secteur bancaire ne s?est pas fait attendre.
Ainsi, la Mauritius Bankers?Association a conseillé à ses membres de rechercher l?avis de leurs conseils légaux avant de donner suite à la demande de l?Icac. Une des principales banques se propose même de rechercher une interprétation de la Cour suprême. La Mauritius Post & Cooperative Bank Ltd, nouvelle venue dont le conseiller juridique se trouve être le Solicitor General, aurait choisi de se plier aux exigences de l?Icac. Une position contestée toutefois par l?Hôtel du gouvernement.
Un ministre, juriste de formation, estime que l?Icac devrait suivre les procédures du Banking Act et « respecter à la lettre la clause de confidentialité. Tout écart risque de créer plus de mal que de bien ».
Au point mort depuis six mois
L?Hôtel du gouvernement digère mal les dépenses de l?Icac. Il s?impatiente de voir le comité parlementaire mandaté pour veiller à sa bonne marche se remettre à l??uvre. Lors de son intervention, mercredi, Paul Bérenger n?a pas été tendre. « Unfortunately, the parliamentary committee is not really functionning? We must get value for money, we can?t continue giving Rs 110 m à l?Icac pour qu?elle continue de faner? enough is enough. »
Le comité parlementaire est au point mort depuis environ six mois. Il est boudé depuis le 20 janvier dernier par les cinq représentants de l?opposition, et même par certains de la majorité, à l?exemple de Françoise Labelle.
Cependant, malgré cette sortie du Premier ministre, le leader de l?opposition, autre membre de l?Appointment?s Committee présidé par Sir Anerood Jugnauth, s?est montré peu enclin à le suivre sur cette voie. Navin Ramgoolam s?est gardé d?intervenir à l?examen en comité de la dotation budgétaire de l?Icac. Il a laissé à Siddick Chady et à Madun Dulloo le soin de mener l?attaque. Il est de plus resté assis au moment du décompte des voix sur une proposition de Siddick Chady pour que le montant de Rs 110 millions allouées à l?Icac soit réduit d?une roupie.
Malgré certains signes d?énervement du côté de la majorité, il y eut là aussi très peu d?intervenants. La fronde est particulièrement venue de Veda Baloomoody et d?Ivan Collendavelloo. Il y a eu de plus une certaine confusion parmi les backbenchers de la majorité lorsqu?Ivan Collendavelloo et Françoise Labelle ont quitté l?hémicycle au moment du vote sur la motion de Siddick Chady.
Le Premier ministre peut continuer à tempêter autant qu?il veut. Pour que l?Icac et le comité parlementaire retrouvent de leur sérénité, il importe que les trois membres de l?Appointment?s Committee et les dix membres du comité parlementaire parviennent à un consensus.
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