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La Libye se retire de la Ligue arabe à Tunis
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La Libye se retire de la Ligue arabe à Tunis
Reporté voici près de deux mois en raison de désaccords, le sommet annuel de la Ligue arabe s?est ouvert samedi à Tunis sur un premier rebondissement : le départ du numéro un libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, en plein discours d?ouverture du secrétaire général de l?organisation.
Kadhafi a plusieurs fois menacé de retirer son pays de l?organisation. Il avait fallu des coups de téléphone du président tunisien, Zine Ben Ali, et d?autres dirigeants pour le faire venir, et ce, dans le but de faire une démonstration de l?unité arabe.
?Malheureusement, la Libye est contrainte de boycotter le sommet parce qu?elle ne se retrouve pas dans l?agenda des gouvernements arabes?, a dit Kadhafi en critiquant la politique de la Ligue quant au conflit israélo-palestinien. Kadhafi a critiqué le secrétariat de la Ligue arabe pour ne pas avoir repris son plan pour le Proche-Orient, qui prévoit une solution au conflit israélo-palestinien par la création d?un seul Etat.
Treize chefs d?Etats et trois Premiers ministres de 22 pays membres de la Ligue arabe ont pris part à la cérémonie d?ouverture du sommet dans un centre de conférence de la capitale tunisienne.
Contre toute attente, le gouvernement tunisien avait annulé le sommet prévu en mars, en reprochant à certains autres pays arabes de ne pas mener la démocratisation demandée par les Américains.
Cette fois, les diplomates arabes ont cherché à s?assurer de la réussite du sommet en se mettant par avance d?accord sur tous les textes importants qui en sortiront. Le retrait de la Libye est un sérieux revers pour la démonstration d?unité souhaitée.
Ce sommet de deux jours intervient en pleine période de pessimisme dans le monde arabe quant à la capacité de leurs dirigeants à dénouer le conflit israélo-palestinien ou à mettre un terme à l?occupation de l?Irak.
Dans son discours d?ouverture du sommet, le secrétaire général de la Ligue, Amr Moussa, s?est fait l?écho de ces inquiétudes en affirmant que la situation internationale avait empiré du fait de la violence, du recours à la force, de la mauvaise gestion et des ?hypocrisies?.
?L?occupation doit cesser?
De source diplomatique, on affirme que les dirigeants arabes ne demanderont pas le retrait immédiat des forces déployées en Irak ni ne formuleront aucune nouvelle proposition sur le dossier israélo-palestinien que celles faites en 2002. ?La résolution stipule que l?occupation doit se terminer dès que possible et que les Nations unies doivent avoir un rôle centrale dans la remise en place des institutions?, a précisé un diplomate.
?Les dirigeants arabes veulent sauver la face. C?est pour ça qu?ils se rencontrent aujourd?hui. Ils vont faire une déclaration officielle (...) qui ne contiendra pas une ligne digne d?intérêt?, prédisait de son côté le journal koweïtien al-Seïassah.
Parmi les questions oubliées figure notamment celle de savoir si des militaires arabes doivent être déployés en Irak pour aider à surveiller le pays si les forces américaines s?en retirent.
Lamine GHANMI
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