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Le texte sur l?Irak ne répondrait pas à toutes les questions
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Le texte sur l?Irak ne répondrait pas à toutes les questions
?Bonne base de travail?, le projet de résolution présenté à l?Onu par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour encadrer le transfert de souveraineté en Irak laisse des ?questions sans réponse? et nécessite des échanges approfondis, estimait-on à Paris, Moscou et Berlin, les capitales du ?camp de la paix?.
Des points d?interrogation entourent encore les structures du futur gouvernement intérimaire, les contours de ce transfert et les relations à venir entre l?administration irakienne et les forces de la coalition, rebaptisées forces multinationale.
Ces questions devront être réglées dans les semaines à venir, Washington ayant fixé au 30 juin la restitution à une administration irakienne la souveraineté confisquée après la chute du régime de Saddam Hussein. Le projet de résolution appelle le Conseil de sécurité à ?avaliser la formation d?un gouvernement souverain provisoire? qui entrera en fonctions le 30 juin et ?assumera la responsabilité et l?autorité de gouverner un Irak souverain? jusqu?à la tenue d?élections générales, espérées avant la fin de l?année, prévues au plus tard au 31 janvier 2005.
L?émissaire des Nations unies en Irak, Lakhdar Brahimi, a établi en liaison avec les responsables de la coalition la répartition des pouvoirs au sein de ce gouvernement provisoire.
Ce gouvernement comprendra un président, un Premier ministre, deux vice-présidents et 26 ministres, et Brahimi devrait en annoncer la composition sous une semaine.
?En fonction de cela, nous pourrons juger si le nouveau gouvernement peut être crédible aux yeux des Irakiens. Nous déciderons alors de notre attitude à l?égard de ce texte?, dit le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. ?Nous devrons attendre le rapport, les idées de Brahimi, avant de pouvoir entamer la finalisation?, a dit son homologue allemand, Joschka Fischer. Le champ de la souveraineté, actuellement exercée à Bagdad par l?Autorité provisoire de coalition et qui sera transférée à cette administration, reste également à définir.
<B>Quelle souveraineté ?</B>
La Russie et la France, qui jouissent d?un droit de veto à l?Onu, réclament un transfert véritable qui réponde ?aux inquiétudes de la société irakienne?. Jacques Chirac a réaffirmé pour sa part sa ?conviction que le transfert de souveraineté doit être réel et perçu comme tel par les Irakiens?. Le président français, qui s?est entretenu avec George W. Bush par téléphone, précise que ?l?étendue des responsabilités du futur gouvernement intérimaire, en particulier sa capacité à contrôler les ressources pétrolières du pays, devait être étudiée de près?, a rapporté l?Elysée.
Les autorités françaises s?inquiètent aussi du mandat de la force multinationale qui restera en place après le 30 juin. Lundi, George W. Bush a redit que les 138 000 soldats américains stationnés en Irak y resteraient ?aussi longtemps que nécessaire?.
En l?état, le projet de résolution réaffirme l?approbation d?une force multinationale sous commandement unifié (dirigé sans aucun doute par les Etats-Unis) ayant autorité à prendre ?toutes les mesures nécessaires? pour maintenir la paix et la sécurité.
Le texte rédigé par Washington et Londres ne fixe aucune date-butoir à la présence de cette force en Irak, se contentant d?appeler à un simple réexamen douze mois après l?adoption de la résolution, ou à la demande des autorités irakiennes.
"La force multinationale, dont la présence est nécessaire pour maintenir la sécurité, devra être remplacée à terme par des forces irakiennes. Nous nous attendons que cela se produise avant 2005?, déclare Ali Allaoui, le ministre irakien de la Défense de l?actuel Conseil intérimaire de gouvernement. Par ailleurs, les relations entre cette force internationale et les nouvelles autorités irakiennes sont limitées à des arrangements visant à améliorer la coordination. Mais le projet anglo-américain ne précise pas si les troupes irakiennes seront autorisées à refuser des ordres américains.
À Londres, Tony Blair a assuré que le gouvernement intérimaire irakien aurait un droit de veto sur les opérations militaires menées par des troupes étrangères. ?S?il y a une décision politique à prendre sur la question de savoir si l?on intervient dans un endroit comme Falloudja, il faut que cela soit fait avec l?accord du gouvernement irakien et le contrôle politique revient en dernier lieu au gouvernement irakien", a-t-il déclaré.
La mise aux voix de la résolution ne devrait pas intervenir avant le compte rendu de Lakdhar Brahimi. La plupart des membres du Conseil de sécurité pensent que le texte sera adopté, peut-être sous une forme amendée. Mais, affirme un diplomate, ?personne n?est en position de voter contre?.
ARMEMENT
<B>La confirmation de la présence de gaz sarin dans un obus</B>
- Des analyses effectuées sur un obus d?artillerie découvert récemment en Irak ont confirmé qu?il contenait du gaz sarin, a annoncé un responsable américain. ?Les analyses l?ont confirmé?, a-t-il dit sous le sceau de l?anonymat. L?armée américaine a annoncé la semaine dernière la découverte d?un obus d?artillerie qui, après avoir explosé, avait libéré une petite quantité de ce gaz. C?est la première fois que l?armée américaine évoquait la découverte d?une arme chimique en Irak, alors que la présence de telles armes dans ce pays avait été invoquée par les Américains et les Britanniques pour justifier la guerre déclenchée en mars 2003. Mais des experts ont fait savoir que l?engin datait probablement d?avant la Guerre du Golfe de 1991. ?C?est un obus qui était censé avoir été déclaré (aux Nations unies) et détruit?, a précisé un autre responsable américain. Les analyses réalisées sur l?obus de 155 mm ont confirmé la présence de gaz sarin, ce qui pose la question de savoir combien d?armes de ce type existent en Irak et qui les détient, a dit le premier de ces deux responsables américains. Rien ne permet de dire si les activistes qui ont utilisé cet obus comme bombe artisanale savaient qu?il contenait du gaz sarin. ?Cela fait probablement partie des choses que Saddam disait avoir détruites mais qui ne l?avaient pas été?, a affirmé un autre responsable américain. ?Cela ne prouve pas à ce stade l?existence de nouvelles productions mais c?est une pièce du puzzle, et pas la moins importante?, a-t-il ajouté.
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