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Beckham perpétue la malédiction anglaise

25 juin 2004, 20:00

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Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon les Anglais seraient morts depuis longtemps. Sinon comment expliquer qu?ils brûlent ceux qu?ils ont adorés de façon aussi systématique, soudaine et arbitraire ?

Hier, David Beckham était présenté à la Une des journaux anglais avec un drapeau blanc et la Croix de Saint Georges, c?était la veille de l?entrée en lice des Lions dans l?Euro 2004. Aujourd?hui, ces mêmes tabloïds interdisent au blondinet du Real Madrid de tirer le moindre penalty et lui font porter le chapeau de l?élimination anglaise après la traumatisante séance de tirs au but de jeudi soir face au Portugal, en quart de finale, et l?incroyable tir dans les étoiles de Becks.

« David Beckham must never go near a penalty kick again. Beckham struck the ball like a golfer duffing a wedge into the turf and shanking it away to the bunker », écrivait hier Shaun Curtis dans « The Sun ».

Le pauvre David, pourtant très actif face aux Portugais, devait se douter qu?il serait la cible du mécontentement de tous ses compatriotes le lendemain au moment où il glisse et manque le premier tir au but anglais, qui met la pression sur ses coéquipiers et conditionne forcément la suite (le Portugal gagne 6-5 après un ultime tir de Vassell, trop mou, stoppé par le Portugais Ricardo). Il faut dire que son cas s?aggrave avec trois ratés de suite (en Turquie en octobre 2003, contre la France dimanche 13 juillet et face à l?équipe hôte jeudi).

Finalement, la vie n?est qu?un éternel recommencement pour David Beckham. Le golden boy de Manchester United est cloué au piloris et détesté par toute l?Angleterre après son carton rouge contre l?Argentine, à Saint-Etienne, à la Coupe du monde 1998, et encore un quart de finale perdu pour la Rose?

Becks sera pourtant élevé au statut de dieu vivant et bête médiatique dans les années qui suivent, grâce à son pied gauche magique, sa vie de couple glamour avec sa Spice Girl, Victoria, et son transfert au Real Madrid.

Parce qu?ils encensent toujours David Beckham, les Anglais éprouvent le besoin irrésistible de le descendre en flammes dès qu?ils en ont l?occasion. Attendons-nous donc à le voir redevenir le héros et le sauveur de la nation d?ici à la Coupe du monde 2006 !

Par dépit et par frustration d?avoir perdu ses illusions de remporter un nouveau titre majeur pour la première fois depuis 1966 (!), certains médias anglais n?ont pas hésité à faire du héros Beckham un zéro, à insinuer que l?arbitre était vendu et à contester un but refusé à Campbell sur une faute évidente sur le gardien de but. Oubliant un peu vite que Becks ne fait que perpétuer la malédiction qui frappe les équipes anglaises dans les séries de tirs au but en phase finale.

Chris Waddle et Stuart Pearce inaugurent le « jinx » en demi-finale du Mondial 1990 en Italie, face à l?Allemagne, expédiant deux missiles sur les barres transversales. Gareth Southgate plonge le peuple anglais dans le trou noir à l?Euro 96, « when the game was coming home?»

Troisième série maudite face à l?Argentine, lors de France 98. Beckham est expulsé, l?Argentine arrache le nul (2-2) et David Batty rate son tir. L?Angleterre prend la porte. Beckham et Vassel ont écrit un autre chapitre funeste pour les sujets de sa Majesté jeudi dernier à l?Euro 2004. La tragédie shakespearienne se poursuit indéfiniment avec des stars qui tremblent toujours au moment décisif. C?est à se demander si le cycle infernal s?arrêtera un jour?

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