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Des astres et des hommes
Ils ont peut-être la tête dans les étoiles mais ils gardent les pieds bien sur terre. Les membres du comité national sur le transit de Vénus se sont mis au travail depuis quelques mois afin d?éveiller l?intérêt que méritent le transit et la belle histoire qui lie la planète à Maurice parmi la population. Et faire, à l?occasion, de l?événement, un capital touristique.
Le comité regroupe plusieurs sous-comités et ministères, dont ceux du Tourisme, de la Santé et de l?Education. ?Nous voulons essayer de vendre Maurice comme un lieu d?astronomie de loisir, explique, enthousiaste, Marie-Josée Craig, associée du coordinateur du comité national. Le transit a toujours causé un engouement incroyable, et pas seulement pour les scientifiques et les astronomes.?
L?origine de ce comité, né de la ferveur de passionnés, est assez insolite. Tout commence avec Monseigneur Amédée Nagapen qui, pour son acceptation à l?Académie des sciences outre-mers à Paris, fait une conférence sur l?histoire du transit à Maurice. Mais voilà que ce passionné d?histoire se retrouve avec des volumes d?information qu?il a commencé à amasser sur le sujet depuis 1988, à Maurice et en Europe.
Des amis, dont Marie-Josée Craig et Yvan Martial, lui suggèrent alors d?écrire un livre sur Vénus et de ce labour of love est né le comité national. C?est grâce à ce comité que Maurice sera la victime bienséante d?une fièvre astrale qui durera jusqu?au 8 juin, date à laquelle la planète passera dans nos cieux.
Pléiade d?activités
Le livre, qui s?intitule Le Transit de Vénus sortira le 28 mai et fait partie d?une pléiade d?activités organisées par le comité. Ce dernier a lancé son site web la semaine dernière. Un site fort informatif et attirant. www.venus-transit.mu permet aux surfeurs de découvrir toute l?histoire fascinante du transit ainsi que l?aspect scientifique de l?événement et le calendrier des activités.
Autre activité majeure : le Pr Dinesh Somanah, professeur de physique à la faculté de sciences de l?université de Maurice, organisera une conférence internationale avec des sommités venues de l?Inde, de l?Angleterre et de l?Afrique du Sud le 31 mai et le 1er juin à l?auditorium Octave Wiehé. Ces chercheurs en astronomie parleront du phénomène du transit ainsi que l?astronomie en général.
La MBC diffusera pendant la première semaine de juin un documentaire sur ce phénomène et une rue sera baptisée Lord Lindsay le 8 juin, pour célébrer son passage à Maurice. Ce gentilhomme excentrique est le plus connu de nos visiteurs astronomes (voir hors-texte).
Vénus transitera le 8 juin prochain entre 9 h 15 et 15 h 30. Maurice, et les Mascareignes en général, se trouvent dans une partie du monde où le transit est visible pendant le jour et ce durant au moins six heures. En effet, on se trouvera presque perpendiculaire à ce phénomène.
Les enthousiastes devront cependant faire attention à ne pas regarder le spectacle à l??il nu. Le risque de se brûler la rétine est encore plus grand que pendant une éclipse. Victor Glover, qui coordonne les sous-comités, a d?ailleurs rendu visite à 6000 élèves en deux semaines pour les en avertir et aussi pour les sensibiliser à la magie de Vénus.
Pour sa part, le Professeur Somanah a convié tous les professeurs de physique des collèges à un atelier de travail le 24 mai où il a fait des démonstrations sur la manière de projeter l?image de Venus sur un écran blanc avec un télescope optique.
?Le ciel de l?hémisphère sud est très peu connu et très beau?, explique Marie-Josée Craig. Il n?est pas nécessaire d?attendre le transit de Vénus pour en jouir.
HISTOIRE
Une plaque pour ?Lord Lindsay?
- Ils sont rares les lieux qui rendent hommage aux premiers passionnés d?astronomie qui pourtant dès 1761 se bousculaient vers les Mascareignes. Il y a bien « Pointe-Vénus », en mémoire de l?expédition de 1874 qui amena chez nous Lord Lindsay et à Rodrigues un lieutenant dénommé Neat? L?événement 2004 sera l?occasion de combler cette lacune. Lord Lindsay donnera son nom à une rue. Ce gentilhomme britannique excentrique installa, en 1874, un observatoire de fortune sur un petit monticule de terre à Belmont, St-Antoine, qu?il obtint de la famille Chazal. L?absence de montagnes fit de cette région un lieu de prédilection pour Lindsay et c?est ici qu?il prit des photographies qui furent parmi les premières de leur genre. Le ministre du Tourisme a également annoncé son intention de donner au site Belmont plus de prestige.
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