Publicité

Yogesh Bissessur aux Casernes

27 mai 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les révélations d?Antoine Chetty continuent à créer l?événement. L?avoué Yogesh Bissessur sera interrogé ce matin au quartier général de l?Anti-Drug & Smuggling Unit (Adsu) sur l?allégation de Chetty selon laquelle il aurait donné des instructions pour agresser une femme en l?an 2000.

L?arrestation de l?avoué serait imminente. La charge qui pourrait être retenue contre lui est celle d?avoir donné des instructions pour commettre cette agression à Vacoas. L?avoué a retenu les services de Me Shakheel Mohamed pour assurer sa défense.

L?ex-bras droit du notaire Vinay Deelchand a révélé qu?un dénommé Mario Douce et lui-même auraient reçu Rs 150 000 du notaire et de l?avoué Yogesh Bissessur pour agresser une camarade de ce dernier, dénommée Rekha. L?avoué considérait que Rekha était à l?origine du mauvais comportement de son épouse à son égard.

L?avoué Bissessur et le notaire Deelchand auraient exigé qu?une partie du scalp de Rekha leur soit ramenée pour prouver que Chetty et Douce ont vraiment accompli leur contrat. Les détails du plan d?agression ont été arrêtés dans le bureau du notaire à Port-Louis et le lieu choisi pour apporter la preuve de l?attaque était les environs du Gymkhana Club à Vacoas. Après son agression, la dénommée Rekha a dû se rendre en Afrique du Sud pour recevoir des soins à son cuir chevelu.

Ce sont très probablement les hommes de l?assistant surintendant de police (ASP) à l?Adsu Pierre Murugan qui procéderont à l?interrogatoire de Yogesh Bissessur. La victime et l?épouse du notaire seront également entendues par les hommes de l?inspecteur Hector Tuyau dans les prochains jours.

Dev Hurnam, l?autre suspect dans l?Affaire Deelchand, sera ce matin questionné au quartier général de l?Adsu sur les instructions qu?il aurait données pour agresser le Senior Puisne Judge, (SPJ) Bernard Sik Yuen, et deux officiers de police contre le paiement allégué de Rs 400 000.

Cette agression, selon les dires de Chetty, devait intervenir lors du déplacement du SPJ à Rodrigues en avril 2001. Mais celle-ci n?a pu être perpétrée, le juge étant bien protégé. Malgré l?échec de cette mission, Chetty se serait rendu chez l?avocat-parlementaire deux semaines après son voyage à Rodrigues. Il lui aurait réclamé Rs 100 000, somme que Dev Hurnam aurait refusé de lui remettre.

Echapper à la vindicte

L?avocat-parlementaire nie farouchement les allégations portées contre lui. Il a subi un check-up médical hier. C?est encadré par des éléments de l?Adsu, qu?il a été conduit à l?hôpital du Nord pour des tests sanguins. Il y est resté environ une heure et demie avant d?être reconduit au centre de détention de Moka.

Les enquêteurs se pencheront aussi sur des instructions qui auraient été données par le tandem Deelchand-Bissessur pour assaillir un employé d?une compagnie de téléphonie, agression qui serait liée à cette affaire de vengeance. Toutefois, l?homme a pu échapper à la vindicte du tandem.

Depuis hier, le notaire Vinay Deelchand qui était jusqu?à présent détenu au centre d?Alcatraz est incarcéré aux Line Barracks.

Outre le fait qu?il est soupçonné de trafic de drogue, le notaire a été incriminé dans une série de complots, de meurtres, de tentatives de meurtre et de crime d?incendie.

Raj Dayal, l?ex-commissaire de police, donne une conférence de presse ce matin. Il fournira sa version des faits sur les accusations portées contre lui par Antoine Chetty. Ce dernier a allégué qu?un complot avait été ourdi en octobre 1994 dans les locaux de la Special Mobile Force à Vacoas, en présence de Raj Dayal et du notaire Deelchand. Il s?agissait de placer un colis de drogue au domicile d?un dénommé Satish Nundlall, ancien partenaire d?affaires de Moonsamy Mooraghen, au sein de Best Land Investment Co. Ltd, engagée dans le développement foncier.

L?ancien commissaire a toujours soutenu qu?il est victime d?un ?complot de trafiquants de drogue qui veulent nuire à ma réputation?.

