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Le quart des extrêmes
La France aura un titre à défendre et la Grèce tout à gagner ce soir lorsque les deux équipes s’affronteront au stade Jose Alvalade de Lisbonne dans un étonnant quart de finale de l’Euro 2004.
Les Grecs, qui n’ont jamais battu les Bleus – un nul, cinq défaites – se sont hissés à ce niveau de la compétition pour la première fois de leur histoire, 24 ans après leur dernière participation à un championnat d’Europe des nations.
“Nous avons gagné ce dont nous rêvions. Aujourd’hui, nous n’avons plus rien à perdre”, explique le sélectionneur allemand de la Grèce, Otto Rehhagel.
Pour en arriver là, la Grèce est sortie deuxième du groupe A après avoir battu le Portugal, fait match nul avec l’Espagne et perdu contre la Russie. Les troupes de Rehhagel, extrêmement disciplinées, ont joué sur leurs points forts : une défense hermétique et une jolie capacité à vite ressortir de son camp pour lancer des contre-attaques.
Typiquement le genre de jeu que déteste l’équipe de France, qui s’est cassé les dents sur des doubles lignes de quatre pendant le premier tour, qu’elle a toutefois terminé à la première place du groupe B et invaincue.
<B>Jouer ou contrer ?</B>
Les clefs de la rencontre sont entre les mains des Français, soulagés d’avoir chassé de leurs esprits le souvenir de la Coupe du monde asiatique. “C’est vrai que par rapport à 2002, le fait de passer le premier tour fait du bien”, concède Claude Makelele.
Pour battre les Grecs, les Bleus ont une alternative : faire le pari du jeu à tout prix, imposer leur loi au milieu du terrain, ou prendre leurs adversaires à leur propre jeu, celui du contre.
Cette semaine, les joueurs ont beaucoup réfléchi. Robert Pires estime qu’il faut contrer les Grecs, Makelele pense que les Bleus ont “besoin de développer un jeu alléchant pour se sentir bien”. “Les Grecs ont attendu les Portugais et ces derniers ont été contrés deux fois”, rappelle Pires.
<B>Henry en confiance</B>
Le choix du contre n’est pas le plus ambitieux mais, comme le dit Louis Saha, c’est “un style qui a fait ses preuves d’aller au bout sans rien montrer”.
Et “il ne faut pas se voiler la face, on développe un jeu moins fluide que d’habitude”.
S’ils décident de ne pas jouer contre nature, les Bleus auront quelques solides arguments à faire valoir. Tout d’abord, Thierry Henry a retrouvé la confiance après son doublé face à la Suisse et il semble que Jacques Santini compte sur Saha pour poursuivre la “montée en puissance” de l’équipe.
L’attaquant de Manchester United – deux buts, une passe décisive en quatre sélections – devrait remplacer le décevant David Trezeguet et il ne doute de rien : “On est encore favori. Il faut avoir des certitudes, ils n’ont aucune expérience à ce niveau.”
Santini pourrait également donner sa chance à Benoît Pedretti si Patrick Vieira ne se remet pas à temps d’une contracture à la cuisse. En défense, William Gallas reprendra la place laissée vacante par le forfait définitif de Willy Sagnol, qui s’est fracturé l’avant-bras gauche contre la Suisse. La défense, une nouvelle fois remaniée, devra éviter les erreurs de débutant commises en phase de poule, avec un Mikaël Silvestre qui a beaucoup à se faire pardonner.
Devant, Santini a insisté sur “l’efficacité”. “On a besoin de travail en vivacité. On n’est pas explosif mais on finit bien les matches”, dit le sélectionneur, qui note que ses joueurs ont beaucoup donné psychologiquement au premier tour.
Côté grec, Rehhagel devrait revenir à son traditionnel 4-4-2 pour s’assurer “la maîtrise du milieu”, et éviter la déconvenue du match face à la Russie joué avec trois attaquants.
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