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Dayal : ?Je révélerai pourquoi Chetty m?en veut??
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Dayal : ?Je révélerai pourquoi Chetty m?en veut??
Raj Dayal a sa version de ?l?affaire Deelchand?. C?est du moins ce qu?il a voulu faire comprendre lors d?un point de presse qui a suivi sa remise en liberté sous caution, hier au tribunal de Curepipe. Il a annoncé, avec beaucoup de mystère, des révélations. ?Enn trafikan pe fer alegasyon kont mwa ? Mo va rakonte kifer li pe rod inkilpe mwa kan mo pou fer enn konferans de pres. Kan Dayal ti CP, noter Lallah pa ti mor. Mo va rakont ou dan ki cirkonstans linn mor?, a-t-il déclaré l?air serein.
Arrêté hier matin sous une charge provisoire de complot pour cacher de la drogue chez Satish Nundlall, l?ex-commissaire de police (CP) a été libéré dans l?après-midi après avoir versé une caution de Rs 10 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 15 000. Avant d?être conduit au tribunal de Curepipe, il a été interrogé pendant au moins cinq heures et demie au quartier général de l?Anti-drug & Smuggling Unit (Adsu).
Toute l?opération débute à 3h30 dans la nuit de dimanche à lundi. Une équipe constituée d?une vingtaine d?officiers de l?Adsu et de la Special Supporting Unit tient une séance de travail dans les locaux de la Special Mobile Force, à Vacoas. Ils y finalisent leur plan d?action. Vers 7 heures, ils se rendent au domicile de l?ex-CP à Carreau-Laliane et se mettent à fouiller la maison. Le propriétaire des lieux n?y est pas. Il est chez des proches à St-Julien, à Flacq.
Gêne et signes de tête
Entre-temps, Me Gayatree Dayal, avocate de Raj Dayal, arrive sur les lieux. Elle donne l?assurance aux policiers que l?ex-CP viendra au quartier général de l?Adsu pour son interrogatoire. Effectivement, à 8 h 05, Raj Dayal se présente aux Casernes centrales.
La confrontation avec Antoine Chetty, l?ex-chauffeur du notaire Vinay Deelchand, a lieu une dizaine de minutes plus tard. Antoine Chetty identifie alors formellement celui qu?il accuse d?avoir participé à un complot ourdi avec le notaire Vinay Deelchand pour cacher de la drogue chez Satish Nundlall, ancien partenaire de ce dernier, à Quatre Bornes. Les faits remontent à octobre 1994 et la rencontre se serait déroulé dans un local de la SMF.
Raj Dayal est ensuite interrogé par l?inspecteur Rishi Mohesh de l?Adsu, sous la supervision du surintendant Soopaya Padiachy, sur les allégations relatives au complot. Me Gayatree Dayal est présente. Son client nie les allégations formulées contre lui.
L?interrogatoire prend fin à 13h35. Encadré d?une dizaine d?éléments de l?Adsu et de la SSU, l?ex-CP quitte le quartier général de l?Adsu pour le tribunal de Curepipe, mitraillé par une foule de photographes de presse. ?C?est un complot des trafiquants de drogue?, lance Raj Dayal. Il est conforté dans ses propos par son frère, Satish Dayal : ?Ce complot vise à nuire à la réputation de Raj Dayal. Tous les leaders politiques font face à des complots. C?est pareil à travers le monde. La population en témoignera. L?histoire en témoignera aussi bien.? Tout en parlant, Satish Dayal fait circuler un document datant de septembre 1997, retraçant les saisies de drogue et les arrestations effectuées alors que Raj Dayal était CP.
Il est 13 h 45. Dans l?enceinte de la cour de district de Curepipe, les policiers sont sur le qui-vive. Ils ont reçu un appel confirmant que Raj Dayal vient de quitter les Casernes centrales et se dirige vers Curepipe. Chuchotements de quelques policiers. Visiblement mal à l?aise, ils se dirigent vers l?entrée de la cour pour ériger des barrières. ?Une question de sécurité, explique l?un d?eux, il se pourrait que l?ancien CP soit accompagné de ses partisans?.