AFFAIRE DEELCHAND

Sambon : la cour invitée à prolonger sa détention

Face aux arguments de l?inspecteur Hector Tuyau de l?Anti Drug and Smuggling Unit (Adsu), Me Carol Green-Jokhoo, Senior State Counsel a invité la cour à rejeter la motion de remise en liberté de la défense et à prolonger la détention de Dharmanaden Sambon.

La magistrate Vedalini Phoolchund-Bhadain fera connaître sa décision le 4 juin 2004.

Arrêté le 7 avril 2004 dans le cadre de l?enquête sur l?affaire Deelchand, Sambon, un des directeurs d?Agnis Property Co. Ltd, est accusé provisoirement de complicité pour assassiner Mamade Faysal Buglah. Il avait été mis en cause par Antoine Chetty, l?ex-garde du corps et chauffeur du notaire.

L?inspecteur Tuyau a avancé cinq raisons pour objecter à la motion de remise en liberté provisoire de Sambon. Il a expliqué à la cour que le suspect sera formellement accusé d?un délit grave punissable d?une peine d?emprisonnement de 45 ans.

L?inspecteur a soutenu que la police craint que le prévenu n?influence des témoins s?il est relâché sous caution. Il a ajouté que plusieurs témoins n?ont pas encore consigné des dépositions dans cette affaire.

Un autre argument mis en avant par l?inspecteur Tuyau est que le suspect doit demeurer en prison pour sa propre sécurité. ?Deux autres accusations provisoires seront logées contre lui sous peu devant ce même tribunal ?, affirme-t-il.

Le témoin Tuyau a ensuite répondu aux questions de Me Jacques Tsang Mang Kin, assisté de Me Marie-Lourdes Lam Hung, qui assurent la défense de Sambon.

Dénoncé par un comploteur

Il a reconnu que Sambon a été arrêté sur les allégations d?un repenti et comploteur, en l?occurrence Chetty. Le directeur, reconnaît-il, a nié l?existence d?une réunion à son bureau d?Agnis pour comploter contre Buglah, contrairement à ce que Chetty a allégué.

A une question de Me Tsang Mang Kin, le témoin a répondu que Buglah a déclaré à la police que Deelchand avait menacé de le tuer.

Cet incident, selon Buglah, s?était produit en 1999 mais c?est en 2004 qu?il s?en est souvenu. Buglah n?a donné aucune déposition contre lui. L?inspecteur a donné la garantie à l?avocat que la police est en mesure d?assurer la sécurité de Sambon, actuellement en détention.

Appelé à la barre, l?accusé a indiqué qu?il connaît Buglah et qu?il a rencontré Antoine Chetty par le biais de Deelchand. Il a déclaré que, s?il est remis en liberté conditionnelle, il respectera toutes les conditions imposées par la magistrate.

Me Tsang Mang Kin a, dans sa plaidoirie, déclaré que la cour ne peut continuer à détenir son client sur les allégations d?un repenti.

Il demande à la magistrate de considérer la nature du témoignage et de s?interroger si celui-ci est suffisant pour priver le suspect de sa liberté.

Antoine Chetty avait allégué que Sambon aurait comploté avec le notaire Deelchand, Sandeep Appadoo, Mahendra Chooneea et lui-même pour agresser mortellement Buglah. Ces faits remontent à février-mars 1999 et se seraient déroulés dans le bureau d?Agnis Property à la Pearl House.

Selon Chetty, Buglah devait être assassiné à Madagascar. Il a raconté aux enquêteurs que les comploteurs en voulaient à Buglah parce que, disent-ils, il serait responsable de la fermeture d?une usine textile dans la Grande île.

Faysal Buglah a confirmé dans sa déposition qu?il était en bons termes avec Sambon mais que ce dernier l?a accusé de malversation dans cette usine.

Dans sa déclaration du 24 avril dernier, Sambon a nié en bloc les accusations portées contre lui par Buglah.

Les autres protagonistes dans l?affaire, Vinay Deelchand, Sandeep Appadoo, Moonsamy Mooraghen et Mahendra Chooneea ont aussi comparu en cour. Ils ont été reconduits en cellule policière jusqu?au 3 juin 2004.

Publicité