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Le groupe MSM investit Rs 140 m pour revoir sa stratégie

25 mai 2004, 20:00

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Après 25 ans de métier au sein de Mauritius Stationery Manufacturers (MSM), Didier Descroizilles, 48 ans, continue toujours de rêver. Ce pragmatique, comme le qualifie certains de ses employés, aime relever les défis. Selon lui, dans le domaine des affaires, il y a une grande part de risque. Sa devise, pourtant, est simple : sans cesse innover et investir pour rester en pole position.

La société d?imprimerie, dont le principal actionnaire est le groupe Mon Loisir, investira début juin quelque Rs 140 millions dans l?achat de nouveaux équipements. Cet investissement servira aussi dans le ?développement stratégique pour renforcer la base du groupe?. Le terme est technique mais le directeur ne veut pas en dire davantage.

Augmenter la capacité de production

Les équipements modernes plus performants permettront d?augmenter la capacité de production. ?Nous avons d?autres projets encore. Mais il est trop tôt pour en parler?, souligne t-il.

La société, qui a été fondée en 1966, brasse aujourd?hui un chiffre d?affaires de Rs 550 millions et emploie plus de 400 employés. Elle s?est spécialisée dans l?imprimerie industrielle de sécurité et commerciale. Cela concerne, par exemple, la fa-brication et le design de boîtes de cigarettes, de papier continu, d?étiquettes pour divers produits d?alimentation, en passant par la fabrication de carton ondulé et de chéquiers. Au total, c?est près de 15 000 tonnes de papier et de cartons qui sont importées chaque année d?Indonésie, de Malaisie et d?Afrique du Sud, pour ne citer que ces pays.

La transformation en produit fini se fait dans les usines mauriciennes. Hormis son unité de production et ses bureaux, qui se trouvent à Bell-Village, elle possède également une usine de quelque 10 000 mètres carrés à Petit-Verger ainsi qu?une antenne à Madagascar.

Elle a deux entités dans la Grande île. Le concept est le même qu?à Maurice. Multipack s?intéresse aux marchés régionaux alors que Madapack s?occupe, elle, du marché local.

MSM Madagascar a été fondé en 1990, avec un investissement de départ de Rs 10 millions. ?Il y a beaucoup d?opportunités à Madagascar. Mais la crise politique de 2003 est venue quelque peu plomber les résultats du groupe. Maintenant, cela repart?, souligne le directeur.

A travers sa société s?ur Book Printing Company, rachetée en 1994, le groupe réalise la conception de livres d?école et d?annuaires téléphoniques qu?il exporte en Tanzanie et au Kenya, entre autres. Malgré une conjoncture qui n?est pas des plus favorable, le groupe a malgré tout choisi le chemin de l?investissement. La compétition dans le domaine de l?imprimerie est féroce.

Dans la cour des grands

Ils sont plus de 400 imprimeurs professionnels à se partager le marché. Mais seules une dizaine d?imprimeries peuvent jouer dans la cour des grands. D?autant que le prix du papier ne cesse de flamber sur le plan international (près de 25 à 30 % plus cher).

A cela, il faut ajouter le coût du fret, lequel a lui aussi augmenté car la marine mondiale est mobilisée par la Chine. La hausse du dollar est également un élément qui vient gonfler la note.

Propulsé à la tête de la société d?imprimerie depuis 1996, ce titulaire d?un Brevet de technicien supérieur (BTS) en gestion des entreprises à l?université d?Aix en Provence, en France, atterri dans le monde de la publicité et de l?imprimerie par hasard. ?Après mes études, j?ai intégré le Mauritius Advertising Bureau, où j?ai passé quatre ans?, dit-il.

Celui-là même qui se spécialise en gestion des entreprises se retrouve donc à imaginer des concepts visuels de publicité ainsi qu?à écrire des slogans pour des campagnes. En 1980, Didier Descroizilles intègre la compagnie MSM. Il a alors 25 ans et assistera le directeur Gérard Brown. Un plan stratégique de 20 ans est mis sur pied. Le but est de diversifier les activités et de conquérir de nouveaux marchés. ?Notre objectif était d?élargir notre clientèle car elle reposait uniquement sur deux principaux clients.?

La société, qui est fondée depuis 1966, a pourtant failli devoir mettre la clé sous le paillasson en 1968 car le volume produit n?était pas suffisant pour que l?entreprise soit rentable. Mais 25 ans après avoir intégré MSM, Didier Descroizilles parle toujours stratégie et parts de marché.

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