Les barrières érigées, les policiers retournent à leur poste. Le silence est pesant dans l?enceinte de la cour. Seul bruit : le bavardage des journalistes qui attendent l?arrivée de Raj Dayal.
Vers 14 heures, la tension monte, les policiers sont tendus davantage. La fourgonnette de la police, avec à son bord l?ancien CP, est en vue. Crispé, l?homme en descend, vêtu d?un costume noir et d?une chemise bleue avec cravate assortie. Il est entouré des membres du Groupe d?intervention de la police mauricienne (GIPS). Son frère le rejoint aussitôt.
L?ancien numéro un de la police ralentit le pas avant de faire son entrée en cour. Il regarde les membres de la presse, sourit avec difficulté et lance : ?Korek ??
Longue attente une fois à l?intérieur. Me Gayatree Dayal fait son entrée et va directement saluer la magistrate Asha Devi Ramano, qui est toujours en chambre. Les policiers présents en cour saluent d?un air gêné leur ancien commissaire. Il répond par des signes de tête. Son frère Satish, assis derrière lui, lui chuchote à l?oreille. Toujours pas de magistrate. La tension est presque tangible chez Raj Dayal.
Les policiers affectés à la cour, d?ordinaire si volubiles et autoritaires, sont réservés, effacés même. Pour une fois, ils n?ont pas à rappeler au public qu?ils doivent garder le silence.
?Bien tris pou lapolis?
?Silence. The Court !? A l?appel de l?huissier, tout le monde se lève. La magistrate Ramano prend place et regarde Raj Dayal qui se lève à l?appel de son nom. Le police prosecutor informe la magistrate que la police ne voit aucune objection à la remise en liberté du prévenu. Ce dernier doit fournir une caution de Rs 10 000 et signer une reconnaissance de dette de Rs 15 000. La magistrate le prévient qu?il n?est pas autorisé à quitter le pays. Tout en acceptant les conditions, Raj Dayal précise qu?un tel ordre a déjà été émis à son encontre.
Les mots ?remanded to police cell? prononcés alors font tiquer Me Gayatree Dayal. ?Police cell ??, demande-t-elle avant de comprendre que telle est la procédure : son client est techniquement en détention tant que la caution n?a pas été fournie. Pendant que la défense s?occupe des procédures relatives à la remise en liberté de Dayal, les journalistes se sont une fois de plus massés devant la cour.
Une quinzaine de minutes plus tard, l?ex-CP marche d?un pas décidé vers les journalistes : ?Mo ti dir mo pou fer enn poin de pres. Zordi enn zour bien tris pou lapolis. Apre enn trial by the press san presedan, monn al l?adsu au non de la transparans. Finn ena tro buku alegasyon. Tou fos. Kan tou pou okler, mo pou poursuiv pou difamasyon. Mwa enn komyser lapolis kinn sakrifye 29 an mo lavi a lapolis, inn sov 131 dimoun kan mo ti pilot. Monn fer l?Adsu vinn seki li ete zordi. Mo fyer mo travay. (?) Samem Chetty konn mwa. Pa mem ena dokiman lor mwa. Ce bann alegasyon frivolous. Inn aret enn ex komyser. Bien tris.?
Fin du discours. Dayal refuse d?en dire plus, ignorant les questions qui fusent de toutes parts. Sans grande cérémonie, Satish Dayal entoure son frère de ses bras et l?emmène vers la voiture grise qui les attend. Aux journalistes qui le suivent, Raj Dayal lance ?Atann konferans de pres. Biento.?
La voiture démarre en trombe. C?est la fin d?une journée chargée. Raj Dayal rentre chez lui et s?attellera, sans doute, avec son avocate, à préparer sa défense ?
Entre-temps, un des avocats d?Antoine Chetty, Me Samad Goolamaully, réagit à la libération de Raj Dayal : ?Pena nanien d?iregulier de la par lapolis. Dayal so ofens bailable.? Outre les aveux d?Antoine Chetty, les responsables de l?Adsu sont, en effet, en présence d?une déposition du surintendant de police Vinod Appadoo au sujet des instructions données en haut lieu pour fouiller la maison de Satish Nundlall en octobre 1994.
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