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Les relations Maurice-Israël font tiquer l?opposition
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Les relations Maurice-Israël font tiquer l?opposition
?Maurice ne peut rompre ses relations diplomatiques avec Israël, bien qu?elle condamne les atrocités qui s?y passent tous les jours.? Telle est la position du gouvernement mauricien définie par le ministre des Affaires étrangères Jayen Cuttaree. Ce dernier répondait à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l?opposition sur la position de Maurice dans le conflit israélo-palestinien.
Navin Ramgoolam juge inopportun que le Premier ministre Paul Bérenger se soit laissé prendre en photo avec le président George Bush. Dans la foulée, l?opposition dit désapprouver la présence du ministre Jayen Cuttaree au cocktail offert, mardi, au Sugar Beach Hotel, par le consul honoraire d?Israël pour le 56e anniversaire de la création de cet Etat. Cette présence pourrait, dit-il, laisser à penser que Maurice soutient la position israélienne.
D?autant plus que les respon-sables israéliens ont profité de cette occasion pour diffuser un video-clip, glorifiant l?armée hébreue et son action et diabolisant, dans le même souffle, l?autorité palestinienne.
Face à ces critiques, le ministre Cuttaree affirme n?être resté ?qu?une demi-heure à la soirée? et qu?il n?a appris la diffusion du video-clip qu?à travers les journaux. ?Ce sont trente minutes de trop?, réplique le député James Burty David.
Le ministre explique qu?étant donné la situation prévalant au Moyen-Orient, le gouvernement a décidé de ne dépêcher qu?un seul représentant au cocktail du consul israélien. Il a été choisi, dit-il en raison de son portefeuille ministériel. ?Cette présence n?a été que symbolique et ne constitue, en aucune façon, une approbation de la politique israélienne.?
Les députés de l?opposition, avec Navin Ramgoolam en tête, fustigent cette décision. Ils arguent que le gouvernement a ?donné un mauvais signal? et réclament la rupture des relations diplomatiques Maurice-Israël. ?Ce n?est pas une décision que nous pouvons prendre tout seuls?, rétorque Jayen Cuttaree. ?C?est la communauté internationale qui doit décider s?il faut rompre les relations avec l?Israël?. Le ministre a tenu à informer l?Assemblée que près de 161 Etats, dont l?Inde, l?Afrique du Sud, et la plupart des pays africains, des Etats arabes ? l?Egypte, la Jordanie, le Maroc, la Turquie et la Mauritanie ? ont établi des relations diplomatiques avec Israël.
?Massacre en Palestine?
Revenant sur la présence ministérielle à la soirée donnée par le consul d?Israël, le député Xavier-Luc Duval affirme que le toast porté à était un toast ?au massacre en Palestine?. ?Aret fer demagozi do?, lui lancent alors des députés de la majorité. Navin Ramgoolam reprend de plus belle : ?You should not have gone?, dit-il au ministre Cuttaree qui, excédé, réplique que pour avoir été Premier ministre, il devrait comprendre qu?une présence ?symbolique? était indispensable.
?Vous ne le savez peut-être pas, mais j?ai toujours refusé d?y aller?, a insisté Navin Ramgoolam. ?Parski to tro pares ta?, s?est alors écrié un député de la majorité. Le leader de l?opposition insiste : ?Nous sommes assez matures pour prendre une décision tout seuls.? ?Les choses ne se passent pas ainsi?, précise le ministre.
?Avez-vous dénoncé les atrocités en Palestine?? demande le député Duval. ?Vous le savez très bien. Il n?y a jamais de discours à l?heure du toast. Mais je tiens à ajouter que j?ai reçu Miriam Ziv, (NdlR adjointe au directeur général pour l?Afrique au ministère israélien des Affaires étrangères) le lendemain à mon bureau.? Le ministre Cuttaree affirme qu?il s?est entretenu avec la représentante du consul. Il lui a dit que ?puisque la diplomatie est aussi une expression des convictions, Maurice condamne sans réserves les tueries en Palestine et s?est engagée à soutenir la création d?un Etat palestinien incluant les territoires occupés avec Jérusalem-Est comme capitale?.
?Maurice n?a rien contre les Israéliens. Le pays a toujours été un fervent supporter de la cause palestinienne. Nous avons voté en faveur des résolutions sur la Palestine au Conseil de sécurité des Nations unies à plusieurs reprises. Nous avons voté contre la construction d?un mur de séparation par l?Etat hébreu et nous avons condamné les actes de terrorisme du gouvernement israélien. Mais nous ne pouvons oublier nos devoirs diplomatiques?, conclut le ministre des Affaires étrangères.
Le premier volet de la PNQ portait sur la ?very good personal chemistry? entre le Premier mi-nistre mauricien et le président George W. Bush. Expression employée par Paul Bérenger pour qualifier sa rencontre avec le locataire de la Maison-Blanche.
Navin Ramgoolam trouve ?choquant? qu?au moment où l?opinion internationale condamne les atrocités commises sur les civils irakiens par les militaires américains en Irak et que de fortes rumeurs circulent sur les ordres ?venus d?en haut?, le chef du gouvernement se fasse prendre en photo avec Bush. Une photo-événement qui a d?ailleurs été dédaigneusement évoquée par le député travailliste Arvin Boolell qui l?a qualifiée ?d?opportuniste?. ?La poignée de main échangée entre Bush et Bérenger est tachée de sang?, a ajouté le député Boolell.
Récusant les critiques de l?opposition sur cette rencontre de Washington, le ministre des Affaires étrangères précise que ?good personal chemistry? voulait tout simplement dire que les relations entre Bérenger et Bush étaient ?cordiales et amicales?. Réalisant que Navin Ramgoolam n?était guère con-vaincu, Jayen Cuttaree donne un exemple concret: ?I have a very good chemistry with the leader of the opposition. Cela ne veut pas dire pour autant que j?épouse ses opinions et que je soutienne ses actions.? Eclats de rire dans l?hémicycle, du côté de l?opposition y compris de Navin Ramgoolam.
Le ministre Cuttaree, imperturbable, reprend son raisonnement. Il explique que la visite du Premier ministre dans la capitale américaine était motivée par la défense d?importants intérêts d?ordre national. ?Paul Bérenger a-t-il communiqué au président américain notre condamnation des atrocités en Irak ?? demande Navin Ramgoolam. ?Je n?étais pas présent à la réunion. Mais je suis sûr qu?il l?aura fait?, réplique le ministre.
Le député Madan Dulloo n?a pas manqué de critiquer le fait que ce soit Jayen Cuttaree qui ait répondu à la PNQ à la place du Premier ministre. Il devait affirmer que la moindre des choses aurait été que Pravind Jugnauth, Premier ministre par intérim, présent dans l?hémicycle, donne des explications sur cette ?entrave aux procédures?.
Ce Point of Order a été rejeté par le speaker. Il explique au député de l?opposition que le Premier ministre avait le droit de déléguer qui il veut pour répondre aux questions qui lui sont adressées. Un point qui a semblé mettre Pravind Jugnauth mal à l?aise. Il réagit en demandant à Dulloo de ?res trankil ta?.
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