Publicité
Les Pistons sur le toit du monde
C?était écrit. Les Lakers, assemblage d?individualités, certes talentueuses mais qui ont oublié que le basket était un sport d?équipe, ont subi la loi des Pistons, formation sans star mais très solide et solidaire. Et au vu de la série, cette victoire ne souffre d?aucune contestation. Les Lakers auraient même pu encaisser un sweep (défaite 4-0), sans un grand Kobe Bryant lors du Game 2. Mais voilà, O?Neal et Bryant étaient bien trop seuls dans cette finale face à une équipe de Detroit où le danger pouvait venir de partout. Chauncey Billups, désigné MVP de la finale, Richard Hamilton, Ben et Rasheed Wallace ont tour à tour porté leur équipe vers les sommets.
Un sommet que la franchise du Michigan n?avait plus atteint depuis 1990. À cette époque, Joe Dumars était sur le terrain au milieu de joueurs surnommés les ?Bad Boys?. Aujourd?hui, c?est dans le costume-cravate de président du club que l?ancien All Star a passé la bague de champion, le troisième de l?histoire des Pistons. Accessoirement, c?est la première fois depuis 1998, et la victoire des Chicago Bulls de Michael Jordan, que le titre NBA revient à une équipe de l?Est.
Le suspense sur l?issue de cette finale n?aura d?ailleurs pas duré longtemps tant les Pistons ont dominé ce cinquième match dans un Palace d?Auburn Hills aux anges. Après un premier quart-temps accroché (25-24 pour Detroit), les joueurs de Larry Brown ont peu à peu creusé l?écart sous la houlette de Richard Hamilton (21 points au total) en attaque et de Ben Wallace, encore énorme cette nuit, en défense (22 rebonds, plus 18 points). Menés de dix points (45-55) à la pause, les Lakers, privés de Karl Malone, blessé, sombraient inexorablement en seconde période, allant même jusqu?à compter 29 longueurs de retard (88-61) à dix minutes de la fin. Le titre en poche, les Pistons célébraient leur succès sur le bord du terrain avant même le coup de sifflet final, permettant aux hommes de Phil Jackson de réduire l?écart en fin de partie (100-87).
Mais l?homme le plus heureux était peut-être Larry Brown. À 63 ans, et après 22 ans passés dans la Ligue, il décroche son premier titre NBA. Jusque-là, le futur coach de la sélection américaine aux JO d?Athènes n?avait pour seul fait d?arme qu?un titre NCAA, conquis avec l?université du Kansas en 1988. Alors, même s?il est resté impassible, Larry Brown, au fond de lui, devait être fier de ce qu?il a accompli cette saison. Patiemment, il a bâti une équipe très solide, solidaire où chacun joue pour le collectif et défend avec acharnement, à l?image de Ben Wallace (meilleur défenseur de la Ligue en 2002 et 2003, deuxième cette saison).
Tout l?inverse des Lakers qui, en associant quatre All Stars, promettaient le show time à chaque rencontre. Mais si Kobe Bryant et Shaquille O?Neal ont à peu près tenu leur rang, Gary Payton (2 points et 4 passes en 31 minutes) et surtout Karl Malone, ont traversé cette finale comme des fantômes. Au bout du compte, la morale est sauve. La meilleure équipe a gagné et Detroit a violemment montré aux Californiens qu?une somme d?individualités ne faisait pas une équipe.
Publicité
Publicité
Les plus récents