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La Mannschaft aura son mot à dire !

16 juin 2004, 20:00

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C?est une histoire vieille comme le monde. On enterre l?Allemagne prématurément et l?orgueil germanique resurgit, sur un match, pour prendre ses détracteurs à contre-pied. Chapeau Rudy Voeller !

L?ancien attaquant de l?AS Roma et de Marseille, reconverti aujourd?hui en sélectionneur de la Mannschaft, a su transfigurer son apathique équipe allemande en bête de compétition mardi soir, ayant raté de peu la victoire à cause d?un exploit individuel de Ruud van Nistelrooy (1-1).

Mais attention, comme nous l?avions dit avant le coup d?envoi de l?Euro 2004, la Mannschaft a toujours de grandes chances de prendre la porte dès le premier tour, dans ce groupe D très relevé et trop incertain?

Toutefois, l?Allemagne s?est rassurée et s?est rachetée auprès de ses supporters ulcérés par les sorties catastrophiques de ces derniers mois, face à la France (vainqueur 3-0 à Gelsenkirchen), la Roumanie (qui s?imposa 5-1 à Budapest) et la Hongrie (qui leur infligèrent un insultant 2-0 à Kaiserslautern) juste avant l?Euro.

Jamais le bunker allemand n?avait pris autant de cartons ni semblé aussi peu serein qu?avant ce début d?Euro 2004. Voeller a lui-même dit qu?il amenait au Portugal les meilleurs pour préparer le Mondial 2006?

La confiance retrouvée c?est donc le premier enseignement du choc Allemagne - Pays-Bas (1-1) de mardi soir, qui a tenu toutes ses promesses. Comme pour le France-Angleterre de dimanche, le classique germano-néerlandais a ravivé la flamme patriotique et les vieilles rivalités dans les deux camps et offert un match disputé et fort en émotions, d?un haut niveau technique et tactique.

Si le match nul arrange finalement les deux équipes, bon nombre de spécialistes et d?amateurs du ballon rond pensaient que l?Allemagne ne ferait pas le poids alors que les stars néerlandaises semblaient intouchables pour les autres.

Première surprise mardi soir, l?Allemagne délaisse le jeu défensif que tout le monde prévoyait et joue un 5-4-1 offensif avec Frings et Schneider (aux côtés de Ballack) qui coulissent du milieu de terrain vers l?attaque pour venir épauler l?attaquant Kuranyi. Passant du 5-4-1 au 4-3-3, les soldats de Voeller ont fait devenir chèvres les Néerlandais, dominés pendant les 20 premières minutes de jeu ! Et Frings ouvre logiquement le score pour l?Allemagne sur coup franc (30e).

Acculés et subissant le jeu, les Pays-Bas souffrent avec un Edgar Davids qui semble trop en retrait derrière Cocu et Zenden. Ruud van Nistelrooy joue seul en pointe alors que le brillant Makkay est sur le banc, tout comme Kluivert et Van Hooijdonk. Mark Overmars ne rentre qu?à la mi-temps. La tactique de Dick Advocaat laisse perplexe?

C?est dans la dernière demi-heure que les joueurs des plats pays accélèrent. L?entrée de Van Hooijdonk à la 80e minute apporte plus de percussion offensive mais l?étincelle des Oranje vient de Ruud van Nistelrooy, qui reprend un centre de Van der Meyde (après une erreur de Schneider) pour réaliser une reprise acrobatique qui fait mouche. Un geste fabuleux dans une position délicate, digne de son illustre aîné Marco van Basten (1-1, 81e).

Les Pays-Bas ont eu chaud, eux qui s?étaient peut-être vus un peu trop beaux. Le réservoir allemand s?est étoffé avec l?éclosion de nombreux espoirs en devenir sur la pelouse de Dragao : Lahm, Baumann, Friedrich, Schweinsteiger, Kuranyi.

De son côté, la République tchèque a tenu son rang de favori en battant la Lettonie 2-1 et rafle les trois points pour son premier match (comme la France et l?Espagne), mais n?a pas concrétisé toutes ses occasions.

Les Tchèques ont sans doute péché par excès de confiance comme le Portugal et les Pays-Bas. Dans ce ?groupe de la mort?, c?est bien la Lettonie qui jouera l?arbitre entre les Tchèques, les Allemands et les Néerlandais. Nul n?est certain de passer mais on sait maintenant que la Mannschaft s?accrochera jusqu?au bout?

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