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Monaco atteint du syndrôme Leverkusen
Monaco a sans doute perdu l?unique occasion de son histoire de soulever la Coupe aux grandes oreilles mercredi soir et la France devra probablement patienter quelques années avant de retrouver un de ses clubs en finale de la Ligue des champions.
Comme Saint-Etienne en 1976, l?AS Monaco a rejoint le club des magnifiques perdants français. Ces clubs qui jouent bien au ballon, enchaînent les exploits, suscitent l?admiration dans le monde entier, mais qui se prennent presque toujours les pieds dans le tapis juste avant le sacre tant attendu.
A ce titre, l?Olympique de Marseille, qui, curieux hasard, est en ce moment chez nous à Maurice, demeure la seule exception qui confirme la règle avec sa victoire historique en C1 contre le Milan AC (1-0), à Munich, un soir de 26 mai 1993.
Outre l?OM 93, le PSG 1996 compte lui aussi un sacre européen (la Coupe des vainqueurs de coupes acquise contre le Rapid Vienne) mais a aussi goûté à l?horrible goût d?une défaite sur la plus haute marche (défaite contre Barcelone en finale de la C2 1997).
En 13 finales européennes, les clubs français ont perdu en 9 occasions, en comptabilisant les récents échecs de Marseille face à Valence (0-2) puis de Monaco contre Porto (0-3) qui ponctuent une semaine de finales maudites pour le football tricolore.
Quelques similitudes : Barthez est expulsé juste avant la pause et encaisse un but avec l?OM, Giuly se blesse et sort après 20 minutes de jeu et l?ASM encaisse un but à la 39e minute. Ces deux forfaits seront évidemment fatal aux deux représentants français. Cinq buts encaissés, zéro marqué c?est un bilan combiné peu flatteur.
Alors que l?ASM et l?OM avaient l?occasion d?écrire la plus belle page du football hexagonal, la fête a tourné au vinaigre. Pourtant, Monaco semblait mieux armé que Marseille pour espérer régner sur l?Europe?
Pourtant, les rouge et blanc ont pris une claque magistrale à l?AufArena de Gelsenkirchen. 3-0 c?est sévère mais le réalisme portugais aura été, une fois de plus, implaccable cette saison. Valence tétanisée lors de la finale en 2000 contre le Real Madrid avait perdu sur le même tarif de trois buts en rien?
Mais le cuisant revers monégasque ne ressemble pas aux précédents déboires du foot français. Ce n?est pas vraiment le trac ou des erreurs d?arbitrage qui ont tué l?ASM (même si l?arbitre de touche a commis des bordes évidentes), mais plutôt le syndrôme Bayer Leverkusen?
Au terme d?une saison qui pouvait être celle de l?apothéose pour l?équipe de la principauté, Monaco termine les mains vides pour avoir disputé 52 matches de très haut niveau avec un effectif réduit (seulement 17 professionnels) qui n?a jamais pu vraiment souffler.
Si Monaco a sacrifié quelques matches de championnat pour trouver les ressources nécessaires pour sortir le Real Madrid puis Chelsea, il n?avait vraiment plus assez de carburant pour se dresser face à l?impressionnant FC Porto.
Comme le Bayer Leverkusen en 2001 qui avait perdu presque en même temps la Bundesliga, la C1 puis la Coupe d?Allemagne, le groupe monégasque a implosé et devrait exploser complètement dans les jours à venir si l?on en croit les médias et si Didier Deschamps décide d?aller tenter un challenge plus excitant dans un grand club européen.
Il faut reconnaître que c?est lors de la demi-finale retour contre Chelsea (2-2), que Monaco a disputé son dernier grand match de la saison, hélas. Même en mettant au repos plusieurs de ses stars lors des derniers rendez-vous de Ligue 1 (défaite 1-4 contre Rennes notamment), Didier Deschamps n?a pu empêcher les hommes du Rocher de se briser sur un roc portugais au sommet de leur art, qui avait terminé leur championnat depuis longtemps et était gonflé à bloc avant le choc de mercredi soir?
Au fond, c?est le seul regret qui restera pour tous les supporters français et les Mauriciens qui ont été séduits cette saison par le parcours culotté des Monégasques : ne pas avoir retrouvé le meilleur Monaco possible face à Porto.
Mais qu?importe, de toute façon, la bande à José Mourinho semblait intouchable cette saison et mérite amplement son titre. Comme Milan l?an dernier, c?est une équipe dont la défense ne commet aucune erreur qui s?impose au détriment des cadors de l?attaque. Comme quoi, la meilleure attaque c?est toujours? la défense !
